RATES
Re reve NOIRE
n jusqu'à la fin de mes jours, Jésus-Christ avec fidélité à son
ai
Evangile et affranchi de la crainte des hommes. Oui, je suis convaincu que l'Evangile seul, le pur Evangile, éternellement jeune, égal à toutes les situations, contemporain de tous les temps, l'Evangile avec ses rayonnements de vie débordant autour de lui, l'Evangile avec la sainte liberté qu’il met dans les âmes, l'Evangile seul tient le mot du problème de l’avenir.
Et vous, mes frères aînés dans le pastorat, qui avez bien voulu me faire l'honneur de participer à ma consécration, et qui attendez de moi la confirmation de vos espérances, permettez-moi de vous dire en deux mots comment j'envisage les devoirs d’ün pasteur.
À mon avis, le pasteur doit être avant tout un homme de conscience, foncièrement honnête, n’acceptant que ce qu'il juge vrai, ne disant que ce qu'il juge bien. Il faut ensuite qu’il soit un chrétien convaincu, pénétré de l'excellence de l'Evangile et de la sainte utilité de son ministère. Dans cet état d'âme, il doit être à la fois un conservateur et un homme de progrès, il doit retenir de la tradition tout ce qu’elle a d’excellent et . se rendre compte des aspirations qui sont autour de lui et non moins légitimement poussent le monde en avant.
Il n'aura à cœur qu’un désir : l'avancement du règne de Dieu. Ce n’est pas à Luther, ce n'est pas à Calvin qu'il con-
vertira les âmes, c'est à Jésus-Christ.
Vis-à-vis de ses collègues, 1l s'inspirera de l'esprit le plus
… fraternel. L'idéal serait qu'on püt dire des pasteurs ce qu'on
disait des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s'aiment ! » Si cet idéal est inaccessible, du moins, il convient que l’on
… noublie pas la recommandation de saint Paul qui faisait la
part de la faiblesse humaine : « S'il se peut, et autant qu'il dépend de vous, ayez la paix. »
Vis-à-vis de son Eglise, il sera respectueux des idées dog-
. maätiques, des habitudes religieuses et des formes auxquelles
il ne pourrait toucher sans scandaliser les faibles. Mais ce respect n'ira pas jusqu'à encourager ce que sa conscience l'obligerait à désapprouver. Il n’oubliera pas qu'il n'a pas le droit de mettre sous le boisseau la lumière que ses études, ses expériences religieuses, sa connaissance de l'Evangile et du cœur humain ont fait briller devant lui, n'oubliant jamais qu'il n’a qu'un seul maître et que l'Evangile est la souveraine auto-
rité à laquelle il doit compte de son administration, et qu'il doit édifier son Eglise dans la vérité.
O Christ, je sais en qui j'ai cru. Ton front brille d'une céleste pureté ; ton regard serein et tendre nous sonde, nous juge et nous subjugue tout ensemble. Sur tes lèvres, il n'y a que des paroles de vérité divine, de sainteté et d'amour. En toi nous mettons notre confiance entière, absolue, notre foi. Ta vie est sainte, le trait caractéristique en est l'humilité, l’abnégation, le dévouement, elle aboutit au suprême sacrifice. Tu nous parles de l’amour du Père et du pardon qu'on trouve auprès de lui : « Il t'aime, il veut te recevoir, laisse-toi réconcilier avec lui. » Oh ! obtiens-moi de ton Père glorieux, pour cette chère paroisse de Celles, la sainte folie du sacrifice et du dévouement dont la croix du Calvaire est le divin symbole.