DÉTAIL DE L'EXPORTATION A CETTE
Les années qui suivirent 1860 virent, à raison de ces tendances libérales, un développement intense du Commerce, de l'Agriculture et de l’Industrie. Le commerce d’exporta-
1 Bul. Soc. Agr. de l’Hér., 1863.
tion français, franchement libéré de la crise de l’oïdium, progresse résolument, restant en relation intime avec notre production; le commerce cettois suit harmonieusement la même courbe, ainsi que l’indique le tableau suivant :
Années Producticn française Export. française Export. de Cette 1860... 39.558 milliers d’hl 2.020.786 h1: 397.231 -hl SOI RD 788 — 1.857.707 — 370.178 — 186224 870 —— 1.893.913 373.114 — 1863.42: 001372 — 2.084.456 — 428.804 — 1864.... 950.653 — 2.336.137 — 503.113 — 1865.... 68.943 -— 2.868.398 — 530.485 — 1800 CMAGSRSS — 3.273.902 — 633.479 — 18612%%:99128 — 2.591.169 — 433.502 — TECR A RUN! — 2.806.413 — 571.953 — 1869.... 70.000 — 3.063.050 — 506.968 — LAVD APR RSS NUE D'R66 005 2 0 50, LEA RSC. OUT — 3.319.256 — 602.695 — TSI MNOO EDS — 3.429.970 — 480.935 — Stan 90 LO — 3.981.431 — 563.548 — 1874.... 63.146 —— 3.232.484 — 537.863 —
Le chiffire de 1866 (633.470 h}) fut le chiffre maximum ; il n'avait jamais été atteint auparavant; il ne fut Jamais réalisé par la suite. L’exportation française atteignit également cette année-là un de ses chiffres les plus élevés. Ce mouvement était dû à la belle récolte de 1865 qui se ch'ffrait par 68.943.000 hectolitres pour la France entière, et 12.900.000 hectolitres pour l'Hérault. L’Hérault seul avait ainsi fourni près du cinquième de la production totale française, et Cette exportait le cinquième de l’exportation j'ançaise.
Nous remarquerons toutefois que pour Cette, comme pour la France entière, («le montant général de l’exportation des vins ne fut pas en rapport avec le progrès général de la France, pendant la période qui s’écoula de 1860 à 1877 »1. En fait, le Midi vinicole avait accueilli avec en-
1 Bul. Soc. Apr. de:l’Hér.) 1877,,p.u7d:
thousiasme cette politique de Jiberté commerciale dont il avait tout à espérer et rien à craindre, puisque sa production n’avait pas à redouter la concurrence étrangère. En vérité, il avait cru à une progression rapide et importante de nos exportations de vins, et la réalité fut plus modeste, car les tarifs étrangers étaient toujours trop élevés pour permette une diffusion intense de nos produits à bon marché.
.Le tableau suivant donne, en hectclitres, le détail pour les principaux clients de Cette à cette époque !:
Pays 1865 1867 1869 1870 Russie: Baltique .... 9.726 8.597 8.694 8.888 — Mer Noire ... 260 2.158 2.243 2.542 HoHandert ii mene 11.247 9,928 8.431 1.202 Belgique er .» 1.244 1.361 2.825 Villes de la Hanse... 26.255 18/2932 20.257 14.800 Associat. allemande .. 10.873 8.578 15/01 13.449 MR E ED EAN ETUI N El 150.245 146.810 39.278 28.226 Soda VE y ae 2,446 1.838 3.714 3.922 PDAnemarkeMEMEReu 5.263 DAS 2 009 1.959 TA SS UNIS RER Ter 19.345 18.094 54.198 66.043 RQ Eee Er RENTE 16.385 13.524 18.170 24,371 re TE I ee et 13.131 19.964 15588 28.499 Pays 1871 1872 1874 1876 Russie: Baltique ...: 12173 9.367 8.924 5.584 — Mer Noire ... 4.741 it7 2.428 5.566 POHAN ARR rai 17-220 7.534 14981 7.248 BOlRIQUeé MR An eue 8.864 » 1.297 850 Associat. allemande .. 49.279 23.393 50.446 35.567 NASdetlisHanseere ve » » » » MOT TOR SC A AE 23.897 22,227 2042 11.308 STE Ter EE HET 1.681 3.872 4,602 3.699 Danemark Er EE DO 1.580 1997 2.437 ÉatsellDis Une 74.966 65.540 58.157 17.687 ÉTÉ AE TE Lee 21.028 22009 18.990 21.270 ARPAEINE U.T..e L 24.896 43.418 27.166 3.883
1 D'après les An. Thomas et Arnaud et, après 1872, les comptes rendus de la Chamb. de com. de Cette.
EATONE
En comparant ces chiffres à ceux précédemment donnés, pour la période de 1830 à 1843, on est amené aux constatations suivantes. Nos exportations à destination de la Russie sont restées stationnaires. Les sorties pour la Hollande et la Belgique ont légèrement baissé et la décroissance continue, Nos exportations à destination de l’Allemagne, si l’on groupe Zollverein et Villes libres, présentent à peu près les mêmes chiffres. Les sorties pour l’Italie s'étaient considérablement accrues de 1850 à 1865, puisqu'elles :se chiffraient par 38 mille hectos environ en 1843, par 150 mille en 1865 ; mais, à partir de cette date, elles décroissent régulièrement, suivant en celà le même mouvement que les exportations françaises: en 1860, la France exportait en Italie 370.000 hl environ; en 1866: 288.000 hl; en 1872: 87.000 hl; en 1876: 27.000 h1. On ne peut accuser ici les droits de douane, car ils étaient les plus modérés de l’époque; nos vins payaient 6 francs par hecto; le commerce cettois remarquait cependant avec amertume, à la même époque, que nous accueillions les vins italiens au droit minime de trente centimes par hecto. La véritable raison de la décroissance de nos exportations à destination de l’Ttalie tient au fait que, vers 1860, les surfaces vitifères de cette nation furent considérablement augmentées : à tel point que d’importatrice elle devint bientôt exportatrice de vins. De moins en moins, elle aura donc recours au commerce cettois et aux vins du Midi, dont elle trafiquait avec la Dalmatie et la Grèce. C'était désormais une vieille et bonpe cliente qui #ous échappait. Lies exportations à destination du Danemark et de la Suède se maintinrent aux mêmes chiffres. Aux Etats-Unis d'Amérique, malgré les tarifs élevés et les procédés vexatoires de la douane, nos exportations avaient considérablement augmenté. Enfin nos sorties pour le Brésil continuaient à décroître, tandis que celles à destination de l’Argentine étaient en hausse. Ces deux derniers pays étaient les marchés de prédilection du commerce de Mèze qui, travaillant par le port de Cette, se confondait avec notre commerce local.
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