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CHAPITRE XXI

GODFERDOM 1

BU après la tombée de la nuit, le capie Blanchot me fait appeler.

- Lisez, me dit-il, eu me tendant ub ier.

i lis et n'en peux croire mes yeux ; un ordre de relève !

st-il possible que nous sortions de cet r ? La stupéfaction des hommes égale ienne. Je m'étais, pour ma part, tellet habitué à l'idée de tomber là, parmi amarades dont les cadavres spnt épars >ur du village, que l'annonce de cette 7e me fait l'effet d'une résurrection, ous apprendrons plus tard que nous ons quitter Douaumont au début de >urnée, mais le colonel de B , qui

ait à la fureur de l'artillerie ennemie, attaque imminente, craignit que la e ne fût trop dure pour des troupes 'elfes, ignorantes des ressources et des Is de leur nouveau secteur.

DÛUAUMONT 189

Il demanda et obtint — très facilement, on s'en doute — la « faveur » de garder nos positions jusqu'à la nuit.

La nuit tombée, des officiers du nouveau régiment arrivent, précédant leurs unités.

Nous leur passons les consignes, et Compagnie par Compagnie, la relève cornmence.

Le commandant C , malgré ses

souffrances, ne peut se décider à se séparer de ses hommes. Il pleure comme un enfant. Il recule son départ jusqu'au dernier moment et il faut un ordre formel du maj or pour qu'il se. laisse emporter sur un brancard.

Seule de toutes les compagnies, la onzième doit, pour les nécessités de la relève, rester sur ses emplacements toute la nuit et toute la matinée du lendemain.

Cette circonstance lui vaut l'honneur de repousser une nouvelle attaque.

Vers 3 heures et demie du matin, on entend en avant des réseaux un bruit suspect. Deux jeunes caporaux, Foulié et Michaad, les deux frères jumeaux de l'héroïsme, qui jamais ne laissent passer une

occasion de risquer superbement leur vie, vont d'eux-mêmes en reconnaissance, sans solliciter Tautorisation préalable.

A ceux qui s'indigneraient de cette indiscipline, je souhaite de n'avoir jamais sur la conscience de faute plus grave...

Ils reviennent et annoncent que deux torts groupes de Boches, arrivés en colonne par quatre, sont en train de couper les fils qui demeurent intacts. Quand les Boches ont aperçu les deux caporaux, ils leur ont crié :

— France ! Godferdom !

Que prétendaient-ils par ce juron en flamand ? Espéraiént-ils se faire passer pour des Belges égarés ?... Cette hypothèse ne serait indigne ni de la grossière malice des Teutons, ni de Tinvraisemblable naïveté française.

Mais le capitaine Dubourgdieu, qui commande la compagnie, est tout le contraire d'un naïf. Il fait ouvrir le feu de tous ses fusils à la fois. Surpris par la rafale, les Boches s'abattent. Leurs râles et leurs gémissements percent le tumulte des balles, puis s'apaisent peu à peu dans le grand calme de la mort.

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