‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 4 sur 159 · LES INSTRUMENTS DU COMMERCE · texte numérisé non relu

LES INSTRUMENTS DU COMMERCE

Pour mieux suivre le développement progressif du com. merce qui nous occupe et déterminer autant que possible son état à chaque époque, il peut être utile de faire ici un rapide tableau de l’extension parallèle du Port et de la Ville et aussi des différents systèmes de communication qui rayonnent autour de Cette vers l’arrière-pays, ce qu’on peut appeler les instruments du commerce,

$ 4 — Le PoRT DE CETTE

Le premier ouvrage du port de Cette (partie droite du môle Saint-Louis, sur une longueur de 330 toises) fut exéeuté de 1666 à 1671, et déjà en janvier de cette dernière année, pendant une violente tempête de quatre jours, 70 navires y trouvèrent un abri propice. Quant au canal de communication entre la Méditerranée et l’étang de Thau, premier objet des préoccupations du commerce régional, quoique les travaux, commencés avant ceux du port, fussent déjà en grande partie exécutés dès 1668, il ne fut livré à la navigation régulière qu'aux environs de 1681. Le schéma du port fut complété en 1673 par l’exécution de la partie primitive de la jetée dite alors & môle de l’est » et devenue par la suite celle de Frontignan. |

Le premier crochet, à l'extrémité de la partie droite du

De

môle St-Louis, fut exécuté en 1682 sur une longueur de 30 toises. Exposé aux bouleversements causés par les tempêtes, il n’en est resté que le soubassement rocheux signalé par (le Pilon ». Le second crochet, celui qui existe aujourd’hui, œuvre de Niquet, fut établi peu après 1687. Et bientôt commença la première période (1690 à 1720) pendant laquelle on lutta contre l’ensablement au moyen d’un marché, dans lequel l’entrepreneur recevait du Roi 45.000 livres et de la Province une allocation annuelle de 30.000 livres, pour rétablir et conserver une profondeur de 13 à 15 pieds dans le port et de 4 à 5 dans le canal. | Cependant, pour lutter contre la trop grande facilité avec laquelle les dépôts se formaient dans le bassin du port, Niquet fit construire, de 1691 à 1694, tout un système de jetées : d’abord la jetée 1-2 (moitié sud du quai de Rive- Neuve-du-Sud, puis quai du Sud, aujourd’hui quai Aspirant-Herber) ; puis la jetée 2-3 (un moment jetée de la Convention, aujourd’hui pointe Richelieu); enfin la jetée 3-4 (façade du dock des Ponts et Chaussées). Il projeta et même amorça la jetée 4-5 dont le nom, rendu mystérieux par la disparition des autres, a survécu !. C’était & la grande jetée de ressac » destinée à remuer les sables de facon que la mer elle-même se chargeât d’en débarrasser le port. Son exécution, suspendue en 1692, selon le vœu des Etats, ne fut reprise qu’en 1709; la jetée atteignait presque la tête de la jetée primitive de Frontignan, en 1725. Dès la fin du xvrr° siècle, on remarqua que le ressac était dangereux pour la sécurité du port et, entre temps, le même Niquet conçut et exécuta la jetée isolée (1700), longue de 80 toises et séparée de la primitive jetée de Frontignan par une distance à peu près égale. Si elle abrita mieux le port, ce qui n’était pas à dédaigner, elle laissa subsister le mal de l’ensablement, auquel on ne pouvait remédier que

1 Nous rappelons que les numéros des jetées sont ceux qui les désignèrent au moment des travaux d'exécution; ils figurent sur les anciens plans et dans les dossiers des Ponts et Chaussées (Documents anciens). |

Page 1