‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 28 sur 159 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

hectol.

RER | CREER CORRE EEE | (un Rene

1699 5.959 40.418 166320 12.640 63.200 103.618 1740 6.185 42.278 437.495 33 244 166.220 208.498 Â 8.404 54.483 342.334 26.017 130.085 187.568 9 7.683 52092 292.340 22.220 111.100 163.652 3 12.761 82.285 611.839 46.500 232.500 314.785 4 8.542 58 427 540.741 41.096 205.480 263.907 5) 11.294 T2: 140.373 10.668 53.340 130.592 6 9 437 65.907 198.973 15-122 75.610 141.517 7 16.075 109.953 491.809. SPAS 186.885 296.838 8 12.412 84.894 200.926 152270 76.350 161.244 9 12.561 72.237 3140795 28.953 141.265 213 502 1750 7.139 48.831 287.581 21.856 109.280 158.111 il 7.905 54.073 105.413 8.315 41.575 95: 648 2 10 945 74180 246.527 18.730 93.680 167.860 3 18.218 124.611 817.057 62.096 310.480 435.091 4 12.473 86.315 778.707 59.182 295.910 386.235 5 12453 83.127 879.024 66.806 334.030 417.157 6 11.864 81.150 580.513 | 44 119 220.595 301.745 {l 10.229 69 966 190 33$ 14.466 72.330 142.296 8 10.484 77.711 327.574 \ 24.896 124.480 202.191 20.9 1H 82.839 309.080 23.490 117.450 200.289 1760 11.365 77.737 360.795 27.877 139.385 217.129 1 9.643 65.958 377.306 28.775 143.879 209.833 ? 12.686 86.782 524.637 40.632 203.160 289.942 3 13.468 02101 140.832 10.703 53.519 145 636 4 20 963 143,387 01236 876 17.992 89.960 233.347 5 16.725 | 114.399 382.049 29.036 145.180 259.579 6 18.033 123.346 465.163 | 35.762 178 810 302.156 7 14.087 96 345 98.116 7.457 37.285 133.630 8 9.465 64.741 473.183 35.962 179.810 244.551 9 21.444 116.677 661.533 50.277 253.385 398.062 1770 21-255 186.424 367.786 27.952 139.760 326.184 1774 18 852 128.948 380 443 28.913 144.565 248.355 1775 20.201 Las 345.551 26.262 131.310 268.485

NOTA. — Les chilfres de 1699 sont calculés d'après 6648 pièces de vin et 2079 pièces d'eau-de-vie pour 9 mois (Hérault G 767 à 769).

La pièce = 60 veltes : la barrique = 27 veltes pour 30. :

Les vins sont comptés à la moyenne de 10° soit 5 hectolitres de vin pour 1 d’eau-de-vie,

AA balle période de huit années de paix que la France connut alors (1748 à 1756). |

Bientôt ce fut la guerre de Sept Ans (1756-1763) : avec la Prusse nous avions encore l’Angleterre contre nous. Celleei avait déjà commencé les hostilités maritimes par l’attentat de 1755 suivi de la capture de € 300 navires d’une valeur de 30 millions », et on sait avec quel acharnement elle s’appliquait à ruiner notre marine et attaquer nos colonies. Dès 1757, elle attaquait nos côtes de l’Océan; l’année suivante, c'était le blocus de Toulon et des attaques sur la Manche; en 1759, bombardement du Havre et opérations dans la Méditerranée. En novembre 1762, préliminaires de paix aboutissant au traité de Paris, février 1763. C'ependant, chose singulière, le commerce cettois lutta pour maintenir encore ses positions, après la chute de 1757, causée sans doute par l’attentat sans exemple de 1755. Le maxiimum de 1762 fut accompagné du minimum de l’année suivante qui marque la fin de la guerre: nouvelle preuve que ee que redoutent les spéculations du commerce c’est surtout le trouble dans l’état de choses établi. Maïs, sans l’insécurité des mers, les résultats de cette époque eussent été tout autres, après le bel élan pris de 1753 à 1755 (63.610 muids en 1753).

Dès l’année 1764, qui suivit la paix générale, la reprise s’innonçait vigoureuse, et en trois campagnes économiques était chtenu le maximum de 1766. L’année suivante, chute nouvelle (19.538 muids seulement). Avait-on, à Cette, gardé le souvenir des événements de 1756, et son commerce avaitil été éprouvé dans la perte de 30 millions? Nous n’avons pas de réponse à cette question, mais on pourrait incliner à cette explication, en pensant que le commerce avait à cette époque flairé la tension des rapports entre la France et l'Angleterre qui faillit amener encore fa guerre.

La reprise de 1768, suivie d’un nouveau bond à la campagne suivante, permit d’atteindre le beau chiffre de 57.974 muids, le vin ayant manqué partout en France cette annéeà. Jusqu'à la fin de l’ancien régime nous n’avons plus que les chiffres de 1774 et 1775 qui sont inférieurs et nous ne

NT So pouvons pas apprécier les résultats de L’ «arrêt du Conseil du 21 juillet 1784 portant exemption des droits pour les aux-de-vie qui sortiront du royaume, et la liberté de distiller les lies, baissières et marcs de raisin ».Ballaimnvilliers nous livre pour les esprits un chiffre élevé qui accuserait un progrès magnifique de ce côté, en 1786, mais il n’a pas la valeur des chiffres de Grangent. Nous ne connaissons pas davantage les effets des traités de commerce conclus par le ministre Vergennes avec les Etats-Unis, 1778; la Hollande, 1786, et la Russie, 1787 !. Cependant on sait en gros qu'ils eurent des résultats favorables. L’inspecteur du commerce, Dupont de Nemours, montre que l’exportation avait quadruplé, celle des eaux-de-vie et vinaigres triplé, en huit mois. Un ancien président du tribunal de commerce de Cette (Fr. Gauthier, centenaire de 1891), parlant du commerce du port de Cette, accuse : 80.000 barriques de trois-six ; 20,000 barriques d’esprit de vin et 170.000 barriques de vin pour le mouvement total de 1791. Nous en retiendrôons simplement qu’au moment de la Révolution, l’exportation de nos produits était en pleine voie de développement. Et d’ailleurs voici ce qu’enregistre l'Histoire: « De tous les pays du monde, il n’en était pas, sauf l’Angleterre, de plus prospère que la France. Il faudra attendre 1835 pour que l’ensemble des échanges remonte aux chiffres de l’année 1789 » ?, Cette conclusion convient en particulier à Cette et au commerce qui fait l’objet de notre étude.

1 Je traité du 26 septembre 1786 avec l’Angleterre qui contenait des concessions de tarifs, mais dont les effets disparurent en 1791 et 1793 par suite des mesures prohibitives de cette époque, fut surtout à l’avantage de l’Angleterre dont le représentant était supérieurement compétent. « Les vins de France étaient taxés comme les vins de Portugal, 46 livres au lieu de 98; les droits sur les vinaigres étaient abaïissés de 67 livres à 32 par tonneau, et ceux sur les eaux-de-vie de 9 à 7 livres par gallon ». A. Carré, in Histoire Lavisse, t. IX, p. 227.

2H Carré, “loc. cit, p. 229.

VE eee

Les chiffres que nous avons donnés sont tous des chiffres de sortie. Nous n’avons d’ailleurs étudié, dans les pages qui précèdent, que le commerce d’exportation. C’est le seul en vérité qui eût de l’importance. Cependant il pouvait arriver que certains vins étrangers, vins spéciaux, entrent à Cette et y soient ensuite réexportés. Ainsi, en mai 1669 !, le sieur Ville, de la Rochelle, expédie à Dunkerque 31 tenneaux faisant 15 muids de vin venus d’Espagne; Ducros, de Montpellier, expédie à Paris 45 muids de vin venus de Mahon en Espagne.

Nous avons un «Etat des vins entrés par le port de Cette depuis le 1* septembre 1758 jusqu’au 8 mars 1759 » *. C’est un état détaillé par jour; nous n’en donnerons que la récapitulation :

Vin rouge commun d’Espagne... 1.327 muids 1/2 leyran NI UDIAR CSN NI TEERNE Sete enr 0 — 4 — Vin de Roussillon (Saint-Laurent

et: Coloure) rc tee 1.056 — Vin-de liduenpe es anne 18 — 3 —

dont 13 venus de Mahon, le surplus d’Espagne.

DOI AU Ole LE CEE 2.401 muids 8 leyran

Ceci montre que, déjà à cette époque, la place de Cette avait comme marché des vins une importance assez grande puisqu'elle dépassait le cadre de la Région. Cette n’était pas seulement la porte qui assurait la sortie des vins du Languedoc ; il exerçait une attraction, qui s’explique et par a proximité du marché espagnol et par ses relations étroites avec les pays acheteurs.

1'Arch. dép. Hér.; C;:767.

2 Arch. dép. Hér.; C, 2685.

ASE os À ACER

Page 1