LES FABRICATIONS ÉTRANGÈRES
L’imitation des vins de liqueur provoqua à Cette des fabrications nouvelles où excellèrent les maîtres tonneliers du temps. On fit l’arobe (de 16 litres), la double arobe (de 32 litres) et la quadruple arobe (de 64 litres) ; on fabriqua la pipe, la demi-pipe, le quart et le huitième de pipe, de contenances incertaines et variables selon les imitations qu’on se proposait !, La facon & arobe » donnait des fûts très courts; généralement de faible contenance ; la facon & pipe espagnole » et la facon « portugaise » produisaient des futailles très allongées, garnies de cercles en bois et qui avaient ici le mérite de l’originalité, mais incommodes pour les transports en charrettes. On pratiqua aussi, pour loger les vins ordinaires de choix, la façon bordeaux et la façon bourgogne pour les pièces et les barriques; on eût encore d’autres façons moins célè-
1 La pipe était de contenance fort variable. En Normandie, elle était la moitié du tonneau; Littré la définit « une grande futaille qui contenait un muid et demi ». La pipe de Cognac valait 624 litres (d’autres disent de 600 à 629 1) ; celle de Saint-Gilles valait 710 1; celle de Languedoc, 523. La pipe de Porto contenait 534 |; celle de Malaga, 566 1 44; la pipe anglaise, 476 1 90.
QUE 5 rade) er
bres qui avaient toujours pour but de plaire à la clientèle.
Mais, pour des raisons diverses, toutes ces fabrications évoluèrent et finirent par disparaître devant le cerclage métallique plus solide, plus facile à employer et moins cher. La fabrication actuelle, faite en vue des transports, recherche la solidité sans superfluités, On trouve parfois encore la façon arobe et la facon pipe, mais avec cercles de fer comme d’ailleurs en pays d’origine, pour certaines destinations dont la clientèle montre son attachement à la tradition.