‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 65 sur 159 · PLAINTES ET REVENDICATIONS; LES ['ROITS DE SORTIE LE FRET; LE MARCHÉ · texte numérisé non relu

PLAINTES ET REVENDICATIONS; LES ['ROITS DE SORTIE LE FRET; LE MARCHÉ

Cette étude, que nous avons menée jusqu’en 1843, nous a montré la prospérité du commerce cettois et languedocien tant par les quantités exportées que par le nombre et la diversité des débouchés offerts à l’activité de nos négociants. Le commerce intérieur de l'Hérault avait aussi favorablement progressé, pendant cette même période, sans que nous puissions toutefois coter cette progression en chiffres. Il faut cependant remarquer ici, comme nous l’avons déjà fait pour le commerce d’exportation, que la plus value quantitative n’avait pas amené une progression identique dans les valeurs. Les intéressés se plaignent, en effet, que cette augmentation du commerce intérieur «n’est due qu’à la diminution considérable qu’ont subie, depuis lors, les prix de nos vins et alcools; il en résulte que tout en expédiant une quantité plus grande de liquide, l’Hérault a reçu en somme une valeur moindre ».

Ce n'étaient d’ailleurs pas les seules plaintes ou revendications du commerce cettois, à cette époque. Nous ne mentionnerons que pour mémoire, car elles ne sont pas spéciales au Port, les plaintes relatives aux droits excessifs sur les boissons, aux droits d’octroi, aux falsifications pratiquées dans les grandes villes, et Paris notamment.

Des plaintes spéciales au commerce cettois, puisqu'elles touchent à l’exportation, sont celles qui visent les tarifs douaniers. Par une anomalie qu’on a peine à comprendre, la Restauration protectionniste avait conservé les droits de sortie sur les vins. Sans doute ces droits n'étaient pas très élevés mais, à cette époque de bas prix, ils constituaient une gêne fort maladroite pour notre commerce. La loi du 28 avril 1816 abaissa ces droits à 1 franc par hl pour les sorties par la Méditerranée; les autres payèrent le droit de ? francs. Remarquons, en passant, que cette diver-

sité douanière héritée de l’Ancien Régime était fort logique en la circonstance, car elle imposait moins les vins communs du Midi que les crus de Bordeaux et de Bourgogne. En 1836, les droits d'exportation disparaissent, puisqu'il ne subsiste plus qu'un droit de statistique de wn centime par hectolitre.

Bien plus gênants étaient les droits de douane étrangers, nous l’avons déjà signalé dans l’étude des débouchés; la politique protectionniste du gouvernement de la Restauration nous avait valu des représailles générales : des tarifs quasi prohibitifs frappèrent nos vins, et surtout les vins du Midi produits à bon marché.

Le protectionnisme français nuisait encore au commerce Nés d’une façon indirecte; prohibant, par ses tarifs excessifs, des produits étrangers qui assuraient un frét régulier à destination de notre port, il rendait presque insoluble la question de fout temps importante du fret de retour. Le commerce cettois, et avec lui le Languedoc entier, s'était ému de la question et il indiquait au gouver- HE les mesures nécessaires: € Au Brésil, l’admission des sucres étrangers à de moins dures conditions fourni. sait À nos armateurs et à nos navires des marchandises de retour qui leur manquent. Une diminution de droits sur les bestiaux, les fers, les laines, les bois; la substitution de droits modérés aux prohibitions actuelles sur les tissus de jaine et de coton, nous permettraient de voir s’ouvrir les marchés d'Europe que des droits tous les jours plus élevés nous fermeront bientôt » !, Paroles de vérité qui n° deaient trouver leur réalisation que vingt ans plus tard, à partir du traité franco-anglais de 1860; paroles de vérité que notre Chambre de commerce a souvent fait entendre devuis ?.

1 Bul. Soc. Agr. de l’Hér., loc. cit.

2 Cest ainsi que, par insuffisance de fret direct, nos vins à destination de l'Amérique devaient aller s’embarquer à Marseille, supportant ainsi un surcroît de fret et encore des frais de transit de 5 à 6 franes par pipe. Bien plus, provenant de Marseille, une

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D’autres revendications étaient encore présentées à cette époque par le commerce cettois. Moins importantes que les graves questions douanières, elles ne lui tenaient pas moins à cœur. Avec une persévérance jamais rebutée, le Conseil Municipal continuait à demander l'établissement d’un marché des vins et eaux-de-vie ; le développement sans cesse croissant du commerce cettois justifiait pleinement l’urgence de cette institution. Enfin, le 6 janvier 1838, le maire annonçait qu'un arrêté ministériel du .29 novembre précédent, autorisait la création d’un marché hebdomadaire *, 1 fut fixé au mercredi et, dans son empressement à bien faire les choses, le Conseil décidait d’affecter à la tenue de ce marché le local du greffe du Tribunal de commerce. Depuis, courtiers et négociants se sont aceommodés du plein vent à «la Bourse », puis à « la Civette », enfin sur l’Esplanade, et nous considérons désormais comme chose toute simple pareil attroupement hebdomadaire, qui coûta jadis à nos père tant d’âpres revendications.

sorte de prévention s’attachait à eux, car, considérés sur les marchés brésiliens et argentins comme des vins provençaux, ils s’y vendaient 10 % de moins que s'ils avaient été expédiés directement de Cette. (Cons. Mun. Délibération du 23 août 1845.)

1 Cette rêvait du marché en 1695; près d’un siècle plus tard, il ; , mais avait à lutter contre les privilèges de Pézenas et Lunel. La Révolution ne put rien pour Cette: le 17 frimaire an VII, le directoire municipal erut pouvoir instituer le marché de sa propre autorité mais le directoire départemental cassa aussitôt cette décision. Le 7 septembre 1835 et le 11 février 1837, il en est encore question; enfin le 13 novembre 1837, le Conseil municipal demande la création d’une chambre de commerce et d’un marché hebdomadaire. La décision ministérielle du 29 novembre accorda le marché seulement.

le revendiquait encore

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