‹ Chalon-sur-Saône pittoresque et démoliChapitre 3 sur 89 · Archiviste, au dépôt des Archives · texte numérisé non relu

Archiviste, au dépôt des Archives

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INTRODUCTION

reposer de son rude labeur des Archives. Ces mouvements révolutionnaires ont été bien dirigés ensuite par des hommes intelligents et habiles, qui ont su s'en emparer, et je suis le premier à reconnaître que le régime communal bien compris a pu, sous l'indispensable tutelle de la royauté, accomplir de grandes choses.

Je viens de parler des foires de Chalon. Chaque année, vous en avez encore une au temps de la Saint-Jean ; c'est une occasion pour les désœuvrés de la ville et des environs, de voir des saltimbanques, des théâtres en plein vent et de se pourvoir de pain d'épices ; mais on sait quelle grande importance elles avaient autrefois, sous les noms de foire froide et foire chaude, parce que l'une se trouvait en hiver et l'autre en été, à la Saint-Jean. Depuis lors, les ducs et nos rois ne cessèrent d'accorder les plus grands privilèges à ces foires, qui étaient aussi une source de riches produits pour leur trésor. Une juridiction spéciale é^ait placée à côté de ces grands marchés. Les magistrats composant ce tribunal exceptionnel, appelés d'abord gardes des foires, puis gardes conservateurs des privilèges des foires, et enfin baillis oumaistres des foires, étaient tous de grands personnages. Le grenier du bailly avait le titre de chancelier et la garde des sceaux. 11 ne reste plus qu'un contre-scel * ancien, sur lequel on voit les armes de Bourgogne; il est accompagné de deux fleurs de lis, et et autour on lit :

o'TRA . S . NVNDINAR . CABILON. '

[Contra sigilhim nnndinarum cabilonensinm.)

L'ouverture de ces foires se faisait avec la plus grande solennité. Les autorités de la ville parcouraient toutes les rues dans un carrosse de cérémonie, précédées de trompettes à cheval.

Notre Bourgogne, détachée momentanément de la couronne de France par un partage impolitique, lui revint en 1362. Le roi Jean, se trouvant, cette année, de passage à Chalon, prêta entre les mains des échevins le serment de maintenir leurs privilèges; mais bientôt les grandes compagnies incendient les faubourgs de la ville; puis, en 1438, les Ecorcheurs, à leur tour, viennent saccager les environs; mais le comte de Fribourg les écrase avec son armée. Ce qui n'est pas tombé sur le champ de bataille est livré au bourreau. Olivier de la Marche raconte « que les pêcheurs, au lieu de poissons, tiraient de la Saône des Ecorcheurs liés avec des cordes deux à deux ». Vers cette époque, Chalon étouffait entre les vieux murs romains qu'on appelait la hante enceinte, et des faubourgs s'étaient formés à proximité de la ville ; mais ces faubourgs étaient ouverts, aucune défensive ne les protégeait, et la fortifi-

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