‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 59 sur 159 · LEUR IMPORTANCE MINIME · texte numérisé non relu

LEUR IMPORTANCE MINIME

Parmi les caboteurs étrangers fréquentant notre port, il y avait beaucoup de navires italiens ou espagnols. Comme les autres, les Espagnols venaient charger, mais en petite quantité !, des vins et quelques eaux-de-vie. IIS apportaient des lièges, des anchois pressés et des vins encore.

L’importation des vins espagnols, à cette époque, n’était d’ailleurs pas importante, tant pour la France en général que pour Cette en particulier ?. Et elle ne pouvait pas l’être nos récoltes étant abondantes et nos vins de bonne tenue. Toute loi douanière était même inutile et c’est, sans doute, dans le seul but de complaire aux gros propriétaires que la Restauration promulgua la loi quasi-prohibitive du 28 avril 1816. Celle-ci imposait les vins de liqueur à 100 francs l’hecto et les vins ordinaires à 15 francs l’hecto, s’ils étaient importés par voie de terre, et 35 francs, S'ils étaient importés par voie de mer. L’importation des vins de liqueur espagnols par Cette, en 1818, n’était que de 22 hectos. Les droits prohibitifs de 100 francs n'étaient pas, en fait, la cause première de l’infériorité de ce chiffre. Nous avions à cette époque des vins de liqueur fort appréciés, comme on l’a vu, bien avant la Révolution: les muscats de Lunel, Frontignan, Béziers, les picardans, les clairettes etc. De plus, pendant les guerres de l’Empire et spécialement durant le blocus continental, le commerce cettois avait su eréer l’admirable technique des vins d’imitation, qu'il a depuis savamment développée, et qui fait, encore aujourd’hui, le plus clair de sa gloire. Tout ceci suffit à expliquer

1 Voir plus loin $ 3.

2 De 1830 à 1839, la moyenne des importations de vins étrangers en France fut de 611 hectos, pour les vins ordinaires, et de 1.846 hectos, pour les vins de liqueur, soit un total de 2.457 hectos.

le chiffre insignifiant des entrées de vins de liqueur espagnols.

Une importation qui avait plus d'importance était celle des vins de coupage (d’Alicante et de Benicarlo spécialement) qui, aux termes de la loi du 17 décembre 1814, bénéficiaient du tarif de faveur de 10 francs par hecto, au lieu de 35 francs. C’est ainsi qu’en 1818, il entra à Cette 2265 hectos de ces vins. La même année, Agde en importait 689 hectos. Ces chiffres ont peu d'importance, si l’on rappelle qu’à cette époque la production vinicole de l'Hérault dépassait déjà deux millions d’hectalitres. Si l’on considère qu’à cette date, comme avant la Révolution d’ailleurs, propriétaires et commerçants avaient la libre pratique du vinage, on comprend parfaitement que nous n’ayons pas eu grandement recours à ces vins exotiques. Notons qu’une grande partie des vins de l'Hérault était alors transformée en eaux-de-vie, ce qui constituait un débouché naturel pour les petits vins et les vins imparfaits ; ils n’encombraient pas le marché, et on n’avait donc pas besoin de recourir en abondance aux vins médecins de la Catalogne, comme. nous dûmes Je faire plus tard, lorsque nos récoltes furent réduites et lorsqne la concurrence des alcools d’industrie vint nous. interdire de livrer en abondance à la chaudière tous les petits vins imparfaits qui surchargeaient le marché f.

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