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de rompre de pareils liens, et peut-être seront-ils plus inclinés à croire que l'amour ardent de la vérité par-dessus tout peut seule donner la force de certains sacrifices.
Et que ceux-là vous jettent la pierre pour avoir tant tardé à venir vers la vérité pure, qui n'ont jamais connu l'angoisse d'abandonner une mère pour toujours, sans recevoir plus rien de sa tendresse, que des appels anxieux auxquels on ne peut répondre, des lettres désolées qu'on baise en sangtant, avec toujours dans la pensée cette torturante certitude que la mère adorée va mourir sans le suprême embrassement de son enfant.
Votre mère” n’est plus. Vous avez éprouvé le besoin de remplacer sa tendresse par un noble et réconfortant amour. Vous vous êtes marié. Les catholiques, triomphants, vous ont jeté à la face, comme une injure, votre titre d'époux.
« Les chiens aboient, la caravane passe !,.. » Vous laissez dire et vous attendez, tranquille, le jugement de l'avenir. Il saluera en vous l'un des pionniers hardis du progrès. Il s’arrêtera, ému, devant votre tendresse filiale. Il ne vous félicitera pas moins d’avoir témoigné, par un acte décisif, que toute vertu s'abrite au foyer domestique.
Et nous, les jeunes, nous vous imiterons, vénérable ami, sans souci de l’insulte. Nous irons avec fierté vers la femme choisie, vers la compagne digne de tout amour, avides que nous sommes de replacer dans notre vie quelque chose de la paix inoubliée et de la douceur, hélas! en allée, des divins
baisers maternels.
Jean DALNoy.