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la vallée du Rhône étaient en général de qualité médiocre, quand ils n'étaient pas falsifiés avec de la fumée ou de l’aloès ».
Le xvrr° siècle connut la fraude classique, la plus ancienne et la moins dangereuse: le mouillage. Il faut croire que l’exportation des vins du Languedoc avait donné lieu, dès la fin du xvr° siècle, à de pareils soupçons puisque le procès-verbal des Etats de Languedoc du 7 janvier 1700 ! porte que «les Etats sont informés que pour décréditer dans les pays étrangers la vente des vins de Languedoc, on y avait répandu le bruit que ceux de 1698 étaient mélangés d’eau ». Emus d’une pareille situation et du discrédit qui pourrait paralyser une des principales sources de revenus de la Région, ils décidèrent qu’à titre de garantie ( ceux qui achèteront des vins du Languedoc appelleront, si bon leur semble, dans les temps de la livraison des dits vins, les maires et consuls des lieux, pour vérifier en la présence des vendeurs par les expériences qui pourront être faites, si le vin est pur ».
I] faut croire que cette mesure fut impuissante à enrayer les fraudes, puisque les plaintes des étrangers continuèrent. Nous disons les fraudes, car elles étaient nombreuses; elle portaient non seulement sur la composition des vins et des eaux-de-vie, mais encore et surtout sur le logement. | | Éroradeans
Les vins s’embarquaient à Cette « dans des tonneaux
mal fabriqués et mal tournés qui, par les fraudes et les coulages, portaient des préjudices considérables à l’Etranger. Les Hollandais avaient beau demander des eaux-devie d’une certaine preuve, nos fabricants ne se piquaient pas d’en approcher; comme ils n’avaient rien à craindre, ils n’écoutaient que leur intérêt qui leur faisait trouver plus de bénéfice à mal fabriquer. Tout ce qui s’embarquait pour lors n’était qu’une eau-de-vie formée de nos vins aigres et moisis, et tirée avec tout son flegme. En un mot, tout était dans une situation capable de rebuter l’étranger
1 Devic et Vaissete. Hist. génér. du L., XIV, 1516.