‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 34 sur 159 · LE PRIVILÈGE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

LE PRIVILÈGE DE BORDEAUX

Bordeaux n’accueillait d’aileurs pas les vins du Languedoc sans conditions. Capitale d’une contrée viticole luimême, 1] avait entouré le passage des vins languedociens de nombreuses restrictions. C’est ainsi qu’en 1700 les vins du Languedoc n’y sont reçus que «le lendemain de la fête de Saint-Martin qui est le 11 du mois de novembre, et au Een dit des Chartrons seulement... ils ne peuvent y être vendus qu'après le jour de la fête de Saint-André qui est le 30 novembre... et néanmoins que les habitants du Languedoc peuvent charger leurs vins étant à Bordeaux d’abord après le jour de fête de Saint-Martin pour les porter pour eux en Normandie, Bretagne et autre part où bon leur semblera, excepté le royaume d’Angleterre.., qu’ils ne peuvent les faire transporter en Angleterre qu'après le jour de fête de Noël » !. Ce privilège remonte à 1500: voir l’historique dans Bloch, article cité.

Cette descente des vins et eaux-de-vie fut la source de nombreux conflits entre le Bordelais et le Languedoc ?. L'’édit de Turgot sur la Hbre circulation des vins dans toute l’étendue du Royaume vint améliorer la situation, mais Bordeaux recourut à toutes sortes de tracasseries pour gêner le passage de vins languedociens: entrepôts trop étroits où les vins ne pouvaient être soignés, tarifs d’en-

1 Instructions pour les habitants de Languedoc qui font le com- merce des vins à Bordeaux. Etats du Languedoc, 19 janvier 1700, in Aistoire Générale du Languedoc, XIV, p. 1523.

2 Cf. Dutil; Hist. écon. du Lang., p. 848.

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trepôt exhorbitants, ete. (d’après Dutil et Bloch), si bien qu’à la fin de l’Ancien Régime, le Tiers-Etat de la sénéchaussée de Toulouse pouvait inscrire dans son cahier le vœu suivant: (« Permettre à tous les habitants de Languedoc de faire placer leurs vins dans les divers quartiers de la ville de Bordeaux, nonobstant les exceptions qu’elle a chtenues contre les dispositions de l’édit du mois d’avril 1776 portant révocation des privilèges qui tendent à gêner le commerce des vins! ».

Bordeaux, on l’a vu par ce bref historique, était un des points de sortie des crus du Languedoc, Les deux autres étaient le Rhône et surtout Cette,

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