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partie à l’Etranger, cette production régionale, et nous dirons plus loin comment Cette remplissait son rôle d’exportateur.
$ 2. — ENCORE LA CONCURRENCE, ALCOOLS pu NoRD
= Malheureusement pour l’industrie régionale et le commerce local, l'importance des produits méridionaux ne put se maintenir, Les eaux-de-vie de vin eurent trop tôt à se défendre contre de nombreux concurrents. Avec les idées nouvelles sur le commerce, il avait fallu déjà renoncer à l'interdiction paternelle que la Monarchie, un siècle auparavant, faisait peser sur les tafias, quildives et eaux-de-vie de: cidre \., Maintenant s’imposait la lutte contre un adversaire plus redoutable encore, parce qu'il allait grandir en puissance, profitant de l'extension d’une industrie nouvelle, l'exploitation de la betterave à sucre, et de la perfection des nouveaux appareils inventés. Il s’agit des alcools du Nord. | Les travaux 6pérés à l’époque du blocus continental pour donner du sucre national à la France n’avaient pas eu de résultat pratique, quant au sucre de raisin, mais notre commerce en avait tiré profit à un autre point de vue ?. Chacun sait qu'il en fut autrement pour la production du sucre de. betterave, qui n’a cessé depuis lors de prendre de l’importance. De ce côté, il y eut double profit: après le sucre on produisit les (alcools du Nord », en attendant que les progrès de la chimie aient donné à cette désignation un sens de plus en plus étendu. Il fallut bientôt compter avec cette concurrence, qu’on ne pouvait plus écarter par une supplique adressée au pouvoir royal, comme au xvrrr° siècle. Vers 1850, la fabrication des trois-six du Nord atteignait déjà 150.000 1, tandis que l'Hérault, l’Aude et le Gard en produisaient encore 500.009 HI. à
1 Voir l'* partie, chap. IV, $ 4.
2 Voir 4 partie, chap. I, $ 1.
Déjà le commerce se plaignait de ce nouveau danger ; les producteurs d’esprits et les propriétaires encore davantage. En 1846, la propriété fait entendre sa plainte € sur l’exportation de nos eaux-de-vie que nous voyons décroître alors que l’exportation des vins a suivi un accroissement constant. Une des principales causes de cette diminution se trouve dans la concurrence que font à nos alcools de vins ceux fabriqués avec des betteraves, les pommes de terre et les grains ». On ne trouve qu’un remède à cette situation: une diminution des droits à obtenir des Etats qui reçoivent nos produits. On observe qu’en Angleterre
les eaux-de-vie françaises sont frappées d’un droit de 22 franes le gallon d’esprit-de-vin à 56°, soit 235 francs l’hl. En Prusse, le droit est de 150 francs ; dans les autres parties de l'Allemagne, les droits deviennent prohibitifs. Lorsque les Etats du Zollverein établirent, en 1843, le droit de 150 francs par hl sur nos eaux-de-vie au lieu de celui de 75 francs, on lisait: Çavec le blocus fiseal, nous verrons les eaux-de-vie de France chassées des marchés ».
En 1845, la Chambre de commerce de l'Hérault dit au Ministre: « Nous avons été chassés des marchés des pays où les fabriques d’eau-de-vie de pommes de terre et de grains existent; puis, en 1844, les fabricants étrangers ont poursuivi leurs avantages. La Russie d’abord est devenue leur tributaire, ensuite la Bohême et une partie de l'Italie, enfin, au mois d'octobre dernier, plusieurs chargements d’eau-de-vie sont partis de Hambourg pour Buenos-Avyres et s’y sont vendus avec avantage. L’eau-de-vie de 86° cent. coûtait au mois de mars, à Hambourg, la barrique, 87 fr. En y ajoutant le fret, l’assurance pour la Méditerranée, soit 12 francs, on a le prix de 99 francs. Elle est prohibée, en France, mais à Alger, avee les droits de 25 %, soit 35 fr, la barrique coûterait 134 francs. La même barrique à 86°, en alcool français, coûterait à Alger 250 francs. Ainsi sur le territoire français, même à nos portes, l’eau-de-vie de poinmes de terre peut nous faire concurrence ; doit-on s’étonner, si elle encombre nos débouchés étrangers? » On se plaint de la protection accordée aux intérêts manufactu-