Voir SD CH ACER
taient moins cher à être transportés par la voie de Gibraltar à Rouen, Paris, Dunkerque et par les canaux de l'Est Jusqu'à Nancy, que par les ports de Cette, Marseille, St- Louis-du-Rhône, les vallées du Rhône et de la Saône. À un moment donné ce trafic, qu’on dénommait simplement via Gibraltar, prit une si grande ampleur que la compagnie P-L-M en fut alarmée et combina avec certaines compagnies de bateaux à vapeur, faisant le service en Méditerranée, ainsi qu'avec les Compagnies de chemins de fer de l'Est et du Nord, des tarifs dits «€ communs » qui lui permettaient de transporter sur rails français les vins algésiens à des prix inférieurs à ceux qu’elle appliquait aux vins français eux-mêmes. (était prêter bien facilement le flanc à la critique. Nos viticulteurs, non.sans raison, protestèrent contre cette ingénieuse injustice, et n’eurent pas de peine à l’emporter. D’autre part, la Cie P-L-M céda fort aisément, attendu que, même avec ses tarifs communs les plus réduits, elle ne put jamais arriver à établir la péréquation de prix qui s’imposait pour que le commerce ebandonnât la voie de Gibraltar » !
Malgré cela, Cette aura toujours une part du transit des vins algériens; peut-être même pourra-t-il prétendre attirer à lui la plus grande partie de ce trafic, le jour où le Rhône sera navigable jusqu’à Genève pour les grands chalands. Encore faudra-t-il mener parallèlement l’amélioration du canal de Cette à Beaucaire, afin que ces chalands puissent venir charger dans notre port, sinon Marseille risquerait d’accaparer ce trafñc. Sans doute, ce ne sont là que des vues d’avenir, mais Cette a le devoir de s’intéresser à tout ce qui se fait dans la Méditerranée: ce qui se fait sans vous se fait contre vous.
Peut-être est-il vrai de dire que «le transit n’est plus du commerce, et c’est à peine s’il laisse un peu de poudre d’or aux mains de ceux qui l’effectuent » *, et nous ne songeons
i L. Vivarès, in Bul. Soc. Lang. de Géog., 1917, t. XL, p. 192. 2 L. Vivarès, Loc. cit. — Le transit n’est plus du commerce, sans doute, mais il convient de ne pas négliger cet élément d'activité
pas à établir une équivalence de valeur entre les relations algéro-cettoises antérieures à 1880 et celles qui nous unirent par la suite: les 300.000 h1 de vins exportés par Cette en Algérie avant 1880 représentent un commerce plus important en lui-même que les 600.000 h] importés depuis en moyenne, Néanmoins, depuis la rupture d'équilibre, ce commerce d’importation est pour notre port un élément jmportant d’activité. C’est pourquoi il convient d’en relever les progrès:
La moyenne des importations d’algéries à Cette pour la période de 1899 à 1914 est de 649.000 HI, ce qui représente le 12 % de la moyenne correspondante des entrées totales pour la France entière. La moyenne pour la période de 1873 à 1888 avait été de 65.000 h1, soit le 27 % de la moyenne des entrées totales pour la France entière. De la comparaison de ces chiffres, il ressort que le mouvement d'importation des algéries a décuplé à Cette mais que la part de notre port dans le commerce viniccle franco-algérien a diminué de moitié; la cause essentielle en est dans ia concurrence de la voie de Gibraltar, déjà signalée.
Le tableau suivant donne le chiffre des importations totales de vins à Cette pendant la période de 1899 à 1914. La moyenne des importations a été de 1.300.000 NI, alors ar. ’elle avait été de 1.600.000 h1 pour la période 1892 à 1898.
pour notre port. Le transit des vins, en particulier, donne depuis longtemps à Cette un aliment fort important ; il intéresse les acconiers, les camionneurs, les ouvriers du port, les gares. Peut-on se ‘dispenser de rappeler, à ce sujet, qu'au cours de la Grande Gucrre, Cette, devenu le point de transit à peu près exclusif pour les marchandises à destination de la Suisse, vit de ce fait doubler son mouvement maritime? Qui ignore que nos puissantes maisons de transit (les Alfred Alquié; les Flachot et Crotte; les Natural, le Coultre et Cie; les Marius Arnaud, ete) ont manipulé des milliers et des milliers de tonnes de marchandises diverses, de toutes provenanees, et manié de ce fait pas mal de cette « poudre d’or » dont nos équipes’ de manutention et de débarquement ont eu leur bonne part?
À peu de chose près, le même mouvement moyen se maintint donc dans les importations de Cette, grâce à la progression des entrées algériennes qui compensa en partie la décroissance des vins d'Espagne.
Pendant la période de 1892 à 1898, les « espagnes » avaient compté pour 64 % dans les importations globales de Cette; pendant la période de 1899 à 1914, ils représentent désormais le 28 % seulement, alors que les algéries comptent pour 50 % environ.
Importations des vins de toute origine à Cette? (en hectolitres)
1899.... Comm. général 2.238.494 Comm. spécial 9,934.797
11e — 964.859 — 929.898 00 Ne = DU HSE 664058 — — 657.783 1903... — — 1.637.058 — — 1.487.980 OO —. 1.377.857 — — 1.343.634 OCR TES — 591.896 — — 587.156 OOUÉALREUNE — 658.529 — — 625.585 LODEL TES = 703.798 = — -268.152 TOUS RUE — 673.161 — — 673.383 1909. — — 615.300 — — 604345 1910. — — 1794942 — 1.772.331 TU — —. 2172.987 — 2.105.876 1912 — = 1 2.289570: — 2,219.691 1913. —— —. 2115482 : — 2.051.365 1914. — — 1.436.963 — 1.416.154 $ 6. — LES QUESTIONS DES MANIPULATIONS EN ENTREPÔT