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LES LIAISONS DE CETTE AVEC SON ARRIÉRE-PAYS

Quelle est la valeur de l'outillage extérieur du port ?

Cette est bien relié, à l'arrière, mais seulement sur la carte, car ses voies de communication, excellentes lors de leur établissement, sont devenues maintenant tout à fait insuffisantes, soit en elle-mêmes, soit dans leur fonctionnement. Cet état de choses n'est pas particulier à Cette : M. Crolard, député, dans un rapport à la Commission des Travaux publics de la Chambre, écrivait : « Si, avant la guerre, nos ports manquaient de moyens mécaniques de déchargement, ils étaient plus dépourvus encore de moyens d'évacuation en rapport avec le développement de leurs quais et postes d'accostage. On peut dire qu'aucun de nos ports ne possédait les installations nécessaires pour évacuer vers l'intérieur les marchandises qu'on y pouvait décharger. »

Les défectuosités de la liaison de Cette à l'arrière

étaient bien connues des intéressés ; des projets d'amélioration avaient été établis, et ce n'est point la faute de la Chambre de Commerce s'ils dorment dans les dossiers. La guerre a secoué la toq^eur économique et ces projets semblent devoir entrer dans la voie des réalisations. Dans le présent, Cette est relié à son arrière-pays régional et à la zone d'influence des ports du Sud-Est par les trois modes de transport : par route, par fer et par mer.

Les routes.

Pour dégager un port, les routes sont bien moins importantes que les voies ferrées et les canaux : les événements ont toutefois accru récemment leur rôle ; l'emploi des camions automobiles pour les besoins locaux et régionaux s'est développé dans de fortes proportions, en raison de la crise du charbon et de l'utilisation intensive des huiles minérales. Aussi même pour les ports, la question des routes est plus qu'autrefois à l'ordre du jour. Elle se pose pour Cette qui était à l'écart du réseau routier.

Cette /anomalie s'epcplique. A. l'époque romaine, les cordons littoraux n'ayant aucune continuité, le réseau routier devait tout naturellement longer le nord des étangs. La situation géographique de ces parages était excellente pour une concentration de routes. Ce fut, en effet, au nord-ouest de l'étang de Thau que se joignirent les trois voies qui allaient soit par Narbo Martius à Tolosa ou à Illibcris, soit par Nemausus vers Massilia ou vers Lugdunum, soit par la haute vallée de l'Orb et le pays des Ruthènes aux

go LE PORT DE CETTE

pays des Cadurci et des Arverni. Les chemins de Brunehaut, les routes de Sully, de Colbert, du dixhuitième siècle, de Napoléon et de Louis-Philippe, ont suivi les traces des voies romaines. Aujourd'hui encore, la route nationale qui traverse la plaine du Bas- Languedoc longe la côte Nord de Tétang de Thau et reçoit à Montpellier les routes qui mènent à Lodève, Millau, Rodez et Mende d'une part, à Alais et au Puy de l'autre. A cinq kilomètres de Montpellier, se détache de la voie principale l'embranchement qui dessert Cette et qui s'y termine en cul-de-sac. Cette route n'est guère utilisée que par le commerce tout à fait local : vins de propriétés environnantes, engrais, matériaux de construction employés dans la région, soufres, bois travaillé dans les usines et les entrepôts qui bordent la route.

Cette situation est fâcheuse pour le trafic du port et a soulevé depuis longtemps de justes protestations. Elle écarte de Cette les très nombreux automobilistes qui fréquentent la grande voie du Bas-Languedoc : pour visiter Cette, en effet, les touristes doivent quitter la voie principale et faire deux fois le même trajet. On projette donc une route de Cette à Agde. Sa réalisation permettrait de passer par Cette sans faire de détour : le commerce y trouverait son bénéfice, la ville et le port seraient plus connus. L'établissement de cette route favoriserait le trafic par camions qui viennent de la direction de Béziers et font deux fois le trajet Mèze- Cette, soit près de loo kilomètres, alors qu'une cinquantaine seulement séparent Béziers de Cette.

Le projet de rectification a été définitiment adopté ces temps derniers, mais son tracé a soulevé de justes

protestations : on a choisi le moins pittoresque et le plus coûteux ; il longe les rives mal odorantes de l'étang de Thau, au lieu de suivre le littoral.

Les chemins de fer.

Jusqu'ici, le port de Cette a été desservi, surtout, par chemins de fer, les canaux ne transportant de ou pour Cette que de 180.000 à 200.000 tonnes par an et les chemins de fer de i million à i million et demi. Résultat dû à ce que les canaux fonctionnent mal, tandis que, de par sa situation. Cette est la tête de lignes importantes dont l'exploitation remonte à

D'abord la voie principale du réseau du Midi : Cette-Toulouse-Bordeaux, d'où se détache, à Béziers, la ligne des Causses (Millau, Marvejols) et, à Narbonne, la ligne de la Catalogne (Perpignan, Barcelone). Ensuite, la ligne Cette-Tarascon (P.-L.-M.) qui relie notre port à l'une des artères vitales de la circulation française : Paris-Marseille. A Montpellier et à Nîmes, se détachent les embranchements sur Alais et la ligne des Cévennes (Langogne, Clermont-Ferrand). Nous portons dans les tableaux ci-après les distances de Cette aux principales localités en relations avec le port.

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