‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 127 sur 159 · COMMERÇANTS ET TONNELIERS · texte numérisé non relu

COMMERÇANTS ET TONNELIERS

En se concentrant à Cette et dans ses environs, la tonnellerie ÿ a dévelcppé non seulement l’industrie de la fabrication mais tout d’abord le commerce des bois merrains. Celui-ci a permis d’édifier des fortunes notables ; celle-là a procuré du travail et souvent l’aisance, à de nombreuses familles ouvrières qui, par un labeur intelligent, se sont élevées à la bourgeoisie, et dont les descendants ont souvent abordé le commerce des boissons avant de constituer les puissantes maisons de location de notre époque (transports et wagons-foudres).

Mais tandis que le commerce des merrains, réservé à une élite peu nombreuse, se développait normalement et devenait le fournisseur d’une région que les chemins de fer devaient agrandir, la fabrication a eu ses heures difficiles, à cause du prolétariat ouvrier concentré à Cette et que les troubles économiques ont plus d’une fois réduit au chômage, et agité. Il en fut ainsi au commencement du sièele dernier. Beaucoup d'ouvriers durent, au moins momen- .tanément, quitter le pays à l’époque du Plocus continental et suivre, à Châlen-sur-Saône, des négociants qui étaient allés s’y établir pour commercer à l’intérieur et attemdre les pays de l’Est à défaut de l'Etranger. Même quand l’exportation eut repris, des questions de tarifs de fabrication causèrent des grèves ; on nous à gardé le souvenir de celles

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qui marquèrent les débuts de la monarchie de juillet qui eût à Cette quelques années critiques !.

$ 6. — [ia BONNE TONNELLERIE

On sait qu’à Cette la tonnellerie eût son âge d’or dans le demi-siècle qui s’est écoulé de 1835 à 1885, qui fut pour notre port une période de grande exportation. On fabriquait alors la & barriquaille » que les exportateurs répandaient de toutes parts à fût perdu. C’était là du bon travail et il faisait vivre son homme. Les équipes d’ouvriers rivalisaient entre elles et, comme on travaillait à forfait, on se surpassait pour, une fois la journée acquise, augmenter son gain en vue de la prochaine fête de la Société?. Car cette population industrielle aimait le travail et les fêtes. Les maîtres tonneliers étaient un peu comme les seigneurs de Cette, se nourrissant bien, mieux que beaucoup de riches bourgeois d’autres régions; rien n’était au-dessus de leurs moyens, en fait de produits locaux (poissons réputés, volailles, gibiers, fruits et bons vins de toutes sortes). Les «baraquettes » et les sociétés étaient les témoins des plus belles lippées qui réunissaient ouvriers et apprentis autour du chef d’équipe. Celle-ci se composait du patron ou maître, d’un ouvrier ou second, d’un demi-cuvrier et d’un apprenti. Mais l’organisation était telle, et le zèle si dévelopné, que l’apprentissage marchait sûrement; il n’était guère qu’une question d’âge et de force.

La Tonnellerie menait parfois au soutirage ou travail

1 Daruty. Notice sur Cette, 1845, p. 68.

2 La Socicté était à la fois le groupement professionnel à forme mutualiste et le lieu où les membres se réunissaient. Il y avait la société des Faconneurs ou Tonneliers en neuf, celle des -Garnisseurs ou Cercleurs et celle des Rabatteurs où Tonneliers en vieux... Rappelons que Cette n’ayant connu que le régime du travail libre n'eut jamais à souffrir des abus de l’ancienne corporation,

du chaï (magasin) qui associait l’ouvrier au négociant et l’initiait à l’industrie vinicole (production des vins fins par des coupages intelligents, des vins d'imitation ou de liqueur par les préparations en usage dans les pays d’origine, surveillance des stocks et soins de conservation, de vieillissement, de guérison, ete.). Cela demandait une aptitude spéciale à la dégustation. Ainsi, avec du goût, on pouvait devenir & maître de chai ». Et celui-ci, s’il était intelligent, se faisait rechercher par les négociants, surtout par les créateurs de maisons nouvelles qui parfois s’en faisaient des associés.

L'industrie du tonneau a subi le contre-coup de la chute de l’exportation des vins, vers 1880, et de la disparition des eaux-de-vie et trois-six de la région, à l’époque de la crise phylloxérique. La fabrication pour l’exportation en a été rudement atteinte. Klle aurait subi un choc plus redoutable encore si la fabrication du fût-transport ne s'était développée à Cette, à peu près à la même époque, pour répondre aux besoins d’une importation qui allait s’intensifier rapidement; mais la nouvelle futaille s’expédie et revient pour repartir encore, ce qui a diminué la consommation et réduit le besoin de main-d’œuvre. Sa fabrication n’est pas le travail intéressant qu’offrait l’ancienne barrique: le façonnage du bois de plus en plus épais et le cerclage métallique de plus en plus robuste en ont fait une tâche pour laquelle il faut toute la vigueur d’ouvriers en pleine force. L'âge d’or était écoulé. Cette a graduellement réduit sa Fabrication, et une partie de ses commandes a été de plus en plus exécutée aux environs (surtout à Mèze). Cependant quelques ateliers ont continué la fabrication spéciale aux vins de liqueur; d’autres ont été conservés auprès des maisons pratiquant la fabrication, la location et la réparation des transports. Enfin la Tonnellerie mécanique a fait son apparition à Cette dans l’établissement Rouane une des principales maisons de la place. C’est là une nouvelle voie dans laquelle on devra peut-être s'engager; si la main-d'œuvre se raréfie et renchérit dans l’averir. Et ce jour-là, l’ancienne tonnellerie ne sera plus

RS DES qu’un souvenir, après avoir procuré à Cette un peu de gloire et beaucoup de profit. Notons qu’à différentes époques des ouvriers de Cette ou des environs, en équipes, ont été appelés à fabriquer des foudres, des cuves ou de petites futailles en Sicile, en Espagne, en Algérie, à Bordeaux et même en Argentine.

$ 7. — Les ATELIERS DE 1840 À 1870

Après ce eoup d’œil sommaire sur les généralités de la Tonnellerie, on peut dire un mot de nos principaux ateliers

à différentes époques.

Les premiers fabricants que nous puissions citer sont, vers 1840:

Bringues (Germain). wranier Nicolas).

Brodard. Guirand (Léonard).

Cuilleret et Granier. Marat (Michel).

Lumas sadet. Rieunier (Alexis).

Rieunier (Louis).

Dix ons après, en 1851, les principales maisons fabriquant la futaille sont celles de:

Allègre (Adolphe). Guirand (Léonard).

Bringres (Germain). Lanet ainé.

Brodard. Marat (Michel).

Cazalis et Puech. Marmiès (Antoine).

Cuilleret (Jean). Molinier-Cazalis.

Dumas cadet. Rieunier (André).

Gély père et fils. Rieunier (Louis).

Granier (Nicolas). Tuffou (Joseph).

Guirand, ép. Clot. Villaret.

Tous ces ateliers vont devenir insuffisants pour répondre aux besoins du commerce, actif à la fois à l’intérieur et au dehors. Des maisons nouvelles prendront leur part du développement commercial qui s’accentue. En 1864, la liste des maisons devient plus longue; on trouve alors:

Arnaud et Canillac.

Baille (Paul).

Baille (Marius).

Bessil (André).

Boyer (Edouard).

Boyer (Lucien).

Bravet et Euzet.

Bringues (Jean).

Brodard (Jean).

Brouet junior.

Carrière (Pierre).

Cayla et Cazalis.

Cazalis (Frédéric).

Cazelles (Denis).

Chauvet (Pierre).

Clot (François).

Cornier (Pierre).

Darlis (Jacques).

Euzet et Barthélemy.

Fabre (Antoine).

Galby (Emmanuel).

Galibert et David.

Gaspard (Jean).

Gaspard (Joseph).

Gaussel (Simon).

Gelly (Jean).

Gibert (Magloire).

Granier (Joseph).

Granier (Sébastien).

Grégoire (Pierre).

Guirand (Scévola).

Guirand (Suzanne).

Guirand (J.-B.).

Jullian (Francois).

Lanet et Carrière.

Lanet et Michel.

Labry frères.

Levère (Sébastien).

Loyer (Jean).

Michel (Jacques).

Michel (Joseph).

Michel (Pierre).

Mignot (Jean).

Mourgues et Blanc.

Noyé (Jean).

Palon et Caron.

Parpiel (Antoine).

Parpiel (Francois).

Parpiel et Longobardi.

Peyronnet (Louis).

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