Correspondance ic Gi\im«, VI, Ti
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Voltaire qui, sans doute, ne sut pas quel élait l'auleur de l'épi5:;ramnie sur Candide, lui avait écrit, au début de !76i, qu'il attendait avec impatience la Jeune. Indienne, et, dans une seconde lettre, datée du 2o mai : « Je suis persuadé, lui disait-il, que vous irez très loin. » Mien que Voltaire ne fût pas chiche de compliments pour les jeunes auteurs, de pareilles lettres valaient pourtant un brevet de talent. Aussi, d'Alembert lulil lui-même en séance publique de l'Académie la pièce couronnée de Chamfort ' ; et certaines anecdotes font croire qu'il y eut entre eux, vers ce temps, des relations assez fréquentes. Chamfort voyait aussi Marmontel, qui, bien qu'il eût perdu récemment le privilège du Mercure^ n'en était pas moins un des mieux accrédités et des mieux rentes entre les beaux esprits. Duclos surtout semble avoir été le grand introducteur littéraire de Chamfort. « Duclos, dit Aubin, s'aperçut d'une ressemblance frappante entre la tournure d'esprit du jeune Chamfort et la sienne ; il s'empressa d'autant plus volontiers à l'introduire dans le monde » '; et Duclos, en efïet, avec sa verve un peu âpre, avec ses brusqueries de langage et la rudesse, au moins apparente, de son caractère, pouvait bien plaire à celui que, dès ce temps-là, Sophie Arnould nommait Dom Brusquin d'Algarade.
Dans le monde des lettres, Chamfort n'avait pas
1. Nous trouvons ce détail dans un petit écrit paru à Paris en 1791 sous ce titre : Petite lettre à M. de Cham/brt sur sa longue adresse contre les Académies,— par un acado'miciende province. (A la Bibl. nationale, sous la cote Lb 3'' 4938.)