‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 123 sur 159 · CHAPITRE IT o · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT o

LA TONNELLERIE CETTOISE

$ 1. Les origines. — $ 2. Concentration de la tonnellerie à Cette. — $ 3. Les anciennes fabrications. — $ 4. Les fabrications étrangères. — $ 5. Commerçants et tonneliers. — $ 6. La bonne tonnellerie. — $ 7. Les ateliers de 1840 à 1870. — & 8. Les ateliers de la période de transformation. — $ 9. Les bois merrains. — $ 10. Les négociants en bois merrains. — $ 11. Les loueurs de futailles. — $ 12. Les wagons-réservoirs.

$ 1. — LEs ORIGINES

Cette a été longtemps le plus grand centre de tonnellerie du Monde. L'état de cette industrie y a toujours été hé à celui de l’exportation des vins et eaux-de-vie.

Il résulte de ce que nous avons déjà dit ! que pendant longtemps, au début, Cette reçut du dehors la plupart des futailles nécessaires à son commerce. C'était l’époque où ce commerce était fait par des commissionnaires, qui logeaient une fois pour toutes les vins achetés à la pro- priété et les conduisaient au port pour l’embarquement. Ce fut le temps de la futaille en châtaigner fabriquée dans les Cévennes (vers Saint-Gervais, Sumène et les bords du Rhône). Une partie de la production arrivait même de fort loin par le fleuve. Sans doute, de bonne heure ?, il se forma

1 Voir 1'° partie, chap. III, $ 9 et 10.

2 La tonnellerie locale avait déjà quelque importance au temps des inspecteurs Grangent père et fils (1730:1770). V. 1° p., chap. III; $S18.

à Cette même des équipes de tonneliers, d’abord pour remettre en état les fûts plus ou moins endommagés par les transports, puis pour surveiller les arrimages des navires chargeurs et parer aux besoins locaux, quand vinrent les premiers négociants. Nous savons que « les négociants faisaient alors fabriquer dans leurs magasins, pendant l'été, toutes les futailles qu’ils prévoyaient devoir employer dans le cours de la campagne commerciale qui commençait en novembre et finissait ordinairement en mars ou avril. » 1! Mais il n’est pas facile de fixer l’importance acquise par la tonnellerie locale avant la Révolution. Elle n’était pas négligeable, puisque à l’époque des guerres impériales, pendant la crise économique qui sévit à Cette, il fut fait état des tonneliers sans travail suivant quelques négociants à Châlon-sur-Saône et d’autres allant porter momentanément leur main-d’œuvre, comme ouvriers agricoles, du côté de Beaucaire ?.

Nous pouvons fixer à la reprise commerciale de 1815 le véritable essor de la tonnellerie, pour Cette et la région dont son port est le centre: Frontignan, Mèze, Agde, etc. En 1823, Cette a 33 établissements de tonneliers où travaillent 134 ouvriers dont les salaires totaux approchent d’une somme de 106.700 fr.; mais plusieurs maisons de commerce, indépendamment de ces établissements, font encore fabriquer des futailles dans leurs ateliers. Agde occupe alors 23 ouvriers, Mèze 16, Marseillan 7, Bouzigues et Vias 8 chacun. La renaissance de cette industrie, comme celle du commerce des boissons, à eu,.pensons-nous, pour résultat, sinon d’amener la substitution des bois de chêne à ceux de châtaignier, du moins d’activer cette transformation dans la fabrication de la futaille d’exportation et de roulage.

1 Creuzé de Lassert, Statistique de l’Hér., 1824. 2 Rapport du préf. bar. Nogaret, 1811, in Bul. Soc, Lang. de Géogr., t. XXXIIL, p. 303.

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