‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 6 sur 201 · Bd. AuGUis, V · texte numérisé non relu

Bd. AuGUis, V

Tous ses biographes ont dit qu'il était enfant naturel. Ginguené, son ami intime, son premier édileur, fait allusion à cette naissance irrégulière; Auguis, si souvent bien informé sur l'histoire anecdotique du xviii^ siècle, n'élève à ce sujet aucun doute. « Il faut voir les commencements de cet enfant de l'amour... » écrit Sélis, dans les articles qu'il consacra à Chamfort dans la Décade philosophique ' ; et Sélis avait été pour lui un camarade aux jours de la jeunesse, un familier de tous les instants jusqu'à la dernière heure. Rœderer est plus explicite encore : « Chamfort, écrit-il, ne s'est jamais présenté dans les sections pour y exercer ses droits de citoyen, et l'on a dit que c'était dans

la crainte de présenter son acte de baptême

Chamfort était fils d'un chanoine de la Sainte- Chapelle. Il a constamment fait mystère de sa naissance, excepté à un ou deux amis » ^ Enfin, d'après Aigueperse {Biographie d'Auvergne) ^, Chamfort serait fils de M. Nicolas, chanoine à la cathédrale de Clermont, et de M"° de Montrodeix. A vrai dire, le livre d'Aigueperse ne se recommande pas en général par l'exactitude ; mais ici il n'a fait qu'enregistrer une tradition locale; et cette tradition ne saurait être négligée, si l'on songe que, sur la liste des chanoines du Chapitre de Clermont, figure en effet un Pierre Nicolas, chanoine serai-prébendé, en fonctions de 1741 à 1783.

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