PROJET D'ENTREPÔT DES EAUX-DE-VIE À CETTE
L'année suivante, 105 fabricants d’eau-de-vie demandaient, dans un mémoire au ministre d’Ormesson, la création d’un entrepôt des eaux-de-vie à Cette. La concession de l’entrepôt était sollicitée par les sieurs Vabre et Possel.
Dès 1752, dans son important mémoire sur le commerce, Grangent demandait la création à Cette d’un entrepôt analogue à celui de Toulon. Cet entrepôt aurait, selon lui, l'avantage d'offrir en tous temps un disponible immédiat aux acheteurs étrangers. En l’état du commerce, ces acheteurs opéraient par l’entremise des courtiers; à part les autres inconvénients déjà cités, la lenteur dans les livraisons en était un autre assez fréquent et des plus graves, car il arrivait parfois que les acheteurs € qui avaient fait leurs achats à un taux favorable eu égard au cours à l'Etranger »
1 Arch. dép. Hér.; C, 2686.
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se trouvaient en mauvaise posture car, durant ces retards, le cours avait baissé à leur arrivée sur les marchés de consommation. La chambre de commerce de Montpellier ne fut cependant pas convaincue par ces raisons ;.elle déclara le projet impraticable (€ par la gêne qu'il imposerait aux fabricants et par le préjudice qu’il leur porterait, soit à cause de leurs divers engagements, la plupart ayant vendu avant de fabriquer » !, La question ne fut pas solutionnée, non plus en 1775 où elle fut encore soulevée *.
En 1783, la question se posait donc à nouveau. Cet entrepôt (outre les avantages déjà signalés par Grangent) en mettant les stocks d’eau-de-vie sous Ja main de l’Inspecteur, lui aurait permis de procéder par des contre-visites à un contrôle parfait de la fabrication. À cet effet d’ailleurs, Lagarrigue fils de Béziers proposait un nouveau règlement. Mais les deux initiatives n’eurent pas de succès. Alors que, seul, le subdélégué Grangent était favorable à la eréation, la chambre de commerce de Montpellier, les Etats, l’Intendant et l’inspecteur Mauclerc furent unanimes à repousser l’idée d’un entrepôt des eaux-de-vie à Cette. C’était une grave menace d’incendie pour la ville, paraît-il, et ils estimaient l'institution inutile ( d’après les fruis, les lenteurs, les vexations, les injustices qu’elle occasonnerait » *
Cette n’obtint donc alorg ni l’entrepôt ni le marché, ce qui n’empêcha pas d’ailleurs sou commerce de se développèr. Les Cettois durent simplement continuer à fréquenter les marchés de Lunel et de Pézenas, et ce furent toujours les mêmes froissements inévitables qui sont l’essence même de tout commerce. Les négociants se plaignaient des fabri-
cants; les fabricants accusaient les négociants de couper leurs produits avec des eaux-de-vie espagnoles #; les courtiers enfin étaient souvent mal vus des deux côtés.
1 Arch. dép. Hér.; C, 2684.
2 Arch. dép. Hér.; B, 208.
3 Arch. dép. Hér.; C, 2686.
4 Arch. dép. Hér.; B, 208, Mémoire du Contrôleur général.
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