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CHAPITRE IX BAUDELAIRE A L'HOTEL PIMODAN

Baudelaire n'en fut que plus pressé de s'afïranclilr d'une vie de famille insupportable. Sa mère gardait de son éducation anglaise la religion des bienséances, un souci exagéré de « cant » et de « respectability ». Son beau-père avait contracté de sa double qualité d'officier-diplomate des habitudes rigides de discipline militaire et de rectitude administrative auxquelles le jeune homme ne pouvait s'adapter. Il semble que ce milieu gourmé l'ait exaspéré jusqu'au supplice :

11 est bon, écrit-il quelque part, que chacun de nous ait éprouvé, une fois dans sa vie, la pression d'une odieuse tj'rannie. Combien de natures révoltées ont pris vie auprès d'un cruel et ponctuel militaire de l'Empire? La pauvre et généreuse nature, un beau matin, fait explosion ; le charme satanique est rompu, il n'en reste que ce qu'il faut : un souvenir de douleur, un levain pour la pâte.

La nature de Baudelaire explosa. Il était majeur, il se fit rendre des comptes de tutelle et, riche des 75.000 francs qui lui revenaient, courut s'offrir à son destin.

Plein des illusions de la jeunesse, affranchi désormais (il le croyait) des soucis matériels, il pensait pouvoir vivre en beauté et réaliser son rêve de dandysme. Il s'installe provisoirement quai de Béthune, puis rue Vaneau.où il ne fait qu'un tour, et vient habiter dans ce coin, paisible et frais, de

Tîle Saint-Louis, le célèbre hôtel Pimodan, séjour élu des princes de la bohème.

La bohème ne comprenait pas que des gens besogneux. Il y avait la bohème des fils de famille, la bohème dorée ; c'était celle de Gautier, Houssaye, Gérard de Nerval, Nestor Roqueplan, Ourliac. C'est à celle-là qu'appartenait Baudelaire, L'autre, la vraie, était celle de Murger, de Champfleury, de Barbara, de Nadar, mais les deux se mélangeaient et se visitaient réciproquement, courant de chez Paul Niquet au restaurant Philippe et du café Procope au Divan Le Peletier. Encore faut-il noter que si Baudelaire se, laissait incorporer au clan de la bohème, c'était uniquement par son goût de vie libre et indépendante, mais il détestait d'en avoir l'air. Il pensait, comme Barbey d'Aurevilly, que la bohème est une des plus grandes abjections d'une société sans feu ni lieu.

A l'hôtel Pimodan, Baudelaire occupa, sous les combles, moyennant le prix annuel de 350 francs, un appartement un peu mansardé, composé d'une antichambre, d'une grande pièce et d'un cabinet, dit AsseUneau, de plusieurs, dit Banville.

La grande pièce était tendue, y compris le plafond, d'un papier à rayures, alternées, rouges et noires. Une seule fenêtre l'éclairait, sur les quais. Au dire d'Asselineau, Baudelaire avait dépoli les carreaux du bas, pour ne laisser entrer de l'extérieur que le ciel ; mais la preuve qu'il savait regarder, c'est qu'il nous dit :

J'ai eu longtemps, devant ma fenêtre, un cabaret rouge et vert qui était, pour mes yeux, une douleur délicieuse.

L'appartement était meublé d'un guéridon en noyer, aux bords sinueux, d'un secrétaire italien, de larges fauteuils d'acajou recouverts de housses grises. Divers tableaux ornaient les murs. Le portrait miniature de M™« Aupick « au long cou » se voyait en bonne place. Les livres étaient remisés dans les cabinets adjacents. C'étaient surtout des livres d'auteurs

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anciens dans leur reliure du temps ; des vieux classiques que Baudelaire affectait de lire exclusivement. Les camarades de bohème qui venaient, pour la première fois, chez Baudelaire s'étonnaient du luxe inusité d'un tapis. Le poète y répandait des parfums (des flacons de musc à vingt sous, dit Nadar) (1). Il disposait d'un valet de chambre silencieux et correct.

Ce qui démontre l'infirmité des témoignages humains, c'est que Nadar et Banville, rendant compte de la visite qu'ils firent à Baudelaire ensemble, le même jour, ne concordent pas dans leur version. Banville multiplie les dépendances du logement, voit autant de cabinets autour de la pièce principale que de pétales autout d'un cœur de marguerite (2) et y entasse à profusion les objets d'art. Le moderne guéridon en noyer devient un luxueux meuble ancien. Là où Nadar ne voit qu'un impressionnant portrait de femme de l'école italienne, Banville découvre un authentique chef-d'œuvre de Delacroix et entonne, en son honneur, un hymne extasié. Mais Ban\'ille était si plein de lyrisme que le moindre choc en amenait le débordement. Son imagination flambait à tout comme un feu de paille.

Il y a des cas pourtant où le lyrisme dé Banville s'accorde avec la réalité et n'en est que l'expression. L'un de ces cas, le plus imprévu, est celui où il nous trace le portrait de Baudelaire à 20 ans :

O rare exemple d'un visage réellement divin, réunissant toutes les chances, toutes les forces et les séductions les plus irrésistibles I Le sourcil est pur, allongé d'un grand arc adouci... L'œil long, noir, profond... le nez gracieux, ironique... La bouche est arquée et affinée déjà par l'esprit, pourprée et d'une belle chair... Le visage est d'une pâleur chaude, brune, sous laquelle apparaissent les tons roses d'un sang riche et beau... Une barbe enfantine, idéale, de jeune

(1) Nadar, Ch. Baudelaire intime (Blaizot, édit.).

(2) Théodore de BANvnxE, Baudelaire. (La Renaissance littéraire et artistique numéro du 27 a'.Til 1S72.

dieu... Le front haut, large, magnifiquement dessiné, ^'orne d'une noire, épaisse et charmante chevelure naturellement ondée et bouclée (1).

Voilà de quoi étonner ceux qui ne connaissent de Baudelaire que le portrait placé en tête des Fleurs du Mal, de l'édition Calmann-Lévy. Comment reconnaître dans cette face glabre, au front dévasté, au rictus fatal, au regard hallucinant dans son étrange fixité, la riante image de Ban\ille? Banville a raison pourtant. Ici son témoignage s'accorde avec celui du peintre Deroy qui nous montre le jeune Baudelaire en « lion ultra-fashionable », accoudé au fond d'une vigilante rêverie, dans une attitude délicieuse de flegme et de nonchaloir.

C'est que Baudelaire, esprit précoce, est à ce moment en pleine possession de son génie. C'est sa période heureuse, sa phase de splendeur. Les Fleurs du Mal, qui ne seront pubUées qu'en 1857, ont été presque entièrement composées de 1840 à 1845. Le poète est encore inédit, mais ses vers manuscrits courent de main en main dans les cénacles. On les sait par cœur dans les crémeries de la rue Dauphine et de la rue Saint- André-des-Arts, dans les académies et les ateliers d'artistes. Il les récite partout, au Rendez-vous des Quatre billards, dans les « débits de consolation » et les caveaux de la rue aux Fers, àBelleville, à l'Ile d'Amour, et surtout à Plaisance, au cabaret de la mère Saguet. Leur force subjuguante s'est imposée. Baudelaire inédit était déjà célèbre. Avant même qu'il ait publié les Fleurs du Mal, son nom revenait avec tant d'insistance dans les conversations d'hommes de lettres qu'un jour (1846) Théophile Gautier qui ne connaîtra Baudelaire que plus tard, agacé, confiait à Asselineau :

Il adviendra de ce Baudelaire ce qu'il est advenu de Pétrus Borel. On disait : « Quand il paraîtra, Hugo n'existera plus. » Il a paru. Ce n'était rien.

(1) Th. DE Banville, Mes souvenirs (Charpentier, édit.).

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Peut-être Gautier se vengeait-il d'avoir lu dans l'Écho des Théâtres (25 août 1846), les lignes de Baudelaire :

Théophile Gautier est un banal enfileur de mots. Gros, paresseux, lymphatique, il n'a pas d'idées et ne fait qu'enfiler et perler des mots à la manière des colliers d'Osages.

O ironie de la destinée 1 Ces deux hommes qui se mésestimaient en arriveront, pour avoir joué, un moment, devant la galerie, la comédie de l'admiration mutuelle, à passer à la postérité, liés d'une étreinte indissoluble.

qHAPITRE X LE DANDYSME DE BAUDELAIRE

Pourtant Baudelaire ne se soucie point d'être confondu avec le professionnel homme de lettres. Il aurait horreur d'écrire par métier. Composer des vers n'est pour lui qu'un moyen de parfaire le dandy qu'il veut être. C'est un signe de distinction, de supériorité ; c'est un surcroît d'élégance ; une fleur à la boutonnière.

Son ambition, c'est d'utiliser ses loisirs à s'affiner par la méditation, à cultiver sa sensibilité, à s'accroître intérieurement d'une riche moisson spirituelle.

Il ne faut pas voir dans le dandysme de Baudelaire une conception frivole ; l'unique souci d'occuper, coûte que coûte, la galerie et de régenter la mode ; un futile essai de singularité. C'est tout autre chose. Être dandy à son sens, c'est « aspirer au sublime ».

Le mot dandy, écrit-il, implique une quintessence de caractère et une intelligence subtile de tout le mécanisme moral de ce monde.

Il dit encore :

Le dandysme est, avant tout, le besoin ardent de se faire une originalité, contenue dans les limites extérieures des convenances. C'est une espèce de culte de soi-même, qui peut survivre à la recherche du bonheur à trouver dans autrui, dans la femme par exemple ; qui peut survivre même à tout ce qu'on appelle les illusions. C'est le plaisir détonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être

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étonné. Un dandy peut être un homme blasé, peut être un homme soufirant ; mais dans ce dernier cas, il sourira comme le Lacédémonien, sous la morsure du renard.., un dandy ne peut jamais être un homme vulgaire. S'il commettait un crime, il ne serait pas déchu peut-être ; mais si ce crime naissait d'une source triviale, le déshonneur serait irréparable... Il y a une grandeur dans toutes les foHes, une force dans tous les excès. Le dandysme est une espèce de religion. La règle monastique la plus rigoureuse. Tordre irrésistible du Vieux de la Montagne, qui commandait le suiciae a ses disciples enivrés, n'étaient pas plus despotiques ni plus obéis que cette doctrine de l'élégance et de l'originalité, qui impose, elle aussi, à ses ambitieux et humbles sectaires, nommes souvent pleins de fougue, de passion, de courage, d'énergie contenue, la terrible formule : Perinde ac cadaver !

Que ces hommes se fassent nommer : raffinés, incroyables, beaux lions ou dandys, tous sont issus d'une même origine ; tous participent du même caractère d'opposition et de révolte ; tous sont des représentants de ce qu'il y a de meilleur dans l'orgueil humain, de ce besoin, trop rare chez ceux d'aujourd'hui, de combattre et de détruire la trivialité. De là naît, chez les dandys, cette attitude hautaine de caste provocante, même dans sa froideur... Le dandysme est un soleil couchant ; comme l'astre qui décline, il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie.

Le caractère de beauté du dandy consiste surtout dans l'air froid qui vient de l'inébranlable résolution de ne pas être ému.

La doctrine du dandysme, telle que la conçoit Baudelaire, est une doctrine spiritualiste. Elle pose en principe, sans s'inquiéter des contingences, une affirmation bénévole, et elle entend que tout y soit strictement subordonné. Elle fait une réalité d'un postulat. Elle enseigne à se méfier, en philosophie, du bon sens, en art, de l'inspiration, en amour, de l'instinct, en toute chose, du sentiment. Le beau seul est sa loi.

Cette doctrine s'apparente au stoïcisme, parce qu'elle exige de ses adeptes qu'ils surmontent les passions vulgaires pour conquérir l'insensibilité. Elle n'admet ni retours, ni transactions, ni défaillances. Le dandy \it devant son miroir. Cela ne veut pas dire qu'il passe son temps à s'adoniser, mais qu'il doit être héroïque sans interruption et ne jamais démentir, par un faux geste, aux yeux du monde, le masque de froide indifférence qu'il s'est composé. Il doit rester impassible et sourire même à la douleur.

Mais ce n'est pas assez d'imposer sa supériorité aux autres, il faut devenir « un grand homme et un saint pour soi-même )>. Toutes les conditions matérielles, compliquées, auxquelles le dandy se soumet, « depuis la toilette irréprochable à toute heure du jour et de la nuit, jusqu'aux tours les plus périlleux du sport, ne sont qu'une gj^mnastique propre à fortifier la volonté et à discipliner l'âme ».

Le dandy se trouve ainsi amené à ne considérer en tout que l'effort et à se faire une nécessité de l'artifice. Ce mot d'artifice a été mal compris. Il ne s'agit pas ici de l'esprit d'intrigue et de mensonge. C'est l'artifice du génie corrigeant l'imperfection naturelle et la sauvagerie de l'instinct. C'est à cela que s'emploie la civilisation, et la morale ne se propose pas autre chose. Baudelaire pense que tout ce qui est naturel est abominable. Cette théorie n'a rien de subversif. Elle est contenue dans l'idée du péché originel. Or, Baudelaire estime, après elle, que « la civilisation n'est pas dans le gaz ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes, mais dans la diminution des traces du péché originel ».

Qu'on ne s'étonne pas, après cela, de l'importance que Baudelaire donnait à sa toilette. Il en fait une question de moralité. Sa préoccupation est l'harmonie des couleurs. Courbet (Musée de Montpellier) nous le montre en élégant costume marron, cravaté d'éclatant jaune d'or sur une chemise bleu pâle. Baudelaire s'était dessiné une forme d'habit dont la nouveauté avait stupéfié Nadar à leur première rencontre, par une après-midi ensoleillée, dans le jardin du Luxembourg.

C'était un habit noir, très évasé du torse, d'où la tête de Baudelaire sortait comme une fleur sort d'un cornet, et à basques infinitésimales (on les portait alors très larges), amenuisées en sifflet. Baudelaire se prévalait, ce jour-là, d'un pantalon noir sanglé par le sbus-pied, de bottes irréprochablement vernies, d'un col de chemise et de manchettes de linge blanc, sans empois, aux apparences de mousseline, et d'une cravate rouge-sang-de-bœuf. Il était ganté de rose pâle.

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La préciosité de ses gestes avait également impressionné Nadar qui nous dit :

Baudelaire procédait, dans sa marche, par saccades des articulations, ainsi que les petits acteurs en bois du sieur Séraphin, semblant choisir, pour chacun de ses pas, la place, comme s'il marchait entre des œufs ou qu'il craignît, par ce sable innocent, de compromettre le luisant de ses chaussures.

Le noir du costume aidant, le geste retenu, méticuleux, compassé rappelait les silhouettes successives du télégraphe optique qui se démantibulaient alors sur les tours de Saint-Sulpice, ou mieux, la g>-ninastique anguleuse de l'araignée, par temps humide, au bout de son m... (1).

Les soucis matériels viendront bientôt arracher Baudelaire aux bénéfices de la \ie contemplative et à ses pratiques d'ascétisme mondain. Deux ans lui suffiront pour dissiper la moitié de sa petite fortune. Ses parents, alarmés, décident de le faire interdire

C'est, pour Baudelaire, un coup terrible qu'il ne peut supporter, moins par amour de l'argent que par orgueil et souci de sa liberté.

Il écrit à sa mère :

Je te prie de lire ceci très attentivement parce que c'est très sérieux et que c'est un appel suprême à ton bon sens et à la tendresse si vive que tu dis avoir pour moi. Je te donne d'abord cette lettre sous le sceau du secret et te prie de ne la montrer à personne.

Ensuite, je te prie en grâce de n'y voir aucune intention de viser au pathétique, ni de te toucher autrement que par quelques raisonnements. L'habitude bizarre qu'ont prise nos discussions de se tourner en aigreur... l'état d'agitation dans lequel je suis, le parti pris chez toi de ne plus m'écouter, m'ont obligé à prendre la forme d'une lettre où je veux te persuader combien tu peux avoir tort, malgré toute ta tendresse.

J'écris ceci à tête bien reposée, et quand je songe à l'état de maladie dans lequel je suis depuis plusieurs jours, causé par la colère et l'étonnement, je me demande comment, par quel moyen, je pourrai supporter la chose accomplie. Vous ne cessez, pour me faire

(1) Nadar, op. cil.

avaler la pilule, de me répéter que cela n'a rien que de tout naturel et nullement déshonorant; c'est possible, je le crois, mais en vérité qu'importe ce que c'est pour la plupart des gens si c'est tout autre chose pour moi? Tu regardes, m'as-tu dit, ma colère et mon chagrin comme passagers ; tu présumes que tu ne me fais un bobo d'enfant que pour mon bien. Mais persuade-toi donc bien une chose que tu semblés toujours ignorer. C'est que, vraiment pour mon malheur, je ne suis pas fait comme les autres hommes. Ce que tu regardes comme une nécessité et une douleur de circonstance, je ne peux pas le supporter. — ...Tu peux quand nous sommes seuls me traiter de telle ou telle façon qu'il te plaît, mais je repousse avec fureur tout ce qui est attentatoire à ma liberté. N'y a t-il pas une cruauté incroyable à me soumettre à l'arbitrage de quelques hommes que cela ennuie et qui ne me connaissent pas ? Entre nous, qui peut se vanter de me connaître et de savoir où je veux aller, ce que je veux faire et de quelle dose de patience je suis capable ?

Sa mère ne veut rien entendre. Alors commence le douloureux calvaire de Baudelaire. Il doit abdiquer ses prétentions d'amateur, de dilettante et demander à la littérature ses moyens d'existence. Ses scrupules d'artiste, son souci de la perfection, qui ne lui permettent de travailler qu'à ses heures, compliqueront singulièrement sa tâche. L'originalité de ses productions inquiète les éditeurs et les directeurs de journaux. Ses gains restent dérisoires. On sait qu'il ne retira de la première édition des Fleurs du Mal (1857), en tout et pour tout, que la misérable somme de 250 francs.

Le 30 juin 1845, il est pris d'un tel accès de désespoir qu'il veut disparaître et se frappe d'un coup de couteau.

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