muids + 10 leyrans 4.804 barriq. — 366.796 verges
Nous avons enfin une véritable statistique, que nous devons à l’inspecteur Grangent fils. Elle nous donne des chiffres suivis pour une période de trente et une années, 1740 à 1770, relativement aux exportations de vins et eauxde-vie en plein xvirr° siècle (et cent ans après la fondation du port de Cette). Dressée pour les Etats de Languedoc, elle nous permet de suivre les fluctuations de l’exportation, sinon d’en déterminer complètement les causes. Celles-ei sont le plus souvent d’ailleurs des causes économiques, surabondance ou rareté des produits de la vigne, sans au’il soit possible de négliger évidemment la surprise mo-
mentanément défavorable des événements politiques affectant les relations internationales.
Dans cette période, les maxima d'exportation sont, pour les vins:
de 12.761 muids en 1743 de 20.963 muids en 1764
Les minima sont, pour les vins également :
de 6.185 muids en 1740 ‘de 10.229 muids en 1757 RU OR () RO LD Eee TE et de 9.465 muids en 1768
Mais, malgré le titre de notre étude, nous ne pouvons nous borner à considérer seulement les vins en nature. Il faut, pour cette époque surtout, faire état des eaux-de-vie qui avaient une grande importance, plus d'importance que les vins, En totalisant les vins expédiés en nature et les vins ayant fourniles eaux-de-vie vendues à l’étranger (plus généralement sorties par mer) on obtient les résultats suivants qui représentent l’écoulement des vins du Languedoc par la voie maritime de Cette. Les meilleures années furent donc:
1743 avec 46.762 muids ou 314.785 hectolitres ?
HR TN ose no D 60 GDN do 00L ON A ENNOE TT RER TRE Re OCR RE 06 HOT OM E SR Dpo ee :
1 Nous opérons ici la conversion en hectolitres, parce que cette notation, d’ailleurs plus familière à notre temps, permet des comparaisons rapides avec les exportations toujours relevées à l’hectolitre dans la suite de notre travail. Après avoir relevé au litre,
les douanes francaises relèvent à l’hectolitre. 3 J
Les mauvaises années se produisirent en:
1745 avec 19. 092 muids ou 130.592 hectolitres
Or, de 1740 à 1748, on a neuf ans de guerre continentale et maritime à propos de la succession d’Autriche, et nous avons contre nous l’Angleterre, la Hollande et la Russie. Les Anglais font la police des mers et il doit être difficile à notre marine marchande de leur échapper. Les Hollandais, ces rouliers des mers, nos transporteurs de prédilection, sont dans la bagarre et on se bat sur leur territoire. Notre exportation résiste cependant: aux mauvaises campagnes de 1745, 1746 et 1748, on peut opposer les trois années magnifiques de 1743, 1744 et ‘1747, En 1747, les marins hollandais nous sont utiles pour échapper à la surveillance anglaise, car en tout temps le commerce cherche à réagir contre les troubles apportés aux relations économiques. On résiste difficilement aux besoins impérieux des populations, même quand il s’agit en somme d’un produit de luxe. Il est remarquable que l’année de la paix (traité d’Aix-la-Chapelle, 1748) fut une mauvaise campagne pour le commerce de Cette: ne serait-ce pas une preuve que le eomméree s’habituerait même à l’état de guerre, et que ce qui le trouble davantage ce sont toutes les incertitudes ?
Le fléchissement de 1751, suivant celui de l’année précédente, assez inexplicable en pleine paix, n’est heureusement que momentané. (Avait-il pour cause des conditions économiques qui neus échappent aujourd’hui?) En deux années est obtenu le chiffre de 1753 suivi de ceux de 1754, 1755 et 1756. Ces quatres campagnes vinicoles célèbrent la
1 Voir ci-après tableau n° 1.
D joie Tableau Aie Exportation de Cette au XVIII: siècle
D'après les Arch. dép. de l’'Hér. C. Etats 694,