SERMON PRÊCHÉ A BRUGES
(ci-dessvis p. 6).
1 Nous publions ce sermon d'après l'édition originale imprimée, exemplaire de la Bibliothèque Nationale, coté D 8655, et d'après la version manuscrite conservée dans la même bibliothèque , Mss. français, n« 24.725. Voir sur cette édition notre Bibliographie maillardihe. Le manxiscrit et l'édition étant contemporains , nous avons établi notre texte en choisissant dans l'un et dans l'autre les formes les meilleures et les plus rapprochées de l'orthographe actuelle. Nous indiquons les variantes, d'ailleurs
très-peu nombreuses, qui distinguent le manuscrit de l'édition. L'orthographe seule diffère, à vrai dire.
9 En i5oo, Pâques étant le 19 avril, le 5« dimanche de Carême, ou dimanche de la Passion, était le 5 avril.
' s Nous veulle donner sa paix] Nous rencontrons, dès cette seconde ligne, l'un des traits les plus caractéristiques qui distinguent l'orthographe du manuscrit de celle de l'édition. Dans l'édition , la diphthongue eu , quand elle forme la première ou l'unique syllabe d'un mot, est presque toujours représentée par œuy et dans le manuscrit par eu. Ainsi l'édition imprime oeuure, poeuple, poeult , poeut, poeur, sœuly voeulle, voeult, vœulx; et le manuscrit porte euure, peuple, peult (il peut) , peut (il put) , peur, seul, veulle (veuille), veult (il veut) , veulx (je veux). Nous ne relèverons pas ces variantes une à une, il suffit de les avoir indiquées ici. Mais il est aisé de reconnaître là l'influence de l'orthographe flamande ou germanique, qui écrit oé et prononce eu, par exemple , Goethe pour Gueuthe, etc. Il suffirait de ce trait pour montrer que l'orthographe du manuscrit est plus française, et plus proche par conséquent de l'orthographe personnelle de Maillard, que celle de l'édition imprimée.
* Verba hec graficantur] Graficare ou graphicare ^ écrire, dans le sens de tracer des signes graphiques, mot de basse latinité dérivé de graphicus. Notons d'ailleurs que ces paroles ne sont pas écrites dans la Bible tout à fait comme Maillard les rapporte. Voici la leçon de la Vulgate : Dixit Josue ad omnem Israël: Vociferamini ; tradidit enim vobis Dominus civitatem; sitque civitas hœc anathema , et omnia quœ in ea sunt Domino, Que cette ville soit ana-* thème, et que tout ce qu'elle renferme soit [réservé] au Seigneur! (Lih. Josue, cap vi.)
5 Détenu"] retenu.
« Anujrt] Aujourd'hui ; l'orthographe régulière serait enhuiy du latin in hodie, qui est lui-même pour in hoc die.
7 Qui ne le verre\] Nous dirions : t qui ne le reverre\ jamais. » L'édit. et le ms. portent verre^^ qui est d'ailleurs aussi logique que reverre^.
* Frère mon amy, nous n'y entendons rien] C'est Tau* ditoire que Maillard fait parler ainsi. Il emploie fréquemment dans ses sermons cette forme dialoguée, qui donne au discours beaucoup de mouvement et d'originalité.
' Tel] Sic ms. L'édit. impr. porte itel.
10 Et c'est de quoy ie veulx suader en mi le teusme elle* gué] Et c'est ce dont )e veux vous persuader, au mo]ren (en mi) du thème allégué, c'est-à-dire du texte placé ea tite du sermon : Sit ciuitas Iherico anathemOf etc.
11 Les parolles, ce sont les paroles du texte, e^estlaméme chose que le teusme allégué.
^ Voilà le premier des fameux Hem hem hem, qui ont &it à ce sermon une réputation exceptionnelle, justifiée d'ailleurs par l'originalité de sa forme et le mouvement de son style. A ce point de vue, c'est un monument à peu près unique dans la littérature du XV* siècle. Mais on n'a voulu y voir que ces hem hem, encore les a-t-on vus tout de travefs. On a cru y découvrir t un signe de l'éloquence tousseuse » d'Olivier Maillard (Gabriel Peignot, Notice sur O. Maillard, p. i8, en tête de VHist. de la Passion imprimée par Crapelet en 1828; et Predicato^ inana, p. 75-76). Pour d'autres, ces hem hem, placés i en marge » indiquent c les endroits du sermon où le prédica» tcur devait s'arrêter pour tousser » (A. Veinant, Èpitaphe d'O. Maillard), Or ce triple hem ne se trouve nulle part placé en marge, mais en pleine page, au milieu d'un large blanc, comme nous le reproduisons ci-dessus. Il ne désigne nullement les endroits où devait tousser le prédicateur , mais ceux où il s'arrêtait pendant une du deux minutes, pour respirer et pour laisser à son auditoire le temps de tousser et se moucher , comme cela se pratique encore aujourd'hui entre les diverses parties ou points
d'un sermon de longue haleine. Aussi ces £uneux hem hem marquent-ils tout simplement la fin de Texorde et de chacune des parties du sermon de Maillard. C'est donc une chose assez simple, qui ne méritait pas tant de bruit. Mieux eût valu remarquer le mérite sérieux et Toriginalité réelle du texte lui-même.
*3 Bien eurée] bienheureuse.
^* Commencement] Sic édit. — c Commenchement i ms.
^* Nous aurons au commencement une belle question théologale.] Les sermons de Maillard ont d'ordinaire quatre parties : i® Texorde; 2® la question — question de théologie scolastique ou de droit canon, — quelquefois suivie d'une parabole; 3^ une exposition sur l'évangile ou sur l'épître du jour ; 40 un sujet de morale. Les deux premières parties n'étaient que le préambule du sermon, les deux autres en formaient le corps, on les appelait parties principales.
A* // gist en raison] Il est établi par la raison.
*' Par itel si] sous telle condition.
*• Cesquefois] chaque fois.
^* Tire^ oultre"] Tirez* la conséquence, allez au delà.
^ Le docteur soubtilj l'Escot] Jean Scot, né à Dune en Ecosse, d'où on l'appelait aussi Duns Scot ; mort à Cologne en i3o8.
SI Ce n'est pas le docteur subtil qui était c vne faulse beste », mais c'est lui qui avait dit : Celui-là même c qui estoit vne faulse beste » (c'est-à-dire une bête aveugle , dit Peignot) il veoit cler comme vng lusar (lézard) quod si capitur contricio tanquam displicencia offense, [semper renovari debet]\ sed si capitur tanquam deletiva culpe, tune unica sufficit, » Ce qui achève d'embrouiller ce passage, c'est que l'édition, comme le manuscrit, omet dans la citation latine les mots que nous avons mis entre crochets, ou autres de signification analogue, indispensables pour compléter le sens de la phrase.
M Qu*en dictes vous , dameSy sere^-^vous bonnes théologiennes?] Dans le 34<> sermon de TÂvent prêché par Maillard à Saint-Jean en Grève en 1494, il y a une apostrophe toute semblable: < Leuetis capita, domine hurgensesj eritis hone theologiane? Timetisne damnari ? Quot sunt de vobis que presto sunt mori si Deus vocaret vos ? Dicatis veritatem, • (Edit. i5o6, £«89 v®.)
^^ Vous y deve^ le guet] Vous devez y veiller. Métaphore empruntée à la langue féodale : les vassaux protégés par un château ou par une place forte y devaient , en temps de guerre, faire le guet à tour de rôle.
M Ame] Sic ms. L'édit. porte arme. Du latin animay par la suppression de Vi (bref, atone), est venu anmay d'où anme et arme. Cette dernière forme a fini par disparaître, l'autre est devenue amme et âme.
** Orisons] oraisons.
2« Degecté] repoussé.
^7 Desserui] mérité.
38 Permettre l'appel à un condamné à mort , mais seulement après l'exécution, c'est en effet un fort mauvais tour , ou plutôt une plaisanterie sinistre, dont Maillard a raison de croire que les hommes sont seuls capables.
29 On achate] Sic ms. — L'édit. impr. porte t Von achate. »
w le cuyde que celluy là ne mentist oncques du premier] c'est-à-dire, je pense que t le commandement divin » (celluy-là) ne dément point le premier des commandements de l'empereur dont on a parlé, c'est-à-dire la loi qui interdit l'appel au serf condamné à mort.
3* Et du second, frère, qu'en dire^-vous] Le second, c'est le second commandement de l'empereur, c'est-à-dire la seconde loi civile dont il vient d'être question, suivant laquelle une vente devient nulle si l'acheteur manque à une seule des conditions mises par le vendeur.
33 Saint laques nous eu parle en sa Canonique] C'est le nom qu'on donne à Tépître de saint Jacques , qu'on appelle aussi Épttre catholique. Le passage cité (chap. ii. y. 10) est ainsi dans la Vulgate : Quicumque totam legem servaverit, offendat autem in uno, factus est omnium reus.
33 Velà le texte, à lapaine du livre"] Pour la peine seulement d'ouvrir le livre.
34 L'imprimé et le ms. portent Ca illa; ni dans l'un ni dans l'autre on ne voit clairement si cela fait un ou deux mots, l'intervalle entre Va et 1'/ étant plus large qu'entre deux lettres du même mot, et moins qu'entre deux mots différents.
35 Une fouît qu'ung petit trou pour noyer la plus grant nauire qui soit sur la mer , etc.] Maillard aimait cette comparaison, qui est saisissante. Dans le Carême prêché par lui à Paris en 1498, à Saint-Jean en Grève, vers la fin du i4« sermon, on lit : t Levate corda vestra. Quando estis omnes in una riparia in una navi, sufficit unum foramen ad suhmergendum navem. Similiter, in una domo, sufficit unum foramen unius latronis ad omnia dependendum. Volo dicere: non sufficit servare novem precepta, nisi decem servetis. • (Édit. de i5o8, f. 35 v^.) La comparaison de ce latin avec le français correspondant du sermon de Bruges montre combien Maillard eût gagné à ce que ses discours nous fussent venus sous la forme et dans la langue où il les avait prononcés.
36 A ceulx qui sont là en cette courtine, le Prince et la Sua Altese la Princesse] Ce prince était Philippe, dit le Beau, archiduc d'Autriche, fils de l'empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne, né à Bruges le 22 juillet 1478, marié le 21 octobre 1496 avec Jeanne, infante d'Espagne, fille de Ferdinand, roi d'Aragon, et d'Isabelle, reine de Castille. C'est cette inûmte que Maillard interpelle ici en lui donnant son titre espagnol la Sua Altese, Après
k mort cflabelle {16 novembre i5o4), Philippe le Beau et sa fi**"î"<^ forent roi et reine de Caittillp ^ ra et reine (fEspagne en mai i5o6. Philippe moomt à BorgosY cette année même, le 23 septembre, et sa femme, devenue a sa mort foUededonleor, yécutdanscetétat jnaqn'an laarril i555. Elle avait donné à son mari trois enfimts, dont rainé, né â Gand le a5 fiEvrier iSoo, fixt le célèbre empereur et roi Charies Quint.
Dans la cadiédrale de Bruges, pour entendre le sermon de Maillard, le prince et la princesse étaient ptacés sur nne estrade surmontée d^nn dais et entourée de draperies on courtines, ayant autour d'eux les seigneurs de leur suite diamarrés de la Toison d'or, les principaux ofiSciers de leur maison. Tous passent par la verge de Maillard.
^ Chéucyn] Sic édit. imp. — Ms. porte c ekesam ».
s> Les chataliers de FOrdre] L'ordre de la Toison d'or, créé par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 1439.
>* Qu'ai çue vous plaist] Que cela vous i^aise ou non : fuidquid inde vohis plaeeat.
^ Vngdemjr lot de vûi] Un lot de vin, c'était la quantité de vin attribuée à un seigneur ou â un officier de la cour de l'archiduc, nourri par le prince.
^A Jeunes garches'] Ce mot de garche, garce ou garse n'avait alors aucun sens fâcheux ; féminin de gars^ il servait simplement à désigner à la fois les femmes et les filles. Toutefois, dans ces aliances dont Maillard leur ordonne de se défaire, on ne saurait voir des anneaux de mariage, mais des gages d'amour.
*2 // ny a ne sy ne qud\ Il n'y a pas d'objection qui tienne ; nous dirions : Il n'y a ni 5/ ni mais. Maillard aimait fort cette expression; on la retrouve dans sa chanson et dans sa ballade, que nous publions ci-dessus, voir pp. 43 et 44.
*s Jeune gaudisseur, là, bonnet rouge! il faut laisser vof regard^. • . il n'y a de quoy rire, non !] Ces apos*
tropHes, par lesquelles Maillard s'adressait directement à certains de ses auditeurs, en les désignant de telle sorte qu'on ne pût s'y tromper, ces saillies étaient chez lui assez fréquentes. Dans rAvent de Saint-Jean en Grève, par exemple, au 41^ sermon on lit : c Dominicum tunica rubea, velletisne mori in tait statu in quo estis nunc ? Lusistis ista nocteau glic? ^/ vos, domicelle qui ostenditis pectora vestra? Et tu qui rides, respicisne meretricem tuam? 3 (Édit. i5o6, f. 106 yo.)
M // se fouit garder de tous les commandemens de Dieu] se garder d'en enfreindre aucun.
** On a ici l'indication des deux dernières parties (3« et 4«) du sermon; et l'on voit que le second Hem hem hem a pour objet de séparer la question théologale, c'est-à-dire la 2« partie , de l'exposition évangélique , qui forme la i~ psurûc principale ou la 3« partie de tout le sermon. (V. cidessus note 1 5), et qui commence ici. — Quant à la formule : f Nous aurons deux parties et, les deux parties déclarées, nous aurons la fin », — on la retrouve textuellement dans le i^ sermon du Carême de Maillard prêché à Paris, a Saint-Jean en Grève, en 1498: c In hoc sermone erunt due partes : quitus habitis , statim erit finis. » (Edit de 1 5o8, f. 3 v«.)
^ C'est l'évangile du dimanche de la Passion , en saint Jean, chap. VIII, v. 46 à 55.
^ Dans les Âvents et les Carêmes de Maillard, il n'est pas rare de trouver deux sermons prononcés le même jour, l'un ante prandium, et Vautre post prandium.
*• La riglé] La règle.
^' // of] Il entend, audit; à la ligne suivante : « Vous ne l'oe\ pas », vous ne l'entendez pas. — Et un peu plus bas, ils qyent, ils ouent, ils entendent.
w Qui florette ceste matère] Floreter une matière, c'est la traiter avec agrément, en l'ornant de fleurs, en la dé-
Yeloi>paiit, récUircismit par de belles pensées, de belles paroles et d*iiigénieax raisonnements.
SI Qui ne viennent] Le mot ne, indispensable au sens, manque dans l'édit. et dans le ms.
** Ces] Sic ms. — c ses i, édit. impr.
*3 Ceulx ç^] Sic édit. — i ceulx chy •. Ms.
M Baisse^] Sic ms. — a Baissiez > Impr.
^* Votre chambré]. Votre logement. Dans les voyages d'une cour princière, le maréchal du palais marquait à la craie la chambre destinée à chacun de ceux qui accompagnaient le prince : de là la métaphore de Maillard.
^ Pro quia] Sic ms. et édit. Il y a probablement quelques mots omis.
K7 // reste le second] Le second point, la seconde partie principale, 4* et dernière du sermon, laquelle dans les sermons latins de Maillard est d'ordinaire annoncée ainsi : Quantum ad secundum principale, etc.
^ SeptimCy pour septiesme, est à la fois dans le ms. et dans redit.
59 L'histoire de Rahab, c la bonne femme qui /o^a (logea) les explorateurs et les espies (espions) i, que Josué avait envoyés à Jéricho avant d'attaquer cette ville, est racontée en détail au chap. II du Livre de Josué.
«0 Eut] Sic ms. — L'édit. porte t ot. • 6» Se Dieu plaist] S'il plaît à Dieu.
«2 Faultabatre le bollewercq, Vauant'mur et la muraille.'] Bollewercq, c'est le mot allemand lui-même [bollwerk^ fortification) d'où est venu notre français boulevard. Au XV« siècle, on appelait boulevard une sorte de ravelin ou fortification avancée, ordinairement de forme semi-circulaire ou semi-elliptique, qu'on élevait devant les portes et les points fsdbles de l'enceinte. L'avant-mur était construit
sur le rebord extérieur du fossé, de fkçon â laisser passer un chemin de ronde entre le haut de la contrescarpe et cet avant-mur, qu'on appelait aussi une braie. — De l'autre côté du fossé, au dessus de l'escarpe, se dressait la muraille, formant l'enceinte de la place, dans l'intérieur de laquelle s'élevait le château, qui avait ses défenses propres. — Pour prendre une place , il allait successivement forcer le boulevard, l'avant-mur, la muraille, et alors restait â emporter le château ou citadelle. — On voit que frère Maillard a su disposer très-congrûment cette suite de métaphores tirées de l'art militaire.
«s ContempnerJ mépriser ; du lat. contemnere.
«* Apres il fault faire] Sic édit. impr. — t Apres fault il faire, i ms.
«* Touttesfois si ne daignerojre ie pechier] Si est ici le sic latin , n'ayant d'autre rôle que de renforcer l'affirmation.
w Vng homme muable] irrésolu, de volonté changeante et incertaine.
$7 68 69 70 Nous avous suivi pour ces noms de nombre l'orthographe de l'édition imprimée ; le manuscrit porte sixime^ troisime et quatrime.
^^ Ily a environ cincq ans, petit plus ou petit moins] La prédication que Maillard rappelle ici ne semble pas nous être parvenue, même par analyse. La date qu'il indique concorderait aisément avec l'Avent prêché à Saint- Jean en Grève, en 1494; mais dans cet Avent il ne traite pas la matière de la restitution. Il l'avait traitée en grand détail dans son Carême de Nantes ; mais ce Carême est beaucoup plus ancien , car il fut — comme nous le verrons — l'une des premières campagnes apostoliques de notre orateur, et Maillard avait commencé de prêcher dès 1460.
En i5oi, prêchant de nouveau le carême à Bruges , toujours sur le thème Sit civitas Iherico anathema , il fit
de nouveau retentir mutour de la villa maudite, et encore le dimanche de la Passion (x8 mars i5oi), cette quatrième trompille de la restitution, et en tira des accents très-vi6, dont l'écho sous forme latine est venu jusqu'à nous, comme suit : c CloHgai mmc quarta tuba et diaUur omnibus pro destructiome Iherico: Reddite cmnihus débitai Peccata manque confiteri minimte suffieit pro soluté consequenda^ nisi et damnum illaium quis restituere ixtendat. — Audite koc^ advocaii causas injustasfoyenteSy natariifalsificatores^ falsarii mercatores, mechanici decipientes , et generaliter omnes et singuli qui alienum kabuerunty quia de necessitate restituere tenentur. Grave profecto verhum , sed tamen veritate plénum : Reddite omnibus débita! i Puis il entre dans un détail étrange de tous ceux qui font tort à leur prochain, depuis les princes jusqu'aux vendeurs de marée, depuis les prélats jusqu'aux bouviers (détail que nous retrouverons dans le Carême de Nantes), et alors il s'écrie le cœur navré : Och I dura conditio hominum hujus tempo* ris! Quis reperietur de habitatoribus huius seculi qui non damnificaverit? Et tamen de restitutione nullafit mentio!^ Du moins s'ils tombent au goufPre étemel, ces pécheurs qui ne veulent pas réparer leurs torts , ce ne sera pas la faute du prédicateur, chaque tirade de son sermon a pour refrain : c Quotquot alienum habuerunt reddere debent, vel in infemo damnati erunt *. i
'* J5/«cAier] blesser.
7^ Ce que tu ne vouldrois que Von te fist} Ce ««, indispensable pour le sens, est omis dans le ms. et dans l'impr.
7* EscouttesteteSy Escabins], Le second de ces titres répond au français échevin. L'autre est un mot tout allemand, Schultheis^, maire, juge ; en Suisse, avoyer ; plur. Schulteis^e^ sur lequel est calqué Escoultestetes.
7s Et toutte tele manière de buyllon] c. à d. de billon, de petite monnaie : tout le fretin des petits magistrats de ce genre.
* Noimm dipersorum sermonum opus, parte prima.
^ Qui compose^ les poures gens] qui forcez les pauvres gens à composer avec vous, à vous payer des compositionSy des rançons, pour s'affranchir de vos vexations.
^ Vo^pechte![] Edit. et ms. portent t vous péchiez, • fitnte. ^^ De même ci-dessus, p. 1 2 ligne 7 : au lieu de c yof( subgetz > édit. et ms. portent « vous >, faute.
7t 7f ao SI — i^ ms. porte cincquisme, quatrisme, dncquimej sixime.
*> On doit donner à ceulx qui ont disette] Sic édit. imp. — « Oest'à-dire à ceulx qui ont disette » Ms.
•» Ms. porte septisme.
M Au lieu de c qu'il nous a faitcz », Téd. et le ms. ont c qui », &ute.
*• Le blancq iœudî]. Le jeudi saint. Ms. et édit. mettent un 4), à jeudi {joeudi).
u » ts Ms. porte qucUrime, cincquime, sixime.
•• Receu"] Sic. édit. impr. — Ms. porte « recheu, » •• Veu/uel Sic ms. — Édit. impr. porte t veusue. » — Cette c dame veuve » était Marguerite d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien et sœur de l'archiduc Philippe le Beau. Née en 1480, elle avait été fiancée dès 1433 au roi de France Charles VIII qui, ayant en 1491 épousé Anne de Bretagne, renvoya Marguerite d'Autriche à son père lorsqu'il conclut la paix avec lui par le traité de Senlis (23 septembre 1493). Marguerite épousa en 1497 rinfmt don Juan, fils et héritier présomptif de Ferdinand V, roi d'Aragon, et d'Isabelle, reine de Castille, frère Im-méme de l'infante Jeanne, mariée en 1496 à Philippe le Beau. — L'infant don Juan mourut le 14 octobre 1498 d'une chute de cheval. Lors du sermon de Maillard, Marguerite d'Autriche était donc veuve depuis moins de deux ans. Elle se remaria en i5oi à Philibert II, dit le Beau, duc de Savoie, qui mourut le 10 septembre i5o4.
Marguerite , devenue en 1 5o6 gouvernante des Pays-Bas, conserva cette vice-royauté jusqu'à sa mort, survenue en i53o.
91 Cet explicit c Chy finist» n'est qûe'Hansie ms.