L'EXCOMMUNICATION DE TOLSTOI
En même temps, l'excommunication de Tolstoi venait augmenter l'émotion de tous ceux qui, ébranlés dans leurs convictions, contemplaient cette débâcle générale de toutes les orthodoxies. Tolstoi non plus n’a pas attendu qu’on le mette à la porte et nous pouvons lui donner sa place parmi ceux qui s'en vont.
Voici un extrait de la lettre que la comtesse Sophie- Alexandrine Tolstoi adressait au haut procureur Pobienostoff.
Moscou, 26 février/11 mars 1901.
...Mon indignation et ma douleur sont immenses.
Non pas que de ce document résulte la mort spirituelle de mon mari : c'est là affaire à Dieu, non aux hommes. Au point de vue religieux, la vie de l’âme demeure un mystère impénétrable à chacun, et cette vie, grâce au ciel, ne relève d'aucun pouvoir.
Mais quand je vois cette excommunication prononcée par l'Eglise à laquelle j’appartiens et ne cesserai jamais d’appartenir ; que le Christ a établie afin qu’elle consacre, au nom de Dieu, chacun des actes les plus solennels de la vie de l’homme: naissance, mariage, mort; dont la mission est de proclamer la loi de charité, la loi de pardon, l'amour de nos ennemis et de ceux qui nous haïssent; qui doit à tous ses prières ; — alors je ne comprends plus...
...Comment, d’un mot, ne pas dire aussi la douleur que m'a faite une autre mesure insensée prise récemment : l’ordre secret par lequel le saint-synode interdit aux prêtres, en cas de décès de Léon Nicolaïévitch, de l’enterrer à l’église ?
Qui veut-on frapper ? Le mort, la dépouille insensible de l'homme, ou ses proches, les croyants qui l'entourent ? Si c'est une menace, à qui s’adresse-t-elle, et que vise-t-on ?
Croit-on vraiment que je ne trouverai pas, pour célébrer le service funèbre de mon mari et prier pour lui à l’église, un bon prêtre insoucieux des hommes en face du vrai Dieu d'amour, Où un mauvais prêtre qu’une offre d'argent mettrait à ma discrétion ?
Mais cela même n'est pas nécessaire. Les renégats ne sont point ceux qui s'égarent à la recherche de la vérité, mais ceux qui, placés par leur orgueil même à la tête de l'Eglise et infidèles à la loi d'amour, d'humilité, de miséricorde, ont fait œuvre de bourreaux spirituels. Dieu sera indulgent à ceux qui, même en dehors de l'Église, ont vécu de la vie d’humilité, de renoncement aux biens de ce monde, d'amour et de dévouement; son pardon leur est mieux assuré qu'à ceux
É pd rer 2 Li le Cr PR É LRR L à LR A SRE RE rs
nt es miîtres et les décorations sont constellées de pier- -reries, mais qui frappent et retranchent — mauvais bergers — de l'Église dont ils sont les pasteurs.
Comtesse Sophie Tozsroï.
M. l'abbé ROUFFET, prêtre du diocèse de Limoges.
...Funestes effets, ravages que causent au prêtre son état - de vie solitaire. Je parle par expérience personnelle, sans le - moindre parti-pris, dans toute la plénitude de ma raison sûre “et réfléchie. Je mets au défi mes ex-confrères de nier les — efroyables ravages et déchéances physiques, intellectuelles et morales auxquelles infailliblement nous voue notre genre 04: de nie.
… Nous mourons et nous nous consumons alors à petit feu. Aux cris ardents, désespérés de l'être, de l’âme, que sais-je ? ; la nature, de la sève, de l'amour, aux aspirations, aux
être pour lanimer, l'embrasser, lui communiquer le flambeau la vie, on répond au prêtre : « Non, meurs, ou tu es infâme d'être naturel. » Alors finalement et en effet l'œuvre de desiction et de mort s'achève dans la nuit du séminaire, du fe Où du presbytère, en apparence endormi et calme, et nent tant de sombres drames aux poignantes
ni sombre, désespéré, parfois devient fou, très Ye sis
ment neurasthénique , nerveux, hypocondriaque, dégradé. Est-il besoin de vous dire que c'est déjà assez pour quitter
M. l'abbé CONANGLE,
prêtre du diocèse de Périgueux.
M. l'abbé Conangle, curé de Sergeac, a demandé au maire de sa commune d'afficher son mariage. Quinze jours après, dûment laïcisé dans l'intervalle, il venait à la mairie pour contracter mariage. L'assistance était nombreuse et la population a été à peu près unanime à féliciter le curé marié. >