‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 124 sur 159 · CONCENTRATION DE LA TONNELLERIE A CETTE · texte numérisé non relu

CONCENTRATION DE LA TONNELLERIE A CETTE

Tout le xvrr1* siècle est plein de doléances relatives à la mauvaise futaille de châtaignier expédiée à Cette. Il faut penser que la transformation du eommissionnaire en vrai négociant, d’une part, l'exploitation trop intensive de la forêt cévenole, la raréfaction des bois de châtaignier dans les pays de production et l’insuffisance de cette espèce de merrain, quand il s’agit de fûts destinés aux transports, d’autre part, hâtèrent la concentration à Cette de la fabrication, à cause de la facilité qu’offrait le port pour faire arriver par les canaux les bois de chêne indigènes et par mer les merrains étrangers. Nous savons déjà que vers 1783, on souhaitait à Cette recevoir des merrains d’Amérique et qu'il en venait en 1787 ! Mais on en recevait partieulièrement d’Italie, d’Espagne, de Dalmatie, de Hongrie et plus tard de Russie ete.

D’autres causes intervinrent aussi dans la suite pour transformer la tonnellerie et la concentrer à Cette: l’usage de la voie de fer pour les transports terrestres et le développement de la navigation à vapeur qui devait aboutir à la substitution du cargo à vapeur à l’ancien voilier. La première conséquence fut le grossissement continu des fûts qui ne s’est pas encore arrêté et qui a conduit le commerce à faire usage, pour ses transports, de récipients de plus en plus grands, solides, lourds, et pour lesquels ïl fallait les bois de chêne exotiques. C’est ainsi que s’est constitué le fût transport en usage à notre époque, et qui semble iien ne pas pouvoir être beaucoup plus agrandi.

Le développement de la tonnellerie à Cette a encore eu pour cause l’exportation des vins imités de toute sorte. À partir du jour où cette industrie se développa ici, on éprouva le besoin de présenter le produit dans la futaille

LVoir L°p; chap..V,.$ 5.

même du pays étranger qui lui avait donné son nom. Notre commerce se garda bien de négliger une question dont il a appris depuis longtemps toute l’importance. Les négoclants cettois voulurent donc avoir sous la main leurs équipes de tonneliers pour fabriquer tous les articles imités d’Espagne, de Portugal ou autres pays, selon le goût du moment témoigné par la clientèle.

Ce sont toutes ces imitations de formes, façons et contenances nouvelles qui ont établi dans les fûts employés une sorte de confusion à laquelle il est aujourd’hui difficile d’échapper, dans une étude rétrospective.

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