‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 116 sur 159 · J, Pastre, &« Un danger national... », p · texte numérisé non relu

J, Pastre, &« Un danger national... », p

4 Mais avant de souhaiter la solidarité régionale, il faut assurer la solidarité à l’intérieur de la Cité. I est pénible de constater que les commercants cettois ont beaucoup à faire sous ce rapport. On leur a souvent reproché de chercher uniquement à se concurrencer entre eux, au lieu de concurrencer les autres places, et ce par des moyens parfois peu élevés. Il serait malséant d’insister, mais encore convient-il de dire que la solidarité ne peut être f6conde si elle se borne à des statuts de syndicats, de groupements aussi bien rédigés soientals; il v a la solidarité des lèvres et celle du cœnr. Nous nous bornerons, à titre d’exemple, à poser la question suivante : Pourauoi la solidarité ouvrière, à Cette, est-elle plus effective que la solidarité patronale? Tous les Cettois connaissent la réponse.

Viticulture languedocienne; elle ne doit pas oublier que Cette est le port du Languedoc. Son autorité incontestable mise au service du commerce cettois nous paraît, à coup sûr, comme le gage de suecès le plus puissant.

Nous ne préconisons pas ainsi, en souhaitant cette entr?aide, une autonomie régionale, mais une solidarité régionale, dont la légitimité n’est du reste pas contestable. Bien plus, cette solidarité est nécessaire sur le terrain particulier des intérêts cettois, et spécialement dans la question de la rivalité avec Marseille. Sans doute les traditions du commerce cettois, en matière de vins, sont fort anciennes, et c’est là une force que la création d’une zone franche viendra puissamment étayer. Mais Marseille est déjà fortement armée pour la lutte, et l’adjuvant de la franchise rendrait sa concurrence encore plus redoutable, Il convient de se rappeler que M, Artaud est président de la Chambre de commerce de Marseille, qu’il vient d’être envoyé au Parlement comme député du grand port voisin, et qu’il a pu écrire dès 1907: « Notre circonscription est riche en vignes, nous sommes à proximité soit géographiquement soit à cause de l’abondance des moyens de transport des vignobles du Gard, de Vaucluse, du Var et de l’Algérie, et Marseille a un rôle immense à jouer dans l’exportation des vins communs, si elle est dotée d’une zone franche » !.

Les adversaires de la zone franche lui ont reproché de tendre au déplacement des centres et des courants commerciaux, et c’est là un point qui mérite d’être retenu.

Du faisceau de ces observations se dégage, comme résultante, la question suivante: Ÿ a-t-il, dans la Méditerranée, place pour deux zones franches voisines? C’est la conelusion ultime et pratique que nous donnons à notre étude sur la question. Peut-être n’est-il pas orthodoxe de poser une conclusion sous forme interrogative, mais nous pensons, tout de même, avoir fait œuvre utile en dégageant les véritables données du problème et en résolvant quelques-unes de ses inconnues.

1 Artaud, rapport 1907.

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