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CHAPITRE V L'EXIL A BRUXELLES

Baudelaire avait éprouvé une fois dé plus qu'il n'était pas de ceux que les corps constitués jugent dignes de considération.

Cet échec moral, s'ajoutant à tant d'autres et à ses infirmités physiques, contribua à empirer son état « d'une façon alarmante ». Ses dettes s'enflaient chaque jour. Il ne lui restait plus d'autre alternative, pour échapper à l'avidité des usuriers, que le suicide ou l'exil. Le suicide, il y songe depuis longtemps déjà. Ce qui le retient, c'est « la peur de laisser ses affaires embrouillées ». Il veut « laisser de quoi payer ». Il se décide alors pour l'exil.

Baudelaire débarque à Bruxelles le 24 avril 1864. Il pro* jetait ce voyage depuis longtemps, puisqu'il l'annonçait à ses amis comme imminent dans des lettres datées de 1862, et il est probable que s'il l'avait tant retardé c'était faute de ressources. La vie de Paris lui était devenue impossible avec la meute de créanciers, d'huissiers et de recors qu'il traînait à ses talons. Il devait fuir à toute vapeur n'importe où. Il s'était déterminé pour la Belgique, que lui avait vantée Stevens, à cause de sa proximité et aussi parce qu'il savait y retrouver son ami Poulet-Malassis qui, pressé par les mêmes nécessités, l'avait précédé dans l'exil et était allé fonder, à Bruxelles, une imprimerie clandestine d'où sortaient à la

fois des libelles contre l'Empire, comme les Propos de Labiénus, et la réédition des petits conteurs libertins du xyiii^ siècle, comme Andréa de Nerciat et Choderlos de Laclos. Baudelaire comptait, là-bas, rétablir ses affaires en vendant « aussi cher que possible » ses articles critiques à l'éditeur Lacroix- Verboeckooen et en y donnant des conférences. Il y savait le succès obtenu par nos nationaux, les proscrits de l'Empire. Et peut-être aussi songeait-il aux tournées fructueuses de Dickens en Amérique, de Longfellow et d'Edgar Poë en Angleterre. Il y avait là de quoi le piquer d'émulation au jeu.

Bien qu'il n'eût pas la facilité d'improvisation d'un Balzac, Baudelaire se plaisait à dire, comme lui, que l'homme de lettres, par son travail, remue des capitaux et il était toujours soutenu de l'espoir d'acquérir, un jour, la forte somme (1). Il attendait beaucoup de ses conférences. Dès octobre 1863, il avait fait agir Stevens et Poulet-Mal assis auprès de M. Vervoort, président de la Chambre des députés et du Cercle artistique de Bruxelles, pour lui en obtenir une série. Chacune devait lui être payée deux cents francs, ce qui, pour l'époque, représentait des honoraires fort acceptables. Ces conférences se donnaient alors dans le palais gothique qui fait face à l'hôtel de ville. Un commerce de grainetiersoiseleurs en occupait le rez-de-chaussée et les caves, mais l'étage restait réservé au Cercle.

Les retards de Baudelaire à son voyage lui furent préjudiciables. L'exercice annuel du Cercle venait de se clore et l'intérêt pohtique des réunions allait s'affaiblissant. Baudelaire devait parler cinq fois. La remise successive des séances annoncées laisse entrevoir déjà une difficulté d'organisation. La première lecture, annoncée pour le dimanche l®'' mai, n'eut lieu que le lendemain, à 8 heures d;i soir. Baudelaire

(1) Baudelaire avait raison d'espérer que ses ov.- i> r.virvjric.iissnt un jour € la forte somme ». Malheureusement cet espoir ne se réalisera qu'après sa mort.

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y parla de Delacroix. Théophile Gautier faisait l'objet de la seconde, qui eut lieu le 11 mai, à la même heure. C'était un sujet peu passionnant pour un auditoire libéral, qui tenait rigueur à Gautier de ses relations avec la princesse Mathilde et de sa situation de poète de cour, et il faut bien convenir que Baudelaire, d'ailleurs mal connu de la plupart de ses auditeurs, ne se présentait pas comme les conférenciers précédents, Madier de Montjeau, Bancel, Flourens, Ranc, Deschanel, avec l'auréole d'une victime du Deux-Décembre ni avec le renom d'Alexandre Dumas. Bien mieux, on lui faisait grief de son récent article contre Hugo à propos de Shakespeare et des airs de « mouchard » qu'il se donnait (1). Camille Lemonnier, qui assistait à la seconde conférence de Baudelaire, nous en trace un récit dans la Vie belge. Il croyait rencontrer une affluence considérable. Il trouve une salle vide où vingt auditeurs à peine étaient clairsemés. Baudelaire se tenait debout, en habit et cravate blanche, au milieu de l'estrade, dans le cercle lumineux d'une lampecarcel, posée, près de lui, sur la table :

A mesure qu'il parlait, un étonnement s'exprimait sur les visages, une déception, peut-être aussi l'inquiétude d'une secrète intention cachée sous une louange en apparence immodérée. Au bout d'une heure, l'indigence du public se raréfia encore... Il ne resta plus que deux banquettes. Elles s'éclaircirent à leur tour... Le poète n'eut pas l'air de remarquer cette désertion qui le laissait parler, seul, entre les hauts murs parcimonieusement éclairés. Une dernière parole s'entla comme une clameur : « Je salue en Théophile Gautier, mon maître, le grand poète du siècle. • Et la taille rigide s'inclina. Il eut trois saints corrects comme devant une assemblée véritable. Rapidement une porte battit, puis un huissier emporta la lampe. Je demeurai le dernier

(1) t J'ai passé ici, écrit Baudelaire, de Bruxelles, à M»* Paul Meurice, pour agent de police (c'est bien fait I), — grâce à ce bel article que j'ai écrit

sur le banquet shakespearien, — pour p le (c'est moi-môrae qui ai répandu

C€ bruit et on m'a cru !)... Exaspéré d'être toujours cm, j'ai répandu le bruit que j'avais /ué mon père et que je /'auai* mang^; que, d'ailleurs, si on m'avait permis de me sauver de l'-rance, c'était à cause des services que je rendais à la police irançaise. Lt on m'a cru !... Je uage dans le déshonneur comme un poisson dans l'eau. •

dans la nuit retombée, dans la nuit où sans écho était montée, s'était éteinte la voix de ce père de l'église littéraire.

La troisième conférence eut lieu le samedi 21 mai sur les Paradis artificiels. M. Ch. Tardieu y assistait, et il nous avoue que ce fut un désastre :

Baudelaire, pris d'un horrible trac, lisait et bafouillait, frissonnant et claquant des dents, le nez sur son manuscrit.

Pourtant M. Tardieu ne saurait être accusé de mauvaise foi. C'était un admirateur du poète, et il en veut aux Belges de ne pas l'avoir applaudi malgré tout. « Quel tas de crétins 1 ■ s'exclame-t-il.

Baudelaire devait donner encore deux conférences, l'une sur Edgard Poë, l'autre sur Constantin Guys, mais les organisateurs, en présence du four noir des précédentes, jugèrent prudent d'arrêter les frais. Non seulement cette suspension brusquée vint anéantir les projets de Baudelaire, mais il prétend qu'on ne lui offrit pas la somme convenue. On se serait excusé sur le manque de fonds pour ne lui verser en tout que la somme dérisoire de cent francs. Et voilà Baudelaire en proie à une crise de fureur. Il écrit à Manet :

Les Belges sont bêtes, menteurs et voleurs. Ici la tromperie est une règle et ne déshonore pas. Ne croyez jamais ce qu'on vous dira sur la bonhomie belge. Ruse, défiance, fausse afîabiUté, grossièreté, fourberie, oui.

Et ailleurs il constate mélancoliquement : « Tout a échoué. Le joli voyage ! » Ne lui parlez plus de la Belgique, « les arbres sont noirs, les fleurs n'ont aucun parfum, les femmes sont laides ». Pauvre Belgique que viendra tout à l'heure réhabiliter Verlaine. Pauvre Bruxelles qui devait inspirer des vers à Arthur Rimbaud et lui suggérer, dans les Illuminations, quelques-unes de ses visions les plus intenses. Pauvre Belgique que j'ai chantée dans la Couronne des Jours!

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Mais Bruxelles, à l'époque de Baudelaire, i)'a pas encore conquis son aspect définitif de capitale. Bruxelles n'a pas encore été haussmannisée. Bruxelles ressemble encore à une ville de province et en garde les mœurs.

Baudelaire est descendu hôtel du Miroir, tenu par Mme Lepage, 28, rue de la Montagne, hôtel assez confortable, mais le mal d'impécuniosité ne lui permet pas toujours d'y prendre ses repas. Il va, alors, dîner pour quinze sous, faro compris, chez Bienvenu, dans le faubourg. Pourtant le prix de la pension hôtel du Miroir n'était que de sept francs par jour, mais, en octobre 1864, Baudelaire se trouve endetté vis-à-vis de son hôtelier d'une somme de neuf cents francs. Il n'a même plus de quoi affranchir ses lettres ni se faire couper les cheveux. Il n'ose plus sortir, tant il ressemble à un « sauvage ». Il a engage sa montre au mont-de-piété. Ce lui est un supplice de travailler dans ces conditions, lui qui a la manie de consulter les aiguilles entre chaque ligne. Il se plaint d'être obligé d'attraper l'heure au vol par les vagues sonneries des horloges de la ville. Il fait froid. Pas de feu dans la cheminée. Il est malade, en proie à de puissantes insomnies. Pas de médicaments. Et pas un sou pour s'en procurer.

Malgré sa maladie, Baudelaire était astreint au travail forcé. C'est en Belgique qu'il corrige les épreuves des Histoires grotesques et qu'il publie les Épaves (1). Il songe à utiliser son séjour pour écrire un livre d'impressions sur le pays. A ce point de vue, il se met à le parcourir et entasse les notes. Bruxelles continue à l'exaspérer. Il en veut surtout à l'impiété des Bruxellois et à leur prêtrophobie. U ne trouve à admirer chez eux que des églises, mais il se plaît à Malines, où il ressent une impression générale de repos, de fêtes, de dévotion. Il est séduit par le magnifique aspect de capitale

(1) On avait prétendu que Baudelaire était resté étranger à cette publication. Il est prouvé aujourd'liui qu'il y participa, mais il voulait que cela eût l'air d'être fait à son insu. • Considérons que cela peut me nuire en Belgique ; il ne s'agit pas de l'opinion mais de la loi... J'ajouterai quelques notes que l'éditeur aura l'obligeance d'endosser. •

d'Anvers. A Namur, ville de Boileau et de Van der Meulen, il admire surtout l'église Saint-Loup, « merveille sinistre et galante ».

Il éprouve quelques heureuses distractions dans son exil. Il y compte des amis dévoués : Pouiet-Malassis, Stevens, Félicien Rops, M. Neyt, le photographe chez qui il dîne un soir en compagnie de Glatigny, que les hasards d'une tournée ont amené à Bruxelles, avec une troupe de comédiens.

En septembre 1864, Nadar vient faire une ascension au parc royal à l'occasion de la fête nationale belge, qui se célébrait alors à cette date. Son pilote, M. Georges Barrai, jeune homme de vingt ans, l'avait devancé de quelques jours pour prendre les dispositions nécessaires. Il trouve à la gare Baudelaire qui l'accapare. Baudelaire exulte à l'idée de prendre part à l'ascension. Il rêve de fuir en ballon et de se réfugier dans l'espace 1 Vivre dans les profondeurs de l'éther! Ne plus trembler à chaque instant qu' « un créancier lui saute au cou! » Et le voilà qui s'initie au mécanisme de la navigation aérienne. Il accable M. Barrai de questions, prend des notes, projette d'écrire un conte où tout se passerait làhaut, loin de la sottise et de la laideur, en plein azur constellé d'astres flamboyants. Il l'emmène déjeuner à Waterloo, dans l'auberge même où Hugo a vécu quatre mois. C'est une belle journée pleine de soleil. Baudelaire est si transfiguré qu'il admire le paysage. Il regrette bien l'absence des vignes, à cette époque des vendanges (septembre 1864), mais il s'extasie sur les vaches qui paissent autour de lui, sur les chevaux qui labourent et dont l'encolure puissante lui rappelle les coursiers du Parthénon. Après le déjeuner, il s'appuie au balcon et déclame à haute voix, devant la « morne plaine », le poème de Hugo, qu'il sait par cœur, mais l'émotion le brise. A sept heures du soir, pris de frissons, il demande qu'on attelle la carriole pour rejoindre, à Hal, le train à destination de Bruxelles. Le lendemain, jeudi, il assiste, à l'hôtel de la Poste, au banquet offert par Nadar, où se retrouvent Alexandre Dumas, Charles et François Hugo, Gustave

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ï'rédérix, Berardi, mais seul, dans l'animation générale, sombre et renfrogné, il y fait triste figure. Il n'avait pu prendre part à l'ascension du Géant, ascension heureuse puisque le ballon, parti du jardin botanique, atterrit sans encombre, quelques instants après, entre Yprcs et la mer. Ce lui fut une vive déception.

Durant que Baudelaire était en Belgique, Hugo vint s'y réinstaller provisoirement (de mai 1865 aux premiers mois de 1866), en \'ue du mariage de son fils Charles avec M"« Alice Lehaene. Il fit élection de domicile rue de l'Astronomie, dans le quartier Saint- Josse. Entre les deux poètes, une sourde hostilité subsistait. Tout les séparait : l'art, la vie, la poUtique (1). Baudelaire se crut pourtant obligé, en sa qualité de littérateur français égaré sur le territoire belge, de rendre visite au grand proscrit. Le maître le reçut cordialement et le retint à dîner. Bien mieux, il lui fit promettre de revenir chaque mercredi, jour auquel il tenait table ouverte. Baudelaire devint ainsi pendant huit mois, c'est-à-dire tant que son état de santé le permit, hôte assidu du logis. Ce n'est pas qu'il fût revenu de ses préventions contre celui ■qu'il appelait un « âne de génie » ni qu'il trouvât un charme bien vif aux lieux communs humanitaires qu'on développait à sa table, mais il s'y rendait d'autant plus volontiers qu'il était sûr d'y retrouver M™^ Hugo, la sensible et touchante Adèle Foucher, comme lui affinée par les épreuves et qui lui portait une affection quasi maternelle.

Elle lui était d'abord apparue sous un jour ridicule ; le 8 mai 1865 il écrivait à sa mère : « J'ai été contraint de dîner hier chez M™« Hugo, avec ses fils (il a fallu emprunter une chemise). — Mon Dieu! qu'une ancienne belle femme est donc ridicule quand elle laisse voir son regret de n'être plus

(1) Louis Bahthou. op. cil.

adulée! » Mais il était revenu depuis sur cette mauvaise impression, et le 16 février suivant il avouait : « C'est décidément une bonne femme. Elle a exigé que son médecin vînt me voir. »

Et il y avait, entre eux, le souvenir émouvant de Sainte- Beuve. Baudelaire afîectait, vis-à-vis des autres convives, une politesse froide et distante. Il se tenait coi et replié, durant le repas, volontairement indifférent aux interminables palabres du maître pontifiant, aux théories sociales et aux projets d'éducation internationale de François-Victor Hugo. Il attendait impatiemment le moment de se lever de table pour gagner, dans le salon, le coin propice où il avait licence de s'isoler et d'échanger de furtives confidences avec son intelligente et douloureuse amie. Et puis venait l'heure de la musique. Hugo se piquait peu d'un goût éclairé dans cette matière. Ce qu'il aimait surtout en musique, c'était le bruit. Peu lui importait le choix des morceaux. Il accueillait avec la même faveur un Nocturne de Chopin ou un refrain d'Offenbach. Et, à la rigueur, il se fût aisément passé de cette distraction, mais la nouvelle M^e Charles Hugo, folle de musique, avec cette audace de la jeunesse qui sait se faire tout pardonner, avait installé bravement un piano dans ce campement improvisé. Elle s'était consacrée à la musique de Wagner, aidée en cela par un compatriote, M. Frédérix, autre admirateur fervent du maître de Bayreuth, et tandis que se déroulaient les accords de Parsifal ou la marche du Tann/zaiisez-, Baudelaire, malade et vieilli avant l'âge, écroulé dans un coin, la tête dans les mains, revivait sa jeunesse. 11 retrouvait là l'écho de sa ferveur ancienne et de ses enthousiasmes passés.

Mais bientôt la maladie le forcera à espacer, puis à suspendre ses visites. C'est en vain que M^^^ Hugo lui écrit : « Qu'au moins vos ennuis soient adoucis par la conviction que vous avez en nous des amis d'un dévouement absolu, votre couvert est toujours mis ici, ne laissez donc pas \t)tre place \ide. « Lorsqu'il peut sortir, c'est pour une fugue brève à Paris et

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à Honfleur (il n'y restera qu'un jour) pour faire appel à M. Ancelle et à sa mère, et dénouer une difficulté d'argent. Bientôt la famille Hugo quitte Bruxelles pour rentrer à Guernesey et c'est là que, bientôt, Adèle Foucher, presque aveugle, immobile dans son fauteuil, ayant déjà le pressentiment de sa fin prochaine, apprendra la mort de Baudelaire avec l'émotion que l'on devine et que fut loin de partager Victor Hugo, qui n'en a pas soufflé mot.

Ses amis de Paris pressaient Baudelaire de revenir parmi eux. Ils lui représentaient que sa place était là. Toute une jeunesse ardente le réclamait, pressée de l'élire pour chef et pour oracle. Sainte-Beuve lui signale l'article d'un inconnu, paru dans l'Art, où on le glorifie. Cet inconnu, c'était Verlaine, et Baudelaire n'ignorait pas ce mouvement des jeunes en sa faveur. Il le considérait sans enthousiasme. Il écrivait :

Ces jeunes ne manquent pas de talent, mais que de folies 1 Que d'inexactitudes 1 Quelle exagération 1 Quel manque de précision I Pour dire la vérité, ils me font, une peur de chien. Je n'aime rien tant que d'être seul.

Il ajoutait :

Je ne veux rentrer en France que glorieusement et certains devoirs accomplis.

Ces devoirs, c'étaient « des livres à finir et des livres à vendre » qui lui assureraient en France une tranquillité de quelques mois. Il devait, selon lui, prolonger son exil, par

pénitence.

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