LES GRANDS ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS
Avec la Société Générale (juillet 1870), avaient fait leur
apparition à Cette les nouvelles maisons de Banque cons-
tituées en puissantes sociétés anonymes, ayant de nombreuses agences ou sous-agences. Les autres allaient suivre: l’agence du Crédit Lyonnais date de 1880; la succursule de la Banque de France de 1881. D’autres établissements du mème genre ont ouvert leurs agences par la suite; de soite que l’on notait, en 1890, l’existence des établissements suivants:
Banque de France’(la). Péridier et Cie, Castelnau et Cie. Société Générale (la).
Coste, Dupuy et Amadou. Tissié-Sarrus.
Crédit Lyonnais (le). Vieu.
Depuis sont venus les derniers établissements, le Comptoir National d’Escompte de Paris en 1893, la Banque Privée en 1912, la Société Marseillaise en 1919 et la Banque Nationale de Crédit en 1920. Si l’on note la disparition de la banque Vieu et celle de Ja maison Tissié-Sarrus (absorbée par la Banque Nationale), la nouvelle firme Dupuy-Coste, on a la situation bancaire de 1920.
Au sujet de la nouvelle banque, voici la situation telle que la représentait, en 1908, une personnalité du commerce montpelliérain, en se plaçant surtout au point de vue du commerce des vins: Il y a trente ans, il y avait de nombreuses banques locales, disposant de très gros dépôts fournis par les viticulteurs eux-mêmes. Ces banques faisaient des crédits à déconvert très importants au commerce d'achat. Les grandes sociétés de crédit sont venues. Elles ont établi des succursales dans les principales villes. Elles ont littéralement drainé, pompé toutes les disponibilités qu’elles ont heureusement employées en France et à l'Etranger. Elles ne font plus d’avance à découvert, elles escomptent du papier. Elles ont de gros dépôts à vue et dès qu'une crise surgit, alors que le crédit aurait besoin d’être plus large, plus abondant, elles le resserrent au contraire et accentuent le malaise. Elles ont fait disparaître ou réduit l’importance des banques locales et n’ont pas remplacé les services qu’elles rendaient » !. w
1F. Astier, le Matin du 28 oct. 1908, in Degrully, 369,
ie
Les choses n’ont pas beaucoup changé: les banques prennent toujours du papier à l’encaissement, Quand il s’agit de papier sur l’Etranger, c’est insuffisant. Au point aue les maisons cettoises, vendant en francs effectifs, se font couvrir par la poste et directement quand il s’agit d’affaires de peu d’importance. Pour les plus grosses affaires, les payements se font par virements sur des maisons étrangères établies à Paris. On laisse done à la clientèle étrangère les préoccupations de change que, seule, elle doit subir. Aussi quand se présente une affaire d’exportation, dont le règlement peut se faire en France par les soins de quelque société exportatrice, le commerce cettois se débarrasse volontiers sur cette dernière du souci d’atteindre la clientèle lointaine: ce sont affaires de tout repos qu'il soigne de son mieux. On redoute à tel point les litiges dont le règlement doit se poursuivre à l’étranger, qu’on . vous confesse qu'après épuisement des procédés de concilation, on préfère abandonner la créance et l’inscrire aux «profits et pertes », plutôt que de songer à en revendiquer le paiement par les moyens Judiciaires.
On comprend qu'il faille rendre cette opération aussi rare que possible : aussi les négociants cherchent-ils à s’assurer des représentants sur place qui puissent, jusqu’à un certain point, garantir la sûreté des affaires traitées par leur intermédiaire. On peut se représenter la peine qu’une maison peut avoir à s'implanter dans un pays étranger dont, le plus souvent, elle ignore la langue et les usages commerciaux. C’est pourquoi le nombre des maisons de Cette faisant l'exportation est aujourd’hui si réduit !.
1 [1 convient de rappeler que les exportations de vins par la douane de Cette ne sont pas toutes le fait des maisons locales. Quelques maisons de la Région opèrent ici par des agents à elles qui sont les Transitaires et les Agents des compagnies de transports maritimes. Voir ci-après chap. V, $ 5, p. 395.