‹ Ceux de VerdunChapitre 21 sur 58 · EN AVANT · texte numérisé non relu

EN AVANT

Soudain un coup de corne du commandant C . Les hommes se rassemblent et les ordres suivants sont communiqués aux compagnies :

« Le bataillon va se disposer en colonne de compagnies dans le champ à gauche de la route. Les faisceaux seront formés ; on prendra la tenue d'attaque : les vivres de réserve dans la musette ; les outils portatifs à la ceinture ; les toiles de tente et les couvertures en sautoir* Les havre-sacs seront laissés sur place sous la garde d'un planton. Cinq minutes sont accordées pour l'exécution de ces divers mouvements. »

Alors, le moment redouté est venu ?

Nous allons à notre tour, nous lancer dans la .bataille ?...

vfé regarde les hommes avec une crainte... Quelle impression va produire sur

eux cet ordre, après les fatigues accumulées de ces deux jours ?

Mais je ne peux tout d'abord deviner leurs pensées. L'action les occupe. Ils descendent les talus, se rassemblent, se hâtent aux divers mouvements qui leur ont été prescrits. Et puis des problèmes se posent. Faut-il laisser dans le havre-sac qui va être abandonné tel ou tel objet, telles ou telles provisions de bouche qui peut-être seront bien utiles demain ? Ou faut-il se charger le plus possible au risque d'alourdir la marche ?

Des hésitations, mais brèves, d'autant plus brèves qu'un shrapnell éclate soudain vers notre gauche puis un autre vers notre droite, près de la route : les projectiles nous encadrent.

Vite les paquets sont roulés, nous nous formons en lignes de section par deux, et en avant, par dessus la route de Fleury, puis à travers la prairie, qui monte vers le bois de la Caillette...

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