LE MOUVEMENT MARITIME. LES TARIFS DE PÉNÉTRATION
‘: Pendant cette période, notre port connut un mouvement maritime intense, et ceci d’autant plus qu’il était devenu, grâce notamment aux tarifs de pénétration (dits encore d'importation), un des principaux points de transit des vins espagnols à destination de l’intérieur de la France et spécialement de Paris.
La voie la plus naturelle et la plus économique pour les vins destinés à la capitale était la voie maritime (Gibraltar-Rouen). De ce port, les vins pouvaient gagner Paris par la voie ferrée ou par la Seine. Mais Cette, par sa proximité de l'Espagne et les relations traditionnelles que son commerce entretenait depuis longtemps avec Barcelone, Valence et Alicante, devait attirer à lui une partie de ce transit. Nos compagnies de chemins de fer, et le P LM
spécialement par son tarif P. V. 206, facilitèrent ce détour-nement. Ce tarif cotait le transport Barcelone-Paris via Cette ou Marseille à 52 francs (42 fr. en pratique) la tonne, dont 23 fr. 50 étaient attribués au fret maritime et 28 fr. 50 au transport ferroviaire. Certains protestèrent contre ces tarifs qu'ils accusaient de favoriser sur le marché parisien Jes vins espagnols au détriment des vins français, puisque le coût du transport Cette-Paris était de 28 fr, 50 pour les premiers et de 39 fr. 70 pour les seconds. CPétait mal comprendre la question. À cette époque, nous avions incontestablement besoin de l’appoint des vins étrangers : la voie naturelle pour toucher le marché parisien était celle de Gibraltar-Rouen: le fret moven port espagnol- Paris était de 25 francs par tonne, pereu par le pavillon espagnol en grande partie. Le tarif P. V. 206 avait donc le mérite «€ d'enlever au trafic maritime opéré par pavillon étranger un tonnage important au profit de compagnies françaises de transport » ! I était done un bienfait pour Cette et pour la France, Plus tard, lorsque l’appoint étranger ne fut plus nécessaire, peut-être le tarif de pénétration devint-il une erreur, mais à cette époqu il était, semble-t1l, la vérité économique. En matière économique, il n’y a pas de norme éternelle et de doctrine absolue, il y a des circonstances variables auxquelles les institutions doivent être adaptées ?.
Le mouvement maritime de (C'ette atteignit une telle intensité que, de 1876 à 1890, les délibérations du Conseil municipal, les comptes rendus de la Chambre de commerce signalent à chaque instant l’abondance des arrivages, l’encombrement des quais, l'insuffisance de l’entrepôt et des diverses annexes. Aussi, dès 1877, la Ville établissait-elle, d'accord avec la Chambre de commerce, un nouveau tarif
1Ch. com. Cette, lettre du ministre des Travaux publics, 25 mars 1891.
2 [a question du Tarif P. V. 206 eut un écho au Conseil munieipal. Voir rapports Jean Goudard et Julius Peyre, délib. du 10
octobre 1893,
de l’entrepôt et prescrivait-elle le gerbage des futailles sur trois rangs !. En janvier 1878, l'inspecteur principal des douanes signalait qu'il y avait sur les quais plus de 1.000 futailles qu’on n’avait pu loger ni à l’entrepôt réel ni dans les annexes. Nous avons déjà noté, en traitant des entrepôts de coupage, que la Ville était continuellement en quête de nouveaux locaux. En 1882, par contre, le mouvement de l’entrepôt se ralentit sensiblement en raison des nouveaux droits de douane de 2 francs”.
Puisque nous examinons la question vinicole à Cette sous l’aspect du mouvement maritime, nous croyons utile de donner les chiffres de l’importation des vins cotés en tonnes :"
nero 29.399 Hn 1884 215.467 En +0 19.682 AR PAT Re 257.708 PES ES 0. 39.727 RS Gen 367.965 LT INR 85.862 LE RATES 413.000 21880 0 212.810 Se 440.000 al one 209.336 2 TR OAN 338.402 meunier 01472 MTS 376.000 LEARN RAATE 300.000 PÉTEO DR 370.378
Si l’on retient le chiffre maximum de 1888, soit 440.000 tonnes, il est facile de concrétiser l’importance de ce tonnage, en songeant qu'il représente près de 700.000 fûtstransports.