‹ Cham (volume 2)Chapitre 49 sur 52 · AU DÉFAUT · texte numérisé non relu

AU DÉFAUT

— La difficulté, vois-tu, c'est de trouver un bon mouillage.

— Merci ; avec ça que c'est diflicile par le temps qu'il fait ! Moi, je suis mouillé depuis longtemps.

— Dis donc,Pacot,je t'engage à ne pao le plaimlre delà nouvellr tunique pendant que nous naviguerons avec c' monsieur.

— Vous ne tenez pas sur vos jambes ; ça provient de ce que vous n avez pas le pied marin.

^ — C'est donc que j'ai le nez marin, que je suis dessus comme ca a chaque roulis.

— Mais, sargcnl, pourquoi (jue luGanlenj \a [a-, ciillni.c.'

— Mon ami, parce que pour aller en (liinV fa il qu'on i)a'«se la ligne.

L'oiuponnir do la Chine demande à réfléchir avant de s'engager dniis une guerre. Car enfin, s'il allait se fourrer le dni^it dans IVil, ça it'rait gravi avec des ongles pareils!

— Nom d'un tonnerre ! c'ost moi qui le recevrai !*• Iioueut rhinoir> quand il viendra au jour de l'an prochain me demander de^

éirennes!

— Excusez! monsieur l'insurgé... parait (|ue nous vemuis lui dire tous les deux la mr>me chose, ù ee iirave enipenur.

l.'eniperiMu- «le la Chine se faisan(|païser i la carteronine, lui et tous ses soldats, avant d'aller au feu.

— \\i'\ mon vioux, en voilà|;issC'/. des oiubros cliiiioiacs! Je viens l«»ur le faire voir lo grandes inarioiinetu^.

— Mais, iiniMicilc! qu'esl-Cf «jin- lu cuutples ilom- me fai ça? Mais j'en reçois comme ça toiilo la journée de l'Amour, m'altrapc ou plein; cVst ma sanié.

— linbiVile de (Jiiuois, loi aus.-i lu m'aurais allraïu'à c'ii' distancc-làjSi l'avais acceplc les progrès do la civilisalion.

— Fais iloiir aluiilKio: v. il.i l ^ i.lunoi* t|ui l\'nvui<iii u. > prunos, ol lu roslos la Itouclic ouviTle !

— C'est exprès, parbleu ! toules les prunes îles Chinois sont à l'eauile-vio! C'e-f eonnu.ça! demande plutôt à la mère Moreaul

— Mon ami, je suis dans une crise!... Toi, qui as été en Europe, tu n'aurais pas une recette pour me tirer d'affaire?

— Si fait, .Majesté, je vais écrire une brochure.

Les rênes de l'empire chinois.

-r- Si lu veux faire les yeux a\cc cette Chinoise, mets-toi au moins en face d'elle!

— Qu'osl-cc que ça fait que je sois par derrière? les yeux des Chinoises sont tellement fendus, que ça leur fait le tour dé la tète!

— Qu'est-ce que tu nrappcrles là?

— Mais, capitaine, vous m'ares di ^ d'aller ù la provisiou de bois : ça en est.

— Imbécile! tu ne vois donc pas qu'il y a un Chinois dedans!

— Cristi! le.tamtani, jo n'aime pas ça! Je ne sais pas si je lui traduis bien ma pensée.

Sacrilice chinois.

Sur la trace d'un Chinois.

— C'osl commode loul de même qu'ils aient une bretelle de fusil comme ça pour les emporter.

— Ail ! liri^aml ! c'csl loi qui as eu l'infamin crinvenlcr le inacadain? .le ne le pardonnerai jamais celle-là, par exemple!

— Saperlolte'^ii ii.' u. m.iii pnxni ore jauor, ce Oeave! ■ttttoe sommes pas près d'arriTer Ji IVlung !

— Tiens! iin maivluuul do jiliinu'^ .. connue ça se trouve, nn>i ini juslenienl voulais écrire à ma payse!

— i.re nom ! y ne \eu\ pa> pre-enier mon hilli-l de 1<>l> iiieui. j'ai pas envie de inj-oravec l'habiiaul!

lire ui)

du fiO.rtU

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Mu^oui, bratc » luiHM> ; j-

\* fi'ni «bu»' r '

— Tiins ! l(>s Cliinois qui mangent les chiens!

— Merci, je ne veux plus appeler mon sac Azor dans le cas (le me l'avaler.

ils seraient

— Mais, sargeni, il n'y a donc pas il'aulres Ihéàlrcs que les ombres chinoises dans ce pays-ci?

— Certainement, imbécile ! du moment que c'esl le céleste empire, il ne peut y avoir qu'un théâtre Séraphin !

• — J'ensuis fâché... mais fallait iws inventer le macadam! J'ai pas envie de me crotter dans les rues de PéUinj,' !

\i'ii> i<i>i\i/. jiiuiiuiu ttiule la juniiiL-e dans Péking, je vais vous payer. Void trois sous! c'est ce que je pavais dans les omnibus de Paris.

Bigre! paraît qu'ils me supposent un rude lerapéramcnt !

— A voUv place, bin', ij'ujis me cacliei bien loin,

— Merci! c'est justementjlà [que leurs ^diables de canons ny'-i vous attrapent le mieux^

— Gredius de Chinois 1 nous fonl-ils uriniper I

— Dame ! faut bien monter, puisqu'ils n'ont pas eu la prévenance de laisser leur clef en bas chez le concierge !

— Comment, i;éiu r.il, vous voilà à cluval <ur un manche à balai:'

— Hélas! Votre Majesté u'itrnore pas que toute sa cavalerie a été détruite par les Français ! Mous soiumes obligés maintenant de nous monter comme nous pouvons.

— Tiens! ces larceurs de Chinois! parait qu'ils n'en vculeut «lu'à^iolre tambour-major !

[. — Le casse-lt'lo Cil un jeu chiiuns, mais il- liuiTcr.t trouTtrque nous avons joliracul perfectionné lejoajou!

— Je ne suis pas du Jockey-Club, et pourtant je m'en occupe, de la race chevaline !

Tions" : sont-ils ptlit- ! ..

à cheval, on y descend!

lamit (Iu'ih Chine on no monte pas

— Uu'est-ce que vous UiC donner là? J'ai pas l'iiabitiule de tricoter pendant le diner !

Pourquoi donc faire que son domestique apporte «m fagot? Parbleu! pouiv changer les fourchettes pendant le diner.

— Vois don.! une muraille rien qu'en pon chine! Il aura luit couk'r tou'.eà Ijs demi-tasses du pays l'Oiir s'en faire des fortifications !

— Dites doue, prévôt, je vas vous lâcher et prendre les yeux de cette Chinoise pour maître d'armes : vous ne vous fendez pas encore connnc ça !

SoUlatjVançais venant de s' comparer d'nn cavalier chinois.

— ^En fait de tunique, il|eu a peut-clre^irop ! mais il a raison ; moi, j'en ai pas assez!

— Dites donc, major, voilà un gaillard qui ne me fait pas l'effet d'être manchot.

— Ma foi, j'ai bien envie d'en faire mon hrosseur.

— Pauvre femme ! Vois donc ses pieds! elle ne sera pas fâchée de changer de maître-.

— Ello aimerait mieux encore chanuer de cordonnier.

— Dites donc, major, ils ne doivent pas être grands, les lioranips de six pieds, à juger du pied d'après ceux de madame !

— Tiens 1 qu'est-ce qu'il a donc sur le dos î

— Mais ça me fait l'effet d'être un monument Ramhuleau !

— Sapristi ! c'est joliment incommode alors ! Je ne pourrai jamais arriver là-haut... j'aime encore mieux mo faire mettre ù l'amende par les soruoni-s do ville chinois.

- Ces pauvres domestiques ! doit-on les sonner dans co pays-ci !

— Caporal (.liiii-i.lini, iihik -oniiii- |i clii-' Notre mandarin <[ui examine sa tunique! il va poul-ètrc nuis la l'aire adopter!

— Mes pauvres canons ! mes pauvres citadelles ! Et ils appellent ça arranger les affaires de la Chine'. Comment feraient-ils donc s'ils voulaient les abîmer?...

— Dis donc, cuisinier, je ne sais pas si j'aurai assez pour dîner...

— Votre Majesté attend du monde?

— Je n'ai pas engagé les Français ; mais je crains qu'ils ne viennent tout de même.

Lo nouveau maître d'écriture de l'empereur de la Chine eu train de" lui faire la dictée.

— Vous èlOî iiiou vainqueur, vous ave^ le ,droil de tout Êuipoi-

ler.

— (Iha-per-lo-lc 1 tous mes effets qui sont restés à Péking!

— Vous lui portez u a aluianach? il ne demeure plus ici, l'empereur de la Chiuc, nous lui uvoas donné congé.

— Farceur d'empereur de la Chine! il s'en va juste au momcat des étrennes.

— Mais partez! 1860, partez donc!

— Me voilà partie... je n'ai plus qu'un dernier mot à dire à monsieur.

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