‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 120 sur 159 · NUE · texte numérisé non relu

NUE

taine un produit toujours identique et toujours au goût qu’elle a marqué! Vous êtes du pays du vin, et nos clients ne sont pas renseignés comme vous: certaines modifications causées par l’état naturel de la récolte ne vous surprennent pas et troublent l’esprit des consommateurs lointains. Continuez à trouver longtemps délicieux votre «cru» que vous connaissez bien, et laissez le négociant prendre soin de ses clients étrangers, puisque c’est sa raison d’être, etc... ».

La suspicion qui, en certains milieux de ce pays, entoure le cofimerce des vins disparaîtrait au grand profit de la Région car, ne l’oublions pas, nous sommes sans pitié nos meilleurs détracteurs, en grande partie par ignorance. Il ne faut pas confondre le travail régulier des coupages, en vue de la mise au goût d’une clientèle très variée, avec la fraude que tout le monde réprouve,: aussi bien dans le commerce qu’à la propriété. La fraude, quand elle existe, est le fait d’aventuriers qui éclosent partout chaque fois aue l’occasion paraît favorable, mais la législation actuelle la rend de plus en plus difficile à réaliser et la réprime rudement. Soyons sans pitié contre elle : surveillons la fourniture des vins dans les hôtels et restaurants de notre pays pour que les étrangers n’emportent pas cette 2mpression défavorable dont on ne peut se défendre quand l’esprit de lucre des industriels, ou simplement la négligence des sommeliers leur offre à consommer des vins plus ou moins avariés. Mais soyons prudents du côté de nos exportateurs et de nos négociants, PE

N'oublions pas que le Languedoc (le plus grand producteur de vins qui soit au Monde) a reçu pour mission d’aller au secours de tous les pays où la récolte est défaillante. Or cela est une fonction dangereuse et difficile: dangereuse, parce que nos vins n'étant pas en général de longue conservation, comme les bordeaux et les bourgognes, et le pays a’étant pas outillé pour leur mise en réserve dans les années d’abondance, nous sommes exposés à des crises, des fluctuations de prix vieilles de plus de deux siècles et toujours pénibles ; difficile, parce que pour nous débarrasser

ra ) Û J , " ; d’une colossale production accumulée dans un coin de pays assez restreint, il nous faut des clients sous tous les climats, de facon à servir les uns quand les autres peuvent se passer de nous.

Page 1