‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 40 sur 159 · SMART · texte numérisé non relu

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vent à ces courtiers de leur acheter tel nombre de pièces d’eau-de-vie., Ceux-ci cachent soigneusement ces leftres et font acheter sous-main, à bas prix et par petites quantités et à différents intervalles, afin que des achats trop pressés n’en fassent pas augmenter le prix; ils écrivent en même temps aux marchands de Cette qu'ils ne trouvent pas les eaux-de-vie qu'ils leurs demandent, du moins au prix qu'ils ont proposé. Ceux-ci leur marquent d’en donner queélque chose de plus et alors par certaines adresses ils font en effet monter le prix des eaux-de-vie au jour de marché et font publiquement quelques achats sur cette augmentation de prix; en voilà assez pour que tout ce qu'ils ont acheté sous-main et dont ils peuvent disposer soit compté aux marchands de Cette sur le pied de l’augmentation ». Par analogie avec ce qui se passait dans la fabrication des futailles, ces mêmes courtiers abusaient parfois de la situation précaire des fabricants. En leur, avançcant quelque argent, ils leur faisaient passer un contrat secret de vente de leurs eaux-de-vie et ce à des prix inférieurs...

Les négociants cettois eurent sans doute lieu de se plaindre, pendant longtemps encore, des pratiques abusives des courtiers en eaux-de-vie sur les marchés de Lunel, Pézenas et Béziers, puisque en 1782 ils demandaient l’établissement à Cette d’un marché aux vins et aux esprits, par une lettre au Maire et aux Consuls dans laquelle ils disaient notamnent: «Les malheurs qu'ils ont éprouvé par la faillite de plusieurs des commissionnaires qu'ils employaient pour leurs achats d’eau-de-vie à Pézenas ont réveillé toute leur “attention sur les abus qui se commettent par leur entremise » !

Pareille prétention ne pouvait que déplaire aux Marchés déjà existants. Les Piscénois, en particulier, protestèrent fortement par la voix de leurs maires, consuls et négociants. Ils trouvaient Cette trop éloigné et ajoutaient : « C’est une ville dont le séjour est très dispendieux, ainsi que celui de tous les ports de mer; les voyages que nous

1 Arch. municipales de Cette, HH 11. Lettre du 18 nov. 1782.

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