J. Pastre, op. cit., p
8 Tbidem.
quement le commerce intérieur et non le commerce d’ex: portation. Ce dernier, en effet, même en constituant des stocks dans les conditions indiquées ci-dessus, ne peut déclarer ce moyen suffisant. La péréquation qu'il réaliserait ainsi dans ses prix lui permettrait sans doute de lutter sur le marché intérieur, mais ce n’est point à cela qu'il vise. Il veut et doit lutter sur les débouchés d'exportation avec les autres fournisseurs étrangers, et il ne peut le faire que s’il peut bénéficier, comme eux, des prix d’un marché extérieur lorsqu'ils seront les plus favorables. Cela, la zone franche peut et peut seule le permettre.
Nous pensons que la conclusion qui se dégage de cet exposé est bien nette. La zone franche peut développer le commerce d’exportation, en sauvegardant les légitimes intérêts de la Viticulture. Nous savons que c’est défendre ici une cause bien dure. La Viticulture n’a-t-elle pas dit, par la voie autorisée de M. J. Pastre, «€ nous devons être irréductibles dans notre opposition aux entrepôts francs, zones franches et ports francs » ©? Nous connaissons la toute puissance de la C @ V et nous lui en rendons hommage, Aussi pensons-nous que sur les données précises exposées ci-dessus, elle peut et doit mettre sa force au service du Commerce cettois. Cette ne veut pas triompher contre la Viticulture; il ne le pourrait pas; il veut vaincre avec elle. Nous croyons que cette union peut se faire, si l’on consent à chercher le véritable terrain d’entente, ainsi que nous nous sommes efforcé de le faire, et si l’on renonce à des polémiques creuses souvent et qui blessent sans persuader. « Les entrepôts francs prouveraient au monde viticole que la France veut abandonner sa vieille loyauté commerciale et tromper l’acheteur sur l’origine des produits exportés » ?. L'idée est sincère, sans doute, mais elle est fausse. Non, la France ne veut gas abandonner ces qualités foncières que tout le monde se plaît à lui reconnaître; mais la France ne peut vivre uniquement sur sa réputa-
1J. Pastre, loc. cit.
2 Ibidem.
tion, sa gloire, ses souvenirs et dans son isolement. La grande épreuve qu’elle vient de traverser lui fait un devoir de s’armer à la moderne pour la lutte économique: la zone franche répond à ce but. Ce n’est pas la perspective du port franc de Barcelone qui a déterminé les promoteurs du port france en France; l’idée française est bien antérieure à l’idée catalane, et il est au moins inutile de supposer que l’Espagne a l’intention « de continuer après la guerre, dans le port franc, les bénéfices de la neutralité » !.
D’aucuns ont proposé, pour solutionner la question de l’exportation des vins, une entente douanière entre les pays producteurs (France, Italie, Espagne, Portugal), entente dont on ne précise pas l’organisation, et qui aurait pour but de faire pression sur les marchés de consomma- ‘ion ?. Cette facon de cartel ou d’union douanière nous semble difficilement réalisable. La guerre n’a pas supprimé les rivalités économiques entre alliés. La C G V désire et veut le développement de nos exportations; comment a-t-elle pu déclarer « qu'après la guerre chaque nation viticole gardera ses débouchés, sa clientèle? » ?. Ki nous voulons développer notre commerce d’exportation, nous pourrons le faire, sans doute en partie, en touchant de nouvelles couches de consommateurs, mais il est certain également que nous chercherons à enlever des clients aux Espagnols, nos voisins, et aux Italiens, nos anciens alliés. Pour arriver à ce but, la zone franche sera une arme utile entre les mains du Commerce français; elle sera loyale, ainsi que le demande Ja C G V, mais ce n’est pas à la Viticulture française à prendre par avance la défense du commerce étranger.
Après tout ceci, nous tenons à redire cette parole de vérité prononcée par la Chambre de commerce: « La zone
1C G V, « Les zones franches et le port franc de Marseille », ; Rapport de J. Pastre, Narbonne, avril 1917. |
2 Association nationale d’expansion économique. © L’exportation des vins », par Marcel A. Hérubel, 1918.
8 CCV, J. Pastre, lockcit,
franche n’est pas une panacée universelle » ‘, De plus, (il n’y a pas de panacée économique, pas de formule magique pour enrichir un pays, pas plus que pour enrichir un individu »°, Et l’on sait que nous n’avons pas négligé d'indiquer, en bonne place, tous les moyens généraux susceptibles de développer notre commerce d'exportation. Mais, dans le domaine particulier de l'exportation des vins, il est encore des précisions que nous tenons à formuler, La C G V déclare que « pour augmenter les exportations, développer la consommation du vin dans toutes les classes non productives, créer des marchés nouveaux. Îes bfforts isolés des exportateurs sont voués à un échec certain : il faut qu'ils scient encouragés soutenus par le gouvernement.…; les grandes associations commerciales et viticoles organisées ont le devoir d’apporter lears concours au gouverenment » *. Oui, ce que nous souhaitons ardemment, encore plus que l’aide officielle, c’est la solidarité effective des groupements viticoles et commerciaux *. Leur entente permettrait une propagande efficace à l'Etranger, notamment par l’envoi d’agents sérieux. Les moyens sont divers, et il n’y a qu’à regarder ce quira été fait autour &e nous par l'Espagne et l’Italie. La C G V représente la
1 Ch. de Com., séance du 27 avril 1917.
2 Chaumet, Ch. des dép., séance du 18 mars 1918.