‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 138 sur 159 · ETAT DE L’ARMEMENT DANS LE DERNIER QUART DU XIX° SIÈCLE · texte numérisé non relu

ETAT DE L’ARMEMENT DANS LE DERNIER QUART DU XIX° SIÈCLE

En 1872, voici quel est encore, à Cette, l’état de l’armement. Nous pouvons, cette fois, rapprocher le nom des armateurs de celui des navires, accompagné du tonnage, base du classement :

Comolet fr. et les fils de l’aîné, Anne-et-Lucie, trois-mâts.. 303 , idem. Alliance, trois-mâts ...... 290 Baiïlle-Torquebiau et fils, T'rois-Frères, trois-mâts.......... 280 Nègre cousins et Michel, Christophe-Colomb, trois-mâts..... 280 Baille-Torquebiau et fils, Ville de Saint-Valéry, trois-mâts.. 268 Comolet fr. et les fils de l’aîné, Reine-Blanche, trois-mâts... 260 idem. Duguay-Trouin, trois-mâts.. 250 ROULE COS MAS RE METAL ee AS RUES 250 Comolei fr. et les fils de l’aîné, Montpeyroux, trois-mâts.... 238 idem. Louis, \trois-mats : 5200. 231

Bron Bern TI PTOIS MAIS TR RCE at de anus eds cou a 227 Nègre cousins et Michel, Jean-Bart, trois-mâts............ 226 BA rerle Moreno RARES AM en ere 208 Comolet fr. et les fils de l’aîné, Lucie, goélette............ 190 idem. PRCtOrID bi EN er ee 176

OR AN PORN IE TARN ee PER TE RE EEE eR 175 Comolet fr: et les fils de l’aîné, Emile, brick.....:......... 168 CautierifrereanClottide bridk in). Ur A. À RO ENTLOE Crimeri(0harles)/Hdydée Drieke sen sur 158 Guérin ais Eugémedenny, brick... "ne. ue. 142

Gubiemamé Corhe brick EP RNENns entu ss 142

Celva(V Caroline DMC Here AE AE 138 Peyréti(Benjamin); ch out, DriCR rt NC RNA RIRE TE 138 Balle (Viteile) Alfred brick M Un TONNES Tin 132 Cemolet fr. et les fils de l’aîné, Monte-Christo, goélette..... 124 Brundret "Cie Charlton NES Se ATP RME EN 121 Gautier fréres | 07080006 Driok A EI PNA RAENE 118 Depre, MA lOErre M DLIGR INTEL RE PNR DRE Re CA 116 Comolet fr. et les fils de l’aîné, Æponine, brick. ............ 107

idem. Hippolyte brick AE ONE 104

idem. Emile-Auguste, goélette .... 103 Cantiers freres CM MOMER TER AR ARE RER SERRE 98 Gérvais (A) -Mésangétbrick-soélettés 2 M NN er 95 Michel, Heureuse-Augustine, brick-goélette............... 95 Bono; Prévoyant;Hbrick-poéletté RURAL NEA RNE 93 Alcay,: Château-de-Leucate, brick... ..:.%42,4. 7.40 0 89 Rossignol et Dreyfus, René-et-Jeanne, galiote............. 83 Celly (V.), J'ules-et-Louis, brick-goélette. .,:.............. 79 DüussoLeCdmard brick eee ER qe TRS ROUE CT 79 Comolet fr. et les fils de l’aîné, Jeanne-et-Lucie, goélette. 77

Sderns W Rigolette, brick-goélette .... 69

Cinq ans après (1877), une dizaine de ces petits navires n'étaient plus attachés au port de Cette: Louise, Eugénie- Jenny, Caroline, Bougiot, Algérie, Mésange, Château-de- Leucate, Prévoyant, Jules-et-Louis, Camard. Un nombre égal d’armateurs avait disparu aussi, Mais, en revanche, toute une flotte de vapeurs marseillais desservait le port de Cette: soit 8 bateaux de la compagnie Valéry frères et fils (entre 191 et 494 tonnes) ; 9 bateaux de la compagnie Fraissinet (entre 198 et 304 tonnes); 15 bateaux de la compagnie de Navigation mixte (entre 254 et 782 tonnes) ; 8 bateaux de la Société générale de transports maritimes (entre 329 et 707 tonnes); 4 bateaux de la compagnie Cyprien Fabre (entre 453 et 895 tonnes) ; 5 bateaux d’armateurs divers (entre 230 et 459 tonnes). A cette liste, il faut déjà ajouter 5 navires espagnols en service régulier. C’est bien le triomphe de la vapeur sur la voile: encore quelque temps et l’armement cettois, s’émiettant chaque année, aura disparu. Nous n’aurons plus a en faire état. Le commerce de Cette sera tributaire de Marseille pour les

moyens de transport. Et cette cause, s’ajoutant à quelques autres étudiées d’autre part, aura l'influence néfaste aux

aux exportations dont notre port ne s’est pas encore affranchi 1,

$ 6. — Les € MERLUSSIERS »

Cet armement local qui a duré trois quarts de siècle après la Révolution, et dont le plus beau développement a été sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, comprenait deux parties: les navires les plus nombreux prenaient part à l’exportation des vins, et nous avons dit que leur activité contribuait à développer ce commerce; les autres étaient employés à la grande pêche: e’étaient les terreneuviens qui, eux aussi, portaient, dans les parages du Banc, la renommée de leur port d’attache. A ce groupe appartenaient les navires des maisons Baille fils, Baille- Torquebiau, Comolet frères, Nègre cousins et Michel. Ce furent les derniers à disparaître et, avec eux, le commerce de la morue qui, depuis 1830, avait trouvé à Cette sa terre d'élection, à cause de son beau soleil favorable aux sècheries.

Capitaines et équipages de ces navires étaient désignés sous le nom savoureux de « merlussiers ». Or, les merlussiers étaient populaires à Cette, où, chaque année, leur retour était fêté dans de nombreuses familles, amies des pêcheurs bretons ou normands qui composaient les équipages. C’était, pendant le temps qu'il falait pour décharger les cargaisons, des journées de travail et des soirées de fête, par conséquent l’occasion de libations dont les produits préférés de l’industrie locale faisaient les frais. Le goût de ces hommes Ge mer pour les mutés au soufre,-par

1 La petite phalange des énergiques capitaines cettois verra peu à peu ses navires se détacher du port; on désertera dès lors les études nautiques; l’école d’hydrographie émigrera à Agde où des éléments locaux la font encore vivre aujourd'hui.

“ae

exemple, avait fait à ce produit une réputation bien établie sur les côtés de la Manche et de la mer du Nord, où le commerce expédiait de nombreux chargements, quand les équipages reprenaient la mer pour aller se reposer dans leurs familles, en attendant la saison suivante, Les armateurs cettois envoyaient aussi des navires ravitailleurs à Terre-Neuve, et notre exportation de ce côté n’était pas négligeable. Toute cette activité profitait à notre commerce des boissons. Encore aujourd’hui, quand on évoque ce passé déjà lointain, on vous représente aussitôt les déambulations bruyantes des pêcheurs, dont le pittoresque de nos derniers Jours d’automne semblait avoir besoin. Les amitiés, le pittoresque et l’exportation sont partis ensem-

ble !

Page 1