Voltaire, Correspondance. Lettre du 27 septembre
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en politesse ' ». — Puis nous assistons à l'éducation de Molière, et, avec raison, Chamfort insiste sur tout ce que la liberté de son esprit dut aux leçons de Gassendi : « Il eut l'avantage de voir de près son maître combattre des erreurs accréditées dans l'Europe, et il apprit de bonne heure ce qu'un esprit sage ne sait jamais trop tôt, qu'un seul homme peut quelquefois avoir raison contre tous les peuples et contre tous les siècles ^ ». Enfin Chamfort refait avec Molière les lectures par lesquelles il nourrissait son talent et préparait sa poétique : ce qu'il dut aux théâtres grec, latin, espagnol, italien, ce qu'il emprunta aux dialogues de Platon, aux satires d'Horace et de Lucien, aux contes de Boecace, aux romans de Cervantes, aux nouvelles et joyeux devis de nos conteurs gaulois et même aux Provinciales de Pascal, comment il profita de tant d'éléments divers pour se faire une conception personnelle de son art, tout cela est analysé en quelques pages pleines et précises ; pour qui voudrait faire une étude des sources de Molière, il n'y aurait, en somme, qu'à reprendre ces pages et à les développer. On sent que l'érudition de Chamfort n'est point de seconde main ; mais, enfermé dans les limites d'un discours académique, il n'avait point le loisir de lui donner carrière. Il arrive donc vite à ce qui est son objet propre : « saisir le génie de ce grand homme et le but philosophique de son théâtre ■ ». A. son gré, l'originalité de Molière con-