‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 125 sur 159 · LES ANCIENNES FABRICATIONS · texte numérisé non relu

LES ANCIENNES FABRICATIONS

Avant la Révolution, il est question dans les documents d’une double série de fûts à contenance à peu près fixe. L’une comprenait la fiercerolle ou tiers de muid, la quarterolle ou quart de-muid, le sixième (de muid) ; l’appellation indiquait là une fraction du muid, et celui-ci était la base de la mesure. L’autre comprenait le douzain qui valait douze barrals ou setiers et le sixain qui valait six barrals; cette désignation s’appliquait à une collection d’unités, le barral étant la base. On les employa concurremment et, plus tard, on ajouta le demi-muid.

Or le muid en usage à Cette, consacré par l’arrêt de 1729, était une capacité de 90 veltes (ou verges) mesure de Bordeaux, valant chacune 7 litres 6, à un dixième près: le muid correspondait donc à 684 litres et on doit le considérer comme muid officiel de Languedoc. Or le muid se divisait en 18 barrals à Montpellier et en 12 leyrans à Cette qui avait recu les mesures d'Agde. En considérant le muid de Cette, le barral valait 38 litres et le leyran 57 litres

1 Notons que le muid de Montpellier correspondait à 692 litres, ce qui le rapprochait fort du muid de 700 litres rattaché au système métrique, Voir « Métrologie », p. 408.

D'après ces données, la tiercerolle mesurait 228 litres, la quarterolle 171 litres, le sixième 114 litres, De même, le douzain valait 456 litres (soit une double tiercerolle), le sixain valait 228 litres (soit la moitié d’un douzain ou une tiercerolle). Pas de difficulté pour le demi-muid qui équi- : valait à 342 litres. On peut encore remarquer que le sixième correspondait à un demi-sixain.

De toutes ces appellations deux seulement ont survécu : le demi-muid et le sixain. Mais elles n’ont plus de signification précise. Le sixain a tout d’abord été confondu avec le sixième et considéré comme un fût d’environ 110 à 120 litres, peut-être parce que le Roussillon proche avait un sixain de 118 litres; puis il a fini par désigner un petit fût de contenance variable! Pour le demi-muid, l’histoire de ses variations est plus longue et plus confuse. Comment en est-il venu à désigner, si improprement, le fût-transport actuel dont la capacité, en progrès depuis longtemps, est arrivée à égaler presque l’ancien muid local? Nous pensons que sous l’influence du système métrique, vers 1840, on à appliqué l’ancien nom de demi-muid à un fût de 500 litres (moitié du kilolitre considéré comme nouveau muid métrique) répondant aux mêmes besoins que l’ancien demimuid et de même fabrication, Mais, déjà à cette époque, : l’ancienne pièce en usage pour les eaux-de-vie, objet d’une fabrication spéciale, élevait sa contenance à 625 litres. On avait done Jà un modèle pour augmenter la contenance du demi-muid; l'esprit de concurrence chez les loueurs de futailles et la préférence accordée par les locataires aux plus gros fûts, puisqu'ils payaient certains prix de transport et ceux de location par unité, ont conduit à la fabrication actuelle !,

Mais, par la suite, même avant la Révolution, on vendait aussi les esprits à la pièce, et les vins à la barrique dite

1 Cela ne va pas sans des inconvénients relatifs au travail du tonnelier, qui est devenu presque besogne de forcat, et à la manutention qui, malgré l’habileté des ouvriers locaux, constitue un travail rude et dangereux.

bordelaise, ce qui était encore vague et pouvait prêter à contestation. La pièce semble avoir été d’abord de 456 litres environ (soit un douzain de 60 veltes) ; la barrique fut plus petite de moitié et correspondit à environ 228 litres (soit une tiercerolie de 30 veltes). On touche là aux fficultés et à la confusion de l’ancien système de mesures car, dans la pratique, ces capacités étaient diminuées de deux ou trois veltes.

A la base des prix, à la propriété, était le muid, pour le vin, et la velte, pour l’eau-de-vie; puis on cota tout au muid en attendant la cote à l’hectolitre.

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