‹ Cham, sa vie et son œuvreChapitre 10 sur 38 · PORTRAIT DE CHAM · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE CHAM

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tueuses. C'est ce qui explique pourquoi le père de Cham choisit de préférence cet atelier pour son fils, bien qu'il ne le destinât é^demment pas à la grande peinture historique.

L'atelier du célèbre auteur des Enfants d'Edouard était établi au rez-de-chaussée de l'Institut, avec entrée principale par la rue Mazarine. C'était Tancien atelier des élèves de Gros. Il se composait de deux vastes salles, une pour la bosse et l'autre pour le modèle. Plus de cent élèves fi"équentaient l'atelier de Paul Delaroche à cette époque, c'est-à-dire vers la fin de 1838, et parmi eux, sans parler d'Adolphe Yvon, que nous avons déjà nommé, et dont tout le monde connaît les œuvres magistrales, il y avait Hébert, qui n'y fit qu'un court passage ; Gérôme, qui était encore à l'atelier lorsqu'il exposa son remarquable Combat de coqs; Landelle, le peintre des élégances féminines; Albert Barré, qui, succédant à son père, devint graveur général de la Mon-

naie; Charles Jalabert, peintre de portraits; Cavelier, sculpteur, membre de Tlnstitut; Edmond Hédouin, qui a fait de la peinture^ mais dont nous signalerons surtout les eaux-fortes et les ravissantes gravures destinées à rillustration du Voyage sentimental, de Sterne, des œuvres de Molièrej de Jean- Jacques Rousseau, du roman de Manon Lescaut, etc.,Vihen,qai a fait de la grande peinture religieuse non sans succès; Hamon, Alophe, Gaston de Ségur, qui quitta les arts pour entrer dans les ordres, et mourut évêque, après avoir déployé une grande énergie dans les luttes religieuses; Onslow, le fils du musicien; Alfred Arago, le fils du membre de l'Institut, qui fut plus tard inspecteur général des Beaux-Arts et se faisait remarquer par son esprit et ses jeux de mots; Bécart, Auguste Marc, devenu directeur de V Illustration; François Millet, qui avait la spécialité des paysans; Vidal, le pastelliste, etc., etc.

Cham avait dans l'atelier de Delaroche,

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comme chez Charletj une situation pour idnsi dire exceptionnelle. C'était un élève amateur, ne travaillant pas énormément. Il dessinait cependant d'après nature, mais peignait rarement. Par exemple^ s'il y avait une caricature ou une charge à faite, il n'était jamais le dernier.

Ainsi, il prit une grande part à une vaste pochade satirique consacrée par les élèves de Paul Delaroche au massier qu'on nommait Poisson, et qui était le point de mire des plaisanteries de l'ateUer. ;

On venait précisément de blanchir les " murs de l'atelier. Aussitôt les élèves forment le projet de retracer sur trois larges frises l'épopée charivarique de Poisson, qui, outre ses fonctions de massier chargé de recueillir les cotisations des élèves, était attaché comme clarinette à la musique de la garde nationale, et occupait ses soirées à jouer de la contre-basse à l'Opéra. La charge esquissée par Cham et largement brossée par Adolphe Yvon formait une sorte de

trilogie charivarique divisée ainsi : Avant, Pendant, Après. Au premier tableau, on voyait le père Poisson jouant de la clarinette au coin d'une borne; dans le second, revêtu de son costume de garde national , il avait l'épée à la main et s'escrimait contre les tabourets de l'atelier; enfin, dans le troisième, le père Poisson était représenté aux prises avec un élève pour lui faire payer sa cotisation, et filant ensuite en Belgique avec la caisse. Paul Delaroche, revenant à son atelier, après quelques jours d'absence, trouva la plaisanterie si amusante qu'il se mit à rire et fut désarmé.

: Nous avons dit que l'atelier de Paul Delaroche était situé au rez-de-chaussée de la rue Mazarine. La journée se composait ;de cinq heures de travail, avec un quart d'heure d'arrêt, après chaque heure, pour

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laisser reposer le modèle. Pendant ce quart d'heure, les élèves venaient prendre Tair dans la rue, et leur gaieté bruyante faisait le désespoir des paisibles bourgeois du quartier.

Naturellementj pour cette bande joyeuse, le moindre prétexte à divertissement était rais à profit, et l'on se souvient peut-être encore dans la rue Mazarine des charges auxquelles elle se livrait.

L'un des élèves eut un joiu" à se plaindre des procédés d'un cocher de fiacre; il se fait conduire devant Tatelier et descend pour se concerter avec ses camarades, qui sortent en foule et font semblant de l'accompagner comme s'il partait pour un long voyage. Ils entourent le fiacre, ouvrent les portières des deux côtés et font mine de lui serrer la main. Puis on ferme brusquement la voiture, et l'on crie à Tautomédon ;

— Cocher, à la barrière du Trône !

Celui-ci s'éloigne sans défiance, et l'on s'ima^ne la grimace qu'il dut faire en

reconnaissant, après une heure de course, que la voiture était vide. Inutile de dire que Cham était du complot.

Du reste, pour son propre compte, il se livrait fréquemment à des plaisanteries dont il n'avait pas perdu Thabitude, même lorsqu'il devint plus âgé.

Ainsi , arrivant un jour sur le pont des Arts, où il fallait acquitter un droit de passage, il se place devant le guichet du préposé et compte ostensiblement les passants, comme s'ils faisaient partie de sa société et qu'il eût l'intention de payer pour eux. Puis il sort cinq centimes de sa poche et les remet au préposé.

— Mais vous ne payez donc pas pour vos amis? s'écrie celui<i furieux.

— Mes amis, répond Cham, je ne connais pas ces gens-là. Et il s'éloigne avec son allure flegmatique.

Les farces de l'atelier n'étaient pas toujours aussi innocentes. Un jour, un garde à cheval portant son portefeuille en ban-

doulîèrc débouche dans la rue Mazarlne, au moment où les élèves profitaient du quart d'heure de repos. L'un d'eux, très-agile, parie de monter sur le cheval de l'estafette. En effet, prenant son élan, il s'élance p£ir derrière, et le voilà chevauchant avec le garde de Paris, qu'il enlace de ses bras pour ne pas être désarçonné. Celui-ci, voyant qu'il ne peut se débarrasser de cet importun compagnon, lui passe par-dessus ta tête la courroie de son portefeuille, et, lui rendant ainsi toute âiite impossible, se dirige au grand trot vers la Préfecture de police, où il dépose Taudacieux rapin entre les mains des agents. Celui-ci fut misau vidlon^iet il fallut l'intervention dePaoliÊèlaHïcherpouD le rendre à tajlibertét-' 'ii^inn-ji.'. iJ /, -^.nm^y, J'j QèeliqaefoiB^lesièlèués'aHflàeàt -pquD Jbot; dd'piystifisr^nicréanoierjitiJn marchand die ct3Ute»tf3uauquel<<uniicQmftnaulet:ida'- Cfaam;

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coucher son ami dans le tiroir d'un énorme meuble où l'on plaçait les plâtres pour la bosse. Le marchand arrive^ et Cham, de son air le plus sérieux, lui montre Télève en lui disant :

— Il a commis une faute, et il a été condamné à huit jours de tiroir. 11 a encore six jours à rester là dedans.

Le débiteiu" naïf s'apitoya sur le sort du pauvre prisonnier, et se garda bien de lui rappeler sa dette.

Une des charges de l'atelier Delaroche eut un retentissement considérable, et nous tenons à la raconter dans tous ses détails, parce que Cham y fut directement mêlé, et surtout parce que cette plaisanterie, présentée sous un jour inexact, a, fort à tort, servi de base à quelques critiques malveillantes à l'adresse du célèbre caricaturiste.

Au nombre des élèves qui entrèrent à l'a-

telier de Paul Delaroche pendant que Cham en faisait partie, se trouvait le fils d'un brasseurduNordquiavaitété présenté au maître par son père avec cette observation flatteuse qu'il n'était bon qu'à faire un peintre.

Le nouveau venu se posa tout de suite comme un excentriquej ne doutant de rien, montrant un aplomb excessif et avec des allures tapageuses, voulant défier et provoquer tout le monde. On comprend qu'il ne tarda pas à devenir le jouet de l'atelier. Un jour, il défia Cham aux jeux d'esprit, et Cham, voulant rire, feignit d'être offensé et lui dit avec son calme imperturbable :

— Savez-vous que vous vous adressez à un ancien capitaine de chasseurs? Vous me rendrez raison.

Le duel Sut décidé, duel pour rire, cela va sans dire, et pour qu'il n'y eût pas le moindre doute, on choisit Charenton pour lieu de combat.

Mais le provocateur croyait à une affaire sérieuse.

Cependantj combattants, témoins et camarades arrivent à Charenton. On descend dans un de ces restaurants où Ton va d'habitude faire les repas de noces; et, comme il s'agissait d'uneplaisanteriCj on commande d'avance le déjeuner. Puis on sort, soi-disant pour chercher un endroit favorable au combat. On enfile plusieurs petites ruelles.

Arrivés dans un passage isolé, les témoins s'arrêtent et déclarent qu'on sera là parfaitement pour s'aligner. Le nouveau venu, qui avait gardé l'espoir que l'affaire s'arrangerait, s'approche de Cham et lui dit un peu troublé :

— Mais enfin, est-ce que nous allons décidément nous battre?

— Certainement, dit Cham; mais vous me paraissez ému; je comprends, c'estparce que vous n'avez pas déjeuné. Allons nous mettre à table , nous nous battrons ensuilei

Ce qui fut dit fiit fait.OnssEnaila&aiimËâi et l'on rentcajgia:çaiieiiiti:àii'iUtii!ergeidâuMnpagne pour faire honneur au déjeuxi^Luat»'-

Le fils du brasseur était si satisfait de ce dénoûment qu'il manifesta une gaieté extraordinaire, et, pour commencer, voulut prendre la jeune femme de l'aubergiste par la taille, l'appelant madame Grégoire. Le mari se fâcha, etj sans l'intervention des jeunes artistes, aurait administré une correaion au jeune rapin. Enfin la querelle s'apaisa, et l'on festoya joyeusement. Puis on reprit la route de Paris.

En chemin, le nouveau, ne voulant pas perdre le bénéfice des émotions qu'il avait éprouvées, demanda aux camarades qui avaient fait partie de l'expédition de laisser croire aux autres élèves restés à Paris que le duel avait été sérieux, qu'il s'était réellement battu avec Cham, et même que lui, le nouveau, avait été blessé. Pour ajouter plus de vraisemblance à cette version, on lui mit le bras en écharpe; et c'est dans cet état qu'il fit sa rentrée à l'atelier.

Un jour, Paul Delaroche, qui avait pour ses élèves beaucoup de sollicitude, annonça

que le nouveau venu était malade. Plusieurs de ses camarades, et Cham en tête, se rendent, à la fin de la journée, à l'hôtel qu'il habitait. On leur dit qu'il avait été transporté à l'hospice Dubois. Comme il était trop tard pour être reçus le soir même à l'hospice, les amis du jeune artiste remirent leur visite au lendemain. Lorsqu'ils se présentèrent, on leur annonça qu'il venait de mourir.

L'affaire fit beaucoup de bruit ; une instruction judiciaire fut ouverte, et il fut absolument démontré que ce jeune homme, qui, depuis son arrivée à Paris, menait une existence joyeuse, avait succombé à une inflammation d'entrailles causée par l'abus des boissons alcooliques et d'autres excès.

Son père, qui, lui aussi, avait fait une enquête, fut le premier à 'reconnaître que son filsétait mort des suites de son intempérance et de sa vie désordonnée.

On voit que le duel apocryphe de Charenton était complètement étranger à cette catastrophe, et que ce pauvre Cham, pas

plus que ses camarades, ne saurait être rendu responsable du malheur arrivé au fils du brasseur.

Ce duel pour rire, dans lequel Cham joua le rôle principaij et qui eut à cette époque un grand retentissement dans le monde artistique, fut précédé de beaucoup d'autres charges d'atelier qui amusaient beaucoup les élèves de Paul Delaroche et déplaisaient fort aux paisibles habitants de la rue Mazarine, contre lesquels elles étaient trop souvent dirigées. En voici encore une qui donnera une idée de l'agrément qu'offrait le voisinage de cette bande de joyeux rapins, dont plusieurs sont devéniis célèbres et dont tous ceux qui survivent ont maintenant la chevelure grisonnante.

Par une chaude après-midi d'été, Chain et ses camarades s'amusaient à jouer aii

ballon dans la rue Mazarine et se servaient d'une vessie gonflée qu'on se renvoyait de l'un à l'autre. Or, en face de l'atelier, au premier étage, était installé un relieur qui, ce jour-là, prenait son repas assis devant la fenêtre. Le ballon vint malencontreusement tomber sur la table, dans une assiette contenant du fromage blanc. Le relieur, furieux, se lève, et, saisissant l'assiette, la lance avec son contenu sur les jeunes artistes, qui riaient à gorge déployée sous la fenêtre ; puis, sa colère grandissant, il se sert comme projectiles de tout ce qui se trouve sous sa main, et bombarde ses adversaires.

Cette scène de haut comique mit en gaieté toute la rue Mazarine, et les élèves de Delaroche, pour en perpétuer le souvenir, en retracèrent la scène principale sur la façade de l'atelier, vis-à-vis de la fenêtre même du malheureux relieur.

Pendant l'hiver, les distractions étaient d'un genre différent, et les élèves de l'atelier se livraient bataille à coupsde boules de

neige. Un jourj ils eurent l'idée d'édifier avec des monceaux de neige le buste gigantesque du père Poisson, qui fut appuyé contre le mur de la façade. Comme le massier portait des lunettes, il vint à l'esprit de Cham de prendre deux cerceaux de barrique qui, ajustés devant les yeux de cette tête énorme , complétaient la ressemblance. A ce moment, un nègre de haute stature se présenta à Tatelier comme modèle. On l'engage immédiatement et on lui paye d'avance sa séance; puis, l'ayant affublé de toutes sortes d'oripeaux et d'un turban rouge, on lui met un sabre à la main et on le charge de monter la garde devant le buste du père Poisson, avec ordre d'écarter les curieux en leur disant : a Passez au large ! »

Notons que si la bande joyeuse de l'atelier Delaroche avait mauvaise tète, elle avait bon cœur. En voici la preuve. On sait que souvent des pauvres gens, des mendiants, se présentent dans les ateliers

pour s'offrir comme modèles. Lorsqu'on ne pouvait accepter leurs services, les élèves de Paul Delaroche faisaient ce qu'ils appelaient un cornet, c'est-à-dire que l'on improvisait devant l'atelier, en pleine rue Mazarine, un concert auquel prenaient part les chanteurs et les instrumentistes assez nombreux de l'atelier. Ainsi, Isambert jouait de la clarinette, Landelle du triangle, un autre du cornet à piston, un quatrième du violon.

La partie vocale était surtout représentée par un élève nommé Loqueux, qui avait une voix magnifique, et par un jeune artiste nommé Paris, très-amusant dans la chansonnette. Autour des exécutants se groupaient leurs camarades, qui formaient les chœurs. Au bout de quelques instants, il y avait foule dans la rue Mazarine pour assister à ce concert improvisé. Alors quelques élèves circulaient dans l'assistance, un cornet à la main, et recueillaient les offrandes pour le pauvre modèle.

La fermeture de l'atelier vint mettre un

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terme aux tapageuses distractions des élèves de M. Delaroche. Cette résolution ftit prise par le maître dans les circonstances suivantes ; M. Gabriel Delessert, préfet de police et ami de Paul Delaroche, était venu passer la soirée chez lui, et Ton s'entretenait des plaisanteries qui avaient fait le plus de bruit : le duel de Charenton et la scène de rélève — il se nommait Philastre et était le fils du décorateur — s' élançant sur la monture du garde municipal qui l'avait conduit au poste. M. Paul Delaroche, déjà trèsmécontent de ces plaisanteries retentissantes, fatigué du reste du professorat et éprouvant peut-être les premiers symptômes de la maladie qui devait l'emporter, déclara à M. Delessert qu'il allait fermer son atelier, et, en effet, dès le lendemain, il annonça cette résolution à ses élèves, qu'elle affligea profondément.

Le soir même, il fut convenu dans l'atelier qu'on ferait ime démarche auprès du maître, et, pour la rendre plus imposante,

des lettres de convocation furent adressées aux élèves — et ils étaient nombreux — qui avaient passé par l'atelier de la rue Mazarine. Le lendemain, plus de six cents jeunes gens débouchaient dans ia rue de la Tourdes-Dames, où habitait l'auteur de VHémicycle des Beaux-Arts: Un petit nombre seul put pénétrer dans la maison, encombrant les appartements et les-escaliers. Les autres restèrent dans la rue, et la manifestation était si nombreuse que la foule refluait jusque dans la rue la Rochefoucauld. M. Delaroche se mit au balcon, et tous les élèves, anciens et nouveauxj défilèrent devant lui en l'acclamant.

A la suite de cette démarche respectueuse et sympathique, M. Delaroche consentit à revenir sur sa détermination, mais dans le fond il était résolu à se retirer, et, quelques mois plus tard, il annonça à ses élèves cette décision irrévocable. En même temps il leur dit que, connaissant leurs diverses tendances artistiques, il les engageait à conti-

nuer leurs études dans les ateliers de Gleyre, de DrolUng ou de Picot. Suivant ce conseil du maître, les élèves de Paul Delaroche se répartirent entre ces trois ateliers, mais le courant qui suivit MM. Gerôme et Hamon chez Gleyre, Vauteur des Illusions perdues, fiit de beaucoup le plus nombreux. Quelques élèves, comme Yvon et Cham, ne choisirent aucun autre professem*.

Ne quittons pas Tatelier de la rue Mazarine sans parler d'un tableau qui mérite une mention spéciale, nous voulons parler d'une toile de deux mètres environ, contenant cinquante à soixante portraitsdes élèves de Paul Delaroche, chacun ayant exécuté celui de son camarade. C'est ainsi qu'Adolphe Yvon avait retracé la physionomie de Cham, et, à son tour, son portrait avait • été peint par son camarade Devedeux, artiste originaire de TAuvergne, et mort il y a quelques années. Au centre se trouvait le portrait du massier, le père Poisson.

Plusieurs des anciens élèves de Paul De-

laroche nous avaient parlé de cette toile offrant un réel intérêt, puisqu'elle représentait en pleine jeunesse des artistes dont plusieurs ont acquis une grande notoriété ; mais on ignorait absolument ce qu'elle était devenue. Après quelques recherches, nous avons eu la chance de retrouver ce tableau, qui appartient actuellement à un ancien élève de Gleyrej M. Paul Baudouin, médaillé, il y a deux ans, pour ia décoration des écoles de Paris, et qui vient d'être chargé de celle de la mairie de Saint-Maur.

Malheureusement plusieurs portraits ont été etFacés ou plutôt enlevés, et ce sont principalement ceux des artistes décédés. On suppose qu'ils ont été découpés dans la toile pour être remis à la famille.

Revenons au fils du comte de Noé,

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