‹ César, scènes historiquesChapitre 82 sur 261 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Ma fille, ma maison; un académicien

N'est pas forcé d'avoir le cœur d'un stoïcien.

Mais combien j'ai joui de mon retour, quelle heure !...

Quoique n'ayant pas pu rentrer dans ma demeure

Que l'on avait rasée... et que l'on me rendra.-

CATON

Qu'importe ta maison?

Clodius en mourra De rage ; mais alors, va, je n'y songeais guères ; Jamais triomphateur après d'heureuses guerres, Ne fut ainsi que moi reçu par les Romains, L'on répétait mon nom et l'on battait des mains; Les mères aux enfants me montraient, voilà l'homme, Disaient-elles, mes fils, qui fut sauveur de Rome; Au ciel, en mon honneur, montaient toutes les voix ; Le peuple, pour me voir, avait couvert les toits.

CATON

Beau retour! mais après qu'as-tu fait?

CICÉRON

Des reproches, Toujours.

CATON

Je te les dois. D'abord tu te rapproches De Pompée et le sers, ce n'était pas très-bien.

CICÉRON

Mais Pompée, après tout, est un grand citoyen Quim'aimait.

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CATON

Dangereux.

CIGÉRON.

Je le sais et sans feindre, De lui, depuis loui^leinps, j'ai beaucoup à me plaindre. Alors que Clodius deniandail mon exil, Un jour j'allai chez lui pour le voir, que fait-il? J'entrais par une porte et par l'autre il s'évade ; Lorsque j'y retournais on le disait malade: Enfin, j'arrive à lui, je tombe à ses genoux...

CATON

Eh mais, c'était indigne.

CIGÉRON.

Oui j'eus tort, entre nous.

Mais quitter son pays est rude. Sa réi)onse Fut dure en vérité; froidement il m'annonce Qu'il lui faut s'abstenir, car un engagement Le lie avec César. César tout autrement Avec moi s'est conduit.

CATON

Et ton âme trompée Pour César pire encore a délaissé Pompée.

CIGÉRON.

Ail ! César, j'en conviens, j'ai du faible pour lui, Il m'aime, il me caresse.

CATON

Et t'a fait aujourd'hui Sa créature.

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