‹ Cham, sa vie et son œuvreChapitre 27 sur 38 · LA HORT DE CHAH · texte numérisé non relu

LA HORT DE CHAH

Cham éprouve dès sa jeunesse les premières atteintes d'une affection de poilrine. — Violente crise d'hémoptysie lors de son voyage en Angleterre. — Brutale franchise d'un médecin anglais. — Cham se traite lui-mf me à sa façon. — Le goudron et l'huile de foie de morue. — Le Charivari attaqué par le Tintamarre. — Envoi de témoins. — Cham prend un refroidissement en sortant de la salle d'arniea. — Recrudescence de la maladie. — Les docteurs Potain e( Niderkorn, — Cham s'efforce de rassurer ses amis. — Les oppressions augmentent. — Impossibilité absolue de travailler. — Cham au lit de mort de Louis Huart. — 11 se préparée mourir en lisant l'Histoire de la Révolution française. '- Cham reçoit les derniers sacrements. — Comment on meurt dans la famille des Noé. — La comtesse de NoÉ ne veut pas survivre à son mari. — Elle refiise de manger. — Transport au cerveau. — Ses conséquences. — La comtesse reçoit les soins du docteur Legrand du Saulle. — Elle est conduite k la maison de santé Esquirol. — Sa mort. — à élever sur la tombe de Cham.

La mort si soudaine de Cham causa autant de regrets que de surprise dans le monde des lettres et des arts, où l'on jugeait de la santé de l'infatigable caricaturiste d'a-

près son ardeur au travail et la virilité de son talent; mais ses amis intimes voyaient, surtout dans les dernières années, avec une grande appréhension sa santé s'affaiblir de plus en plusj et l'on suivait pour ainsi dire pas à pas les ravages intérieurs de la maladie sur ses traits fatigués et amaigris.

La véritéj c'est que, dès sa jeunesse, Cham avait éprouvé les premières atteintes d'une affection de poitrine, de la phthisie, puisqu'il faut l'appeler par son nom. Le mal resta à l'état latent pendant de longues années, sauf les vomissements de sang à des intervalles éloignés, mais qui témoignaient que l'ennemi était toujours là.

C'est en Angleterre que le comte de Noé fut pris de la première ou du moins de la plus violente crise d'hémoptysie (vomissement de sang). Il s'empressa de consulter un médecin anglais, qui lui déclara brutalement qu'il était poitrinaire, et n'avait que quelques mois à vivre. Heureusement pour l'art satirique et l'esprit français, le sombre

SA VIE ET SON ŒUVRE. zSg

diagnostic du praticien anglais ne s'est réalisé que quarante ans plus tard.

Nous ne savons si Cham avait gardé rancune à la médecine de La condamnation à mort prononcée contre lui par le docteur de Londres; ce qui est certain^ c'est que pendant longtemps il s'abstint de recourir aux soins de la Faculté. 11 se traitait lui-même d'une façon assez fantaisiste, expérimentant sur sa personne les nombreux spécifiques préconisés à la quatrième pagedes journaux, mais ne restant fidèle qu'au goudron et surtout à l'huile de foie de momCj dont il absorbaitrégulièrementdeuxcuillerées chaque matin. Qui aurait jamais pensé que l'auteur de ces croquis enlevés avec une fantaisie si gaie et une si joyeuse humeur commençait sa journée en ingurgitant un liquide huileux et nauséabond?

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Un incident survenuau printemps de 1 877 eut pour la santé de Cham de déplorables conséquences. Un article paru dans le Tintamarre prenait vivement à parti le Charivari à propos de quelques caricatures de Cham, auquel on reprochait de ne pas donner à ses dessins une couleur assez républicaine. Le comte de Noé, qui aurait pu se montrer indifférent à des critiques dirigées contre lui seul, fut très-affecté que ses croquis servissent de prétexte à des attaques contre le journal auquel 11 collaborait depuis si longtemps. Il pria donc deiut de ses amis, MM. Altaroche et Louis Leroy, de demander réparation au rédacteur en chef du Tintamarre, M. Léon Bienvenu. Ce dernier choisit à son tour des témoins, qui se mirent en rapport avec ceux de Cham, et les pourparlers commencèrent.

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