‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 64 sur 159 · SD AUS · texte numérisé non relu

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Ces chiffres ne peuvent nous donner cependant la mesure exacte des sorties de Cette à destination définitive des

Etats allemands puisque, nous l’avons déjà’noté, une partie des vins expédiés par ce port sur Amsterdam, Rotterdam, y étaient ensuite transbordés, à destination de l’Allemagne notamment. De plus, nous savons le rôle joué de tout temps par Hambourg comme point d’entrepôt pour tous les pays du Nord; il est certain qu’une partie de nos importants envois de vins sur les ports anséatiques n’empruntait que temporairement les quais allemands, pour être rechargée, quelquefois après des manipulations plus ou moins loyales, à destination des pays voisins: Danemark, Suède, Norvège, Russie. Tenant compte de ces deux faits, il aurait fallu, pour apprécier d’une façon exacte l’importance du débouché allemand, faire une discrimination que la pénurie de documents nous interdit complètement. Néanmoins on à pu juger que le marché allemand était, en bloc, un débouché fort précieux pour le commerce cettois, et son importance eût été bien plus grande encore sans les droits prohibitifs de 58 fr. 30 par 100 kg.

La Belgique. — Politiquement et douanièrement, la Belgique n’existe que depuis 1830. Avant cette date et depuis 1815, elle formait avec la Hollande proprement dite le royaume des Pays-Bas. Les chiffres que nous donnons cidessous de l’exportation de Cette, doivent toujours être appréciés en tenant compte du fait que les ports hollandais voisins reversaient une partie de leurs importations; pour la Belgique surtout, l’importation en droiture devait être plutôt rare. La voici:

Années Hectolitres Années Hectolitres REA 262 HALO EPST à 2.310 1ÉRR DASS ERA 4.278 iFen ete PU 3.166 ASSET AE 8.319 JR M RASE" Se Sd ee 6.480 Sa Eee 3.622 LOS NET 4.290 2 46 0 1 PAENT 2020 SONT 2.604 JE RONDE CR . 2.745

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Sans pouvoir soutenir la comparaison avec le marché hollandais, le débouché belge avait done quelque importance pour nous. Il faut reconnaître que, sans nous être absolument accueillants, les droits de douane nous y étaient plus favorables que partout ailleurs. Les vins en cercles payaient à l’entrée 32 fr. 37 par hecto, suivant le détail ci-dessous :

Droit de douarie :

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Les vins en bouteilles, suivant un détail analogue, pavaient 45 fr. 01. On aperçoit aussitôt l’injustice d’une telle mesure: nos vins du Midi, exportés généralement en fûts. vins de 25 à 50 centimes le litre, payaient presque les mêmes droits que les champagnes, les bordeaux, les bourgognes à o et 10 francs la bouteille. Le traité du 16 juillet 1842 vint réduire sensiblement tous ces droits. Les vins en cercles bénéficièrent d’une diminution de 9 fr. 25 par hecto, et payèrent désormais 23 fr. 12. Aux vins en bouteilles échut une réduction de 21 fr. 17; ils payèrent donc désormais 23 fr. 94 L’injustice signalée plus haut était devenue plus flagrante.

Aussi, tout en notant qu’à partir de cette date nos exportations de vins à destination de la Belgique manifestèrent une tendance à la hausse, faut-il bien remarquer que les expéditions en futaille, spécialement celles de Cette, participèrent fort peu à ce mouvement. Il faut dire enfin que Îles droits d’octroi fort élevés, tant à Anvers (14 fr. 10 par hecto) qu’à Bruxelles {23 fr. 70), empêchaient les vins de Cette de devenir un article de consommation courante.

L’Angleterre. — Avant la Révolution, le marché anglais avait eu quelque importance pour les vins français en général. Nous avons signalé que le traité de 1786 avait accru les exportations françaises, si bien qu’en 1792 la Grande- Bretagne recevait 8,4 % de son vin de France alors qu’en 1785 la proportion était seulement de 2,6 %. Mais nous avons noté que seuls nos vins de crus étaient véritablement intéressés par ce marché, car seuls ils pouvaient supporter les droits anglais très élevés. Nos vins du Midi concurrencés avantageusement, grâce à des tarifs différentiels, par les Cportugals » et les (Cespagnes » avaient peu de débouché en Angleterre. Cette situation se continua après la Révolution, en s’ageravant même. Les sorties de Cette à destination de l’Angleterre marquèrent désormais une tendance sensible à la baisse, On trouve en:

Années Hectolitres Années Hectolitres RAS 956 Ru 3.250 LS INR Lo 1.689 LOS et à 2,838 ER SEATE M 2,201 ASS eee, 1.142 RER TERRE 2.611 1R TT Tee 1.004 eee TSIPRER 6.101 LA MmAUL 1,627 ASS EESES0SS 1.967 14 TELLE 1.084 LSSOR AE Se 2.670 te NE RSR 1.877

La Russie. — Le débouché russe comptait, déjà bien

avant la Révolution, pour le commerce cettois ; nous exportions en Russie toutes sortes de vins, spécialement les vins blancs et les muscats. De ce côté, notre exportation se développa progressivement. On a pour:

Années Hectolitres Années Hecltolitres LADUACALE ee 3.814 : MATE SSES 12,585 TRE ART 7.779 OS 10.881 RAM 11.576 10 ES 14.515 TARN UN 11.758 ESA Re 12.876 10 RENE AR 7.535 VO Prin . 14830 Ron rn 7.525 RSA EE ON 13.03 HÉSG NE UELTD4SS TA A Te R TE

La Suède. — Nos sorties à destination de ce pays se maintinrent sensiblement aux mêmes chiffres. Ce débouché aurait été plus accueillant à nos vins, si la Suède ne leur avait imposé des droits fort élevés en représailles d’ailleurs des droits prohibitifs dont nous frappions ses fers. Nous avons fourni en:

Années Hectolitres , Années Hectolitrrs LS 80e tr 3.949 LS RE 9.138 jReSS in CRE 2.805 JÉSSREARE 3.409 ES AU AT 9.609 LAS OISE 2.492 lo A 9.208 LOCAL D Te LEA AN 3.889 De LE rer RER Te 1850 EE 4.189 RS AA GOT 8.569 HA 0 deu 3.039 HORS en 3.889

Le Danemarck. — Avec quelques fluctuations, nos exportations dans ce pays se maintiennent sensiblement aux mêmes chiffres. Elles donnent pour:

Années Hectolitres Années Hectolitres SSD TEA 3.445 , AS ES NAS 3.796 RSS LEO 4,343 HS AE 2.421 PAS NN NRA 4.060 TS CEIENrS 5.199 LS AM ae Ur 4,536 1ÈCE LIN 4.040 TASER E 3.076 Bite A PEAR AN 9.669 1ÉSDE ES DEN 3.842 her PR RARE 6.010 Kat ROMA Te 3.816 HS Sa e 2.380 L'Italie. — T,/Halie restait pour nous une bonne cliente,

et les bateaux génois venaient régulièrement à Cette charger les vins du Languedoc, que les Italiens appréciaient depuis si longtemps et propageaient autour d’eux. L’Italie n'existait pas alors comme unité politique, aussi voyonsnous les exportations figurer sous les rubriques suivantes :

1° Les Etats-Sardes (c’étaient ceux qui offraient le plus important débouché, car ils avaient Gênes comme port) ;

2° Le Royaume des Deux-Siciles ;

3° La Toscane, avec Livourne;

4 Les Etats-Romains.

Ainsi l’exportation à destination des Efats-Sardes nous offre en:

Années Hectolitres Années Hectolitres D 11.444 CERN 30.879 Ro Re NE 11:802 lc MRC NETE 21.981 3 Ko PAS NRA 6.010 CS PRE 13.087 À POSE NAPSERE CPR 6.478 SA The 11.540 1834..... Fe 0 LE de NT Re 11.107 ISSN "neut02 Da RD EE 13.962 TOUR 3.181 laure 33.397

L’exportation à destination de la Toscane est pour:

Années Hectolitres Années Hectolitres :

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L’exportation à destination des Etats-Romains donne en:

Années Hectolitres Années Hectolitres ASS he 222 DRE 047 1 EN 289 ie 401 LSSA LENS, 4429 SAONE En 981 ÉSOD ST 761 SAS LR 19 RÉDO PRES ar 1.508 : Ke DANSE 8

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Et l’exportation à destination des Deux-Siciles se résume ainsi :

Années Hectolitres Années Hectolitres Te A NN E 22 Ra DRE AE 6 h Re RENTE ANSE 2 LAVE ACCRU 29

Les Etats-Sardes et la Toscane étaient, on le voit, nos meilleurs débouchés de la péninsule italienne, et ceci s’explque aisément par les vieilles relations traditionnelles que le commerce cettois entretenait avec les ports de ces Etats, Gênes et Livourne spécialement. II faut toutefois observer que tous ces vins, chargés à Cette, à destination de l’Italie, n’allaient pas entièrement à Ja consommation italienne. En effet les Italiens trafiquaient de nos produits, et une part notable des vins du Languedoc était portée par eux sur les côtes dalmate, albanaise et grecque.

Nous avons ainsi relevé les principaux clients du commerce cettois en Europe, mais l’on connaît entre Cette et l'Amérique la tentative de commerce antérieure à la Révolution. Le débouché des Etats-Unis continua à recevoir nos vins; bien plus le débouché de l’Amérique IQine S’ouvril largement à eux.

Etats-Unis de l’ Amérique du Nord. — Malgré les droits énormes qui pesaient sur nos vins, les Etats-Unis leur offraient un débouché assez important. Nous y exportions toutes sortes de vins, mais surtout des vins d'imitation, et en première ligne des imitations de Madère et de Porto (Burgundy-Port). Voici les chiffres de cette exportation:

Années Hectolitres Anuées Hectolitres 1Sa0 Re 7.068 1837 A Noa res 11 057 RSS LME 11.304 LÉO Te CRM MT 7.399 LOGE cl 516 CSS PRES : 8.200 LS 7.239 LS4D See 10.020 RSR SES MS OUE die RNA 15.182 LES TEE 9.650 TR Pb R 008 HRODME LEE 17.000 SERA o8l

Le chiffre élevé de 1836 avait été amené, semble-t-il, par l'acte du 4 juillet 1836 qui avait réduit de moitié les droits sur les vins. Cette réductien fut de courte durée puisqu’en 1849 les Etats-Unis revenaient à leurs tarifs prohibitifs et, de plus, imposaient les vins d’imitation au même tarif que les vins d’origine. Cette mesure frappa fortement le commerce cettois, En 1843, nos exportations tombèrent à, 581 hl.

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Le Brésil. — Tn 1818, le marché brésilien n’existait pas pour le commerce cettois et, en 1830, (ce sont les premiers cffres que nous possédions) il avait pour nous autant d’importance que le vieux marché hollandais. Nos exportations à destination de ce pays se chiffraient par 40.123 hl en 1830, par 17.784 h] en 1831, par 56.651 hl en 1832 et 97.434 en 1833. Cette dernière année fut le point culminant. À partir de cette date, notre commerce, gêné par l’élévation continuelle des droits de douane, décrut sensiblement. Il convient de signaler que le commereée cettois était en fort mauvaise posture à l’égard du commerce espagnol, car les droits proMbitifs, auxquels nous imposions les sucres étrangers, privaient les navires d’un fret de retour assuré; aussi le frét de Barcelone, Valence sur Rio-de-Janeiro était-il bien plus économique que celui de Cette. Les chiffres suivants donnent la mesure de ce déclin. En:

Années Hectoltres Années Hectolitres 1ho 2 PNR ENT 70.466 ESSOR PTT 5 .570 NORD ER ve 62.425 TRADE 26.613 NE MN NQURE 98.751 MUSELR 777 26.263 ST re 55.996 SA PERTE 25.458 LÉDS den due MO NOU ISLE 39.883

C'était pourtant un débouché qui comptait encore, si l’on senge qu’en 1913 nous n’exporterons plus au Brésil que 215 h1.

L'Argentine. — Pendant cette même période, nos EXPOTrtations à destinations de ce pays se développent rapidement, malgré des droits assez élevés, puisqu'ils atteignaient 39 % de la valeur du produit rendu sur les lieux. Or trouve pour:

Années Hectolitres Années Hectolitres 1832. ne 3.067 TS NME AR 17.820 JR PURES 1.802 pes 15.069 Rene MO EMNUE 2.974 HeAO MM 2.165 RENE 405 SAINTE 11.387 LÉO me 10.900 LSRAREMENS 20.420

a Re br AA EEE 10.884 Eee RENE 28.011

En 1913, nous n’exporterons plus à destination de ce

pays que 149 h1! On comprend que Cette ait gardé le souvenir de cet heureux temps.

L'Uruguay. — Ce petit pays nous offrait également un cébouché qui n’était pas négligeable; les droits de douane ad valorem de 31,5 % furent portés à 37,5 % en 1838. Les seuls chiffres que nous possédions sont de 8.826 h1 pour 1840, de 5.974 pour 1841, de 6.020 pour 1842 et enfin de 2.864 pour 1843.

Le Mexique. — Ce marché nous aurait été largement ouvert sans les droits formidables qui y frappaient les vins, Les vins blancs payaient 78 franes par hecto; les rouges, 71 franes. Les bordeaux et champagnes pouvaient encore aborder pareille barrière; mais les vins du Midi, les vins à bon marché étaient arrêtés par elle. Aussi les expéditions du commerce cettois à destination de ce pays furent-elles assez réduites: 6721 hl en 1830, 374 h1 en 1831 et 683 hl en 1839.

L'Algérie. — Né en 18530 avec l’expédition d’Alger, le débouché algérien prit rapidement une grande importance. Les seuls chiffres de notre exportation sont assez éloquents pour se passer de commentaires. On relève pour:

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En 1843, alors que les exportations de Cette étaient de 297,519 hl, nos sorties pour l'Algérie étaient donc de 104.006 D1. Ce débouché qui n’avait que treize ans d’existence comptait déjà pour 35 % dans nos sorties de vins.

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\ $ 7. — Coup D'ŒIL D’ENSEMBLE:

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