‹ ChamfortChapitre 120 sur 207 · Fd. Augdis, I · texte numérisé non relu

Fd. Augdis, I

CÜAMFORT

t-il trop voir que ce n’est point le dévouement qui l’attache à la royauté. La première et la dernière des préoccupations des assemblées du clergé, qui se tinrent dans les cinquante années qui précédèrent la Révolution, fut toujours de défendre les intérêts du corps envers et contre tous ; la royauté put s’en apercevoir à maintes reprises. L’exemple de cette politique égoïste de la collectivité devait être nécessairement suivi par les individus. Et il l’était en effet, s’il faut en croire une plaisante anecdote de Chamfort. « Le curé de Bray ayant passé trois ou quatre fois de la religion catholique à la religion protestante et ses amis s’étonnant de cette indifférence : Moi, indifférent ! dit le curé, moi, inconstant ! rien de tout cela ; au contraire, je ne change point, je veux être curé de Bray 1 . » Certains jugèrent que cette politique était fort habile. Mercier écrivait en 1783 en parlant du clergé :

« Il est éclairé, il ne commettra point de grandes fautes, il songe à Yutile Ce corps me paraît doué de la poli-

tique la plus fine, et jusqu’ici la plus heureuse. Moins persécuteur que jamais, ne sollicitant presque plus de lettres de cachet contre les protestants et leurs filles, parlant de tolérance, occupé de jouissances voluptueuses et paisibles, satisfait tant que l’extérieur du culte ne recevra aucune brèche, il laissera passer lesopinions contraires sans leur opposer une digue imprudente 2. »

Mais quand l’heure de la Révolution sonna, il se trouva que cette politique était la plus périlleuse de toutes ; pour avoir abdiqué, ou à peu près, sa

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