LES PREMIÈRES ANNÉES DE BAUDELAIRE
Arthur Rimbaud nous a parlé des Poètes de sept ans. C'est à cet âge qu'il sentit en lui les Muses s'éveiller :
A sept ans, il faisait des romans sur la vie....
C'est à cet âge que prennent conscience d'eux-mêmes les génies précoces. C'est dès cet âge que Baudelaire est possédé de la passion des images. (Les images, ma grande, ma primitive passion.) C'est par les images que son père entreprit son éducation. Il avait composé, à son intention, un album, que j'ai vu entre les mains de M. Fernand Vandérem, et où, pour lui graver le souvenir des mots, il avait peint en regard, les objets qu'ils signifiaient : un arbre, une route, un village... C'était mieux que l'alphabet de couleur d'où Rimbaud, dit-on, avait, par transposition, tiré le sonnet des Voyelles :
A, noir, E, blanc, I, rouge, U, vert, O, bleu...
Papa Baudelaire conduisait souvent son fils à la promenade dans le jardin du Luxembourg. C'était une occasion d'aller rendre visite au vieil ami Xaigeon, le conservateur du musée, et d'y flâner dans les salles. Le père arrêtait l'enfant devant
les statues, les tableaux, en tirait une leçon de mythologie ou d'histoire. Caroline aussi maniait le crayon. Elle amusait son fils de dessins qu'il s'essayait à reproduire. Les croquis que lui-même jetait, plus tard, en marge de ses vers, témoignent d'heureuses dispositions. Parmi ces croquis il en est un d'une amusante fantasmagorie : Baudelaire sous l'influence du haschich. Le poète est immobile, droit, coiffé d'un chapeau haut de forme et serré fièrement dans son raglan, comme dans un manteau de pourpre impériale. Le cigare aux dents, il a grandi jusqu'aux étoiles. Il regarde, avec pitié, décroître à ses pieds les monuments. La colonne Vendôme et les plus hautes tours des cathédrales ne sont plus à sa mesure que de minuscules jouets. Sans bouger, figé dans l'extase, le poète, plus haut que le soleil, laisse évoluer, autour de lui, les comètes fulgurantes et les grandes ombres fantômales.
C'est enlevé d'un trait brut, d'une gaucherie un peu voulue. D'ailleurs ses articles sur Delacroix et ses études sur les Salons de peinture prouvent que Baudelaire, en dehors du goût inné des arts, possédait des rudiments de métier. On sait qu'il obtint au lycée un prix de dessin. Tous les familiers de la maison étaient des artistes. Il n'avait qu'à les écouter pour s'instruire. On n'ignore pas la vertu suggestive des images sur une imagination jeune et vive et ce qu'elles peuvent y déposer de germes féconds.
Edmond Rostand nous avoue qu'il n'écrivit V Aiglon que pour se débarrasser de l'obsession d'un portrait du roi de Rome aperçu dans son enfance et qui le poursuivait depuis lors. Les Images, Baudelaire enfant n'avait qu'à ouvrir les yeux pour en rencontrer autour de lui. Toute la maison en était pleine. Images sans grande valeur, nous dit M. Georges de Nouvion. C'est du moins l'impression qu'il a rapportée de l'inventaire du mobilier fait au décès de François Baudelaire :
On y voit figurer quantité de piédestaux supportant des statuer en plâtre, vraisemblablement d'après l'antique. Quatre statuette-^ :
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Vénus et Apollon, Cléopâlre, et Hermaphrodite, nombre de bosses en plâtre et quatre portraits de famille. Les murs disparaissent sous les cadres. Certains renferment des gravures : Charles 1"; Agar renvoyée par Abraham ;\a Femme adultère. Le reste des cadres est occupé par les œuvres de François Baudelaire et de sa première femme. Cette dernière a signé deux marines, trois têtes de vieillards, une Mlle de La Vallière, un Samuel, une Bacchante, le tout à l'huile. François Baudelaire n'exécute guère que des gouaches mais sa production est abondante. Dans le salon seul, il y en a dix-sept. On en trouve encore dans la chambre de son fils et un peu dans toutes les pièces.
Que l'inventaire paraisse n'accorder qu'une faible valeur aux tableaux du logis, cela ne prouve pas qu'ils en fussent dénués. Nous savons comment la plupart du temps se bâclent ces sortes d'inventaires et que les gens qui les rédigent ne sont point astreints à faire preuve de connaissances techniques.
Il y avait, certainement, des tableaux de prix dans la quantité, puisque nous voyons, dans les lettres de Baudelaire, qu'il est question de deux Greuze, d'un Boilly, et de dessins auxquels il attache une grande importance.
Je voulais que la restauration des deux Greuze de mon père, de Boilly et d'autres dessins fût faite presque sous mes yeux.
{Lettre du 10 juillet ISGl.)
D'ailleurs, peu importe la valeur des tableaux. Une vulgaire image d'Epinal peut inspirer un poème excellent et il a peut-être suffi des Bacchantes de M. François Baudelaire et de Rosalie Janin pour évoquer au poète l'image des Femmes damnées appelant au secours de leurs peines, parmi les lueurs des résines croulantes, ce Bacchus, endormeurdes remords anciens.
C'est peut-être en regardant le Saint Antoine de son père que l'enfant a vu se dresser, dans son désert.
Les seins nus et pourprés de ses tentations.
Et toutes ces statuettes moulées, tout cet Olympe de plâtre commercial est peut-être ce qui fit flamboyer en lui :
le souvenir de ces époques nues Dont Phœbus se plaisait à dorer les statues.
Ce n'est point un chef«d'œuvre que la Sapho de Ramey dont une réduction orne la table du salon et c'est elle, peutêtre, qui apparut à Baudelaire enfant :
Plus belle que Vénus se dressant sur le monde.
Dès l'âge de sept ans, Rimbaud alimentait ses rêveries de toutes les images qui lui tombaient sous la main ;
II s'aidait De journaux illustrés, où, rouge, il regardait Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Il feuilletait fiévreusement sa Bible « a la tranche vertchou » et les rares livres dénichés dans les oubliettes du grenier. Baudelaire en avait à sa disposition une plus riche collection :
Mon berceau s'adossait à la bibliothèque.
Nous savons de quoi cette bibliothèque se composait : Y Encyclopédie, le?, Œuvres de Lavater, Voltaire en 92 volumes, Molière, Rabelais, Plutarque, traduit par Mme Dacier, La Bruyère, Montesquieu, le Contrat social. Tout cela peu sortable à ses humeurs, mais il y a des livres plus séduisants, notamment : Içs Antiquités d'Herculanum, hommage de Mme la duchesse de Choiseul-Praslin :
.le prie M. Baudelaire, ancien instituteur de mes fils Félix et Alphonse, d'agréer un exemplaire des Antiquités d'Herculanum en remerciement des soins qu'il a donnés à mes enfants et des marques
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de dévouement que mon mari et moi avons reçues de lui pendant notre détention (25 prairial an XIII).
Ces Antiquités étaient ornées de splendides gravures, perpétuant le souvenir des Fastes païens et des temples bocagers :
Où la jeune prêtresse, amoureuse des fleurs, Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs. Entrebâillant sa robe aux brises passagères.
Baudelaire y prit la révélation de Lesbos,
Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, qui devait l'élire, entre tous, sur terre, pour chanter le secret de ses vierges en fleur :
Et je fus dès l'enfance admis au noir mystère Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs.
Et sans doute, dès ce moment, connut-il les malaises dont se plaignait, plus tard, Rimbaud :
Des rêves l'oppressaient, chaque nuit dans l'alcôve.
De même que Rimbaud, Baudelaire avait, pour s'aventurer dans ses lectures, à se cacher de sa mère qui ne riait jamais et dont la sévérité le glaçait.
A sept ans, l'enfant perdit son père. Les douleurs ne sont jamais bien vives et ne durent guère à cet âge. D'ailleurs sa vraie famille, sa vraie affection, son univers c'est Mariette qui, pour le distraire de son chagrin, redouble ses gâteries. C'est à ses mains que le confie (sardine, appelée à suivre un traitement dans une maison de santé et, peut-être, à y subir une opération grave qui expliquerait la stérilité de son mariage d'amour. Voilà l'enfant libre de satisfaire tous ses caprices. Le voilà lâché, abandonné à sa fantaisie, dans ce grand appartement, courant à travers le vestibule, les
couloirs, les trois chambres à coucher, le salon, la salle à manger, le cabinet de travail, des fenêtres de la cour aux fenêtres du jardin, fouillant les cartons, les placards, les tiroirs, en tirant les estampes, les livres, les friandises, les jouets confisqués jadis, sûr, quoiqu'il fasse, d'être applaudi. Tout lui appartient. Il est maître du logis. Plus de sourcils froncés, plus de gros yeux, plus de bourrades, plus de gronderies, plus de devoirs infligés. Son être se dilate et s'épanouit. Et il se produit aussi que la mère, séparée de son fils et redoutant pour elle-même une issue fatale, s'attendrit sur son sort. Quand elle revient, l'enfant émerveillé n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles. Il lui trouve une voix douce, des gestes attentifs, des élans de tendresse qu'il ne lui connaissait pas et, comme il est sensible et passionné, il répond à ses avances par l'abandon entier de son cœur. Il peut donc enfin s'asseoir sur les genoux de sa mère, s'y blottir, sentir la chaleur de son sein, caresser ses joues, ses mains, respirer l'odeur de sa peau fine et blanche, de sa chevelure, de ses vêtements, se griser de ses caresses, car déjà la sensualité parle en lui. Baudelaire, à 40 ans, gardait encore l'impression de ces heureux moments. Il écrivait à sa mère, un jour de détresse où il lui reprochait de ne l'avoir jamais compris ni apprécié :
Il y a dans mon enfance, une époque d'amour passionné pour toi. Ecoute et lis sans peur ; je ne t'en ai jamais tant dit. Je me souviens d'une promenade en fiacre. Tu sortais d'une maison de santé où tu avais été reléguée et tu me montras, pour me prouver que tu avais pensé à ton fils, des dessins à la plume que tu avais faits pour moi. Crois-tu que j'ai une mémoire terrible? Plus tard, la place Saint- André des-Arts et Neuilly... De longues promenades, des tendresses perpétuelles. Je me souviens des quais qui étaient si tristes le soir t Ah ! ce fut pour moi le bon temps des tendresses maternelles. Je te demande pardon d'appeler bon temps celui qui a été sans doute mauvais pour toi, mais j'étais toujours vivant en toi. ïu étais uniquement à moi. Tu étais à la fois mon idole et ma camarade. Tu seras peut-être étonnée, c'est peut-être parce aue j'ai conçu une autre fois le désir de la mort, que les choses anp/ innés se peignent si vivement dans mon esprit.
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Ailleurs, dans son journal, il disait, confessant son goût précoce de la femme :
Je confondais l'odeur de la fourrure avec l'odeur de la femme. Enfin, j'aimais ma mère pour son élégance.
Cette félicité fut brève. Caroline, obligée de se restreindre, quitte le vaste appartement de la rue Hautefeuille, d'un loyer ruineux pour elle, et s'installe 58, rue Saint- André-des- Arts. Elle se débarrasse d'une partie du mobilier et des bibelots. C'est déjà, pour l'enfant, un peu des souvenirs de son père qui s'éloignent. Alphonse en se mariant (30 avril 1829) en emportera d'autres. On dirait qu'un changement radical se prépare, un oubli plus complet, une totale abolition du passé. Le loyer du nouveau logement est encore trop lourd pour Caroline, qui l'abandonne bientôt pour un autre plus modeste, 30 place Saint-André-des-Arts, où elle ne restera pas davantage. Evidemment ces déménagements amusent l'enfant, toujours en quête de distractions nouvelles, mais les images se raréfient, qu'il aimait; et bientôt voici le sévère intérieur de la rue du Bac, où il ne reste plus, accrochés aux murs, que les portraits de famille et les tableaux de piété et où son redoutable rival, celui qui va devenir son implacable ennemi, le commandant Aupick, logé à proximité, 45, rue de Bourbon, fait sa première apparition.
Le commandant Aupick, dit Maxime Du Camp (1), était un homme bon et ouvert aux choses de l'esprit; mais la discipline, la discipline inllexible, lui paraissait le seul mode d'éducation que l'on pût appliquer aux enfants et aux hommes. Il s'est peint tout entier, à son insu, dans le blason qu'il s'était composé : d'azur à l'épée d'or en pal, et pour devise : Tout par elle 1
Sa blessure le rendait facilement irritable. Il ne tolérait pas le bruit. Celui que fait un enfant en jouant l'exaspérait.
(1) Maxime Du Cajip, Souvenirs littéraires, (Hachette.)
eu. BAL'UELAIRi:.
Baudelaire comprit, dès le premier jour, qu'il n'y avait plus, pour lui, de bonheur possible à la maison. Sa mère, toute à ce nouveau mari, reprenait vis-à-vis de lui un profil sévère. Il considérait son mariage comme une trahison. Moins que jamais il lui fut permis de disposer de ses jouets. Les anciens restaient sous clé. Les nouveaux, offerts par des amis, allaient les y rejoindre. Ses parents « étaient de ceux qui n'en veulent jamais donner » :
Ils ressemblaient à ces personnes graves, excessivement graves, qui n'ont pas étudié la nature et qui rendent généralement malheureux tous les gens qui les entourent.
Je ne sais pourquoi je me figure qu'elles puent le protestantisme. Elles ne connaissent pas et ne permettent pas les moyens poétiques de passer le temps. Ce sont les mêmes gens qui donneraient volontiers un franc à un pauvre, à condition qu'il s'étouffât avec du pain et lui refuseront deux sous pour se désaltérer au cabaret. Quand je pense à une certaine classe de personnes ultra-raisonnables et anti-poétiques, par qui j'ai tant souffert, je sens toujours la haine pincer et agiter mes nerfs.
On sent ici l'allusion au ménage Aupick et c'est encore à sa mère que pense Baudelaire lorsqu'il nous parle des parents qui « considèrent les joujoux comme des objets d'admiration muette » :
A peine l'ami de la maison a-t-il déposé son offrande dans le tablier de l'enfant, que la mère, féroce et économe, se précipite dessus, le met dans une armoire et dit : « C'est trop beau pour ton âge ; tu t'en serviras quand tu seras grand. »
Et pourtant le petit Charles adore manier ses joujoux en qui il voit la première initiation de l'enfance à l'art.
J'ai gardé, écrivait-il plus tard, une affection durable et une admiration raisonnée pour cette statuaire singulière qui, par la propreté lustrée, l'éclat aveuglant des couleurs, la violence dans le geste et la décision dans le galbe, représente si bien les idées de l'enfance sur la beauté. Il y a dans un grand magasin de joujoux une gaieté extraordinaire qui le rend préférable à un bel appartement bourgeois.
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Toute la vie en miniature ne s'y trouve-t-elle pas, et beaucoup plus colorée, nettoyée et luisante que la vie réelle ?
Et à propos de jouets, Baudelaire nous conte un souvenir d'enfance qui montre l'ardeur de ses convoitises et son peu de goût pour la résignation :
Il y a bien des années, — combien ? je n'en sais rien, cela remonte aux temps nébuleux de ma première enfance, — je fus emmené par ma mère en visite chez une dame Panckoucke. Etait-ce la mère, la femme, la belle-sœur du Panckoucke actuel ? Je l'ignore. Je me souviens que c'était dans un hôtel très calme, un de ces hôtels où l'herbe verdit les coins de la cour, dans une rue silencieuse, la rue des Poitevins. Cette maison passait pour très hospitalière, et à de certains jours elle devenait lumineuse et bruyante. J'ai beaucoup entendu parler d'un bal masqué où M. Alexandre Dumas, qu'on appelait alors le jeune auteur de Henri III, produisit un grand effet, avec M"« Elisa Mercœur à son bras, déguisée en page.
Je me rappelle très distinctement que cette dame était habillée de velours et de fourrure. Au bout de quelque temps elle dit : « Voici un petit garçon à qui je veux donner quelque chose, afin qu'il se souvienne de moi. » Elle me prit par la main et nous traversâmes plusieurs pièces ; puis elle ouvrit la porte d'une chambre où s'offrait un spectacle extraordinaire et vraiment féerique. Les murs ne se voyaient pas, tellement ils étaient revêtus de joujoux. Le plafond disparaissait sous une floraison de joujoux qui pendaient comme des stalactites merveilleuses. Le plancher offrait à peine un étroit sentier où poser les pieds. Il y avait là un monde de jouets de toute espèce, depuis les plus chers jusqu'aux plus modestes, depuis les plus simples jusqu'aux plus compliqués.
t Voici, dit-elle, le trésor des enfants. J'ai un petit budget qui leur est consacré et quand un gentil petit garçon vient me voir, je l'amène ici, afin qu'il emporte un souvenir de moi. Choisissez!»
Avec cette admirable et lumineuse promptitude qui caractérise les enfants, chez qui le désir, la délibération et l'action ne font, pour aipsi dire, qu'une seule faculté, par laquelle ils se distinguent des hommes dégénérés, en qui, au contraire, la délibération mange presque tout le temps, je m'emparai immédiatement du plus beau, du plus cher, du plus voyant, du plus frais, du plus bizarre des joujoux, Ma mère se récria sur mon indiscrétion et s'opposa obstinément à ce que je l'emportasse. Elle voulait que je me contentasse d'un objet infiniment médiocre. Mais je ne pouvais y consentir, et, pour tout accorder, je me résignai à un juste milieu.
Au fait si M™« Aupick confisquait les jouets de son fils, c'est peut-être aussi qu'elle les savait entre des mains peu sûres et pressées de les démolir pour s'assurer de leur contenu. Baudelaire s'avoue de ces marmots qui veulent voir l'âme de leurs joujoux.
C'est, dit-il, une première tendance métaphysique. Quand ce désir s'est fiché dans la moelle cérébrale de l'enfant, il remplit ses doigts et ses ongles d'une agihté et d'une force singulières. L'enfant tourne, retourne son joujou ; il le gratte, le secoue, le cogne contre les murs, le jette par terre. De temps en temps, il lui fait recommencer ses mouvements mécaniques, quelquefois en sens inverse. La vie merveilleuse s'arrête. L'enfant, comme le peuple qui assiège les Tuileries, fait un suprême effort; enfin il l'entr'ouvre, il est le plus fort. Mais où est l'âme ? C'est ici que commencent l'hébétement et la tristesse.