LA HALTE
trois heures de l'après-midi, les pre- ■s éléments du 95", le colonel en tête, pent au carrefour Nord de Souville.
après le général Reibell nous rejoint.
DUS apprendrons plus tard que le gé- 1 Reibell en quittant sa brigade le in à Sommedieue s'est rendu à Sou- ... Là le général C lui a dévoilé
e la gravité de la situation : les Alleds ont pénétré dans le bois des f osles • et ' divisions, écrasées sur première position ont dû se replier la deuxième qui va de Samt^eux u'à Ornes ; la seule troupe disponible • arrêter rennemi est la • brigade ; ut que les deux régiments de cette ade s'engagent à fond, le plus tôt posi, en dépit des fatigues, jusqu'au derhomme si cela est nécessaire, - sans
i que celle de mettre tacle à la poussée des
)ell communique ces de B . Pendant
; avons fait halte un irrefour. Les hommes UT les talus, tellement la plupart ils restent ent et les yeux clos, en les cadavres.
t direction de Douauinue de gronder sang ( s'est rapproché brusun canon apparaît, juis un autre, puis un mtôt les caissons, les 3, les cuisines roulanune interminable file, sont nerveux ; les bêtes sont épuisées ; les véhicules eux-mêmes paraissent exténués. C'est un fracas de jurons, de coups de fouet, d'essieux grinçants. Beaucoup de fuyards vont tête nue.
Dans les yeux se lit une épouvante animale et certains regards furtifs, jetés en
%, disent la peur de la poursuite
xieusement je quête des nouvelles :
Des nouvelles ? me répond un conur de roulante à l'uniforme indécis.
sUes sont jolies, les nouvelles I Les is ont rompu nos lignes. On se bat le campagne.
Toute une armée ennemie s'avanc« t un autre. Impossible de résister.
> se sont mis dans la tête qu'ils vou-
Verdun et (( ils » l'auront...
1 caissons d'artillerie passent. Je îde à un maréchal des logis où sont ices de ces caissons :
Là-bas, me répond-il sans se retoursn pointant un doigt derrière son
mots me serrent le cœur et je m'é-
Pous ne voulez pas dire au moins DUS les avez abandonnées !
Oh non, soyez tranquille, ajoute le hal des logis avec une sombre iroles ne sont pas abandonnées. Lei s les ont sûrement recueillies, rejoins ma section. Déjà mes hom-
mes oonnaîssent les mauvaises nouvelles.
Ils se sont levés et parlent avec animation. J'essaye de mettre en doute les renseignements fournis par les artilleurs. Je cite des cas analogues de bâtons flottants.
On m'écoute, mais est-on convaincu ?
J'en doute. Même les plus timides de mes hommes, même ceux qui osent à peine me parler d'ordinaire, je remarque qu'ils prennent part à la conversation, qu'ils discutent mes arguments, la voix aisée, le regard haut. L'approche du danger nivelle les distances ; ce phénomène, je Tai maintes fois noté, au cours de combats ou de bombardements particulièrement terribles.
N'ai-je pas vu un caporal prendre le commandement de sa section, pendant une ruée à travers des ouvrages ennemis, les deux sergents étant présents ? N'ai-je pas vu un colonel accueillir les conseils d'un adjudant sur la meilleure façon de garder une tranchée conquise ? Et est-il une seule attaque au cours de laquelle je n'aie tutoyé mes hommes ?...