Ed. Auguis, If
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dirait : Allez-vous-en '. » Les gens de lettres, il est vrai, sont recherchés par les gens du monde ; ils peuvent se flatter d’être accueillis avec empressement dans les salons ; il arrive qu’ils y plaisent et qu’ils s’y plaisent; car ils réussissent parfois à distraire cette société ennuyée, et, eux, « ils aiment ceux qu’ils amusent, comme les voyageurs aiment ceux qu’ils étonnent ». Mais s’ils prétendent à quelque chose de plus, s’ils veulent obtenir quelque avantage positif, quelque influence, ils s’apercevront sans retard qu’ils sont loin de compte. « Les gens de lettres, surtout les poètes, sont comme les paons à qui on jette mesquinement quelques graines dans leur loge, et qu’on en tire quelquefois pour les voir étaler leur queue; tandis que les coqs, les poules, les canards, les dindons se promènent librement dans la basse-cour et remplissent leur jabot tout à leur aise3. » Qu’ils ne soient pas dupes des cajoleries dont on les entoure ; qu’ils n’aillent pas s’imaginer qu’ils pourront avoir une action dans ce milieu où on leur fait fête : sans considération, point d’influence, et la considération n’est pas à la portée des hommes de lettres, u Ce mot magique, considération , nedéveloppaitguèresoninfluenceque dansl’enceinte assez étroite d’un certain public, d’un public choisi , comme on disait Il était de règle qu’e//e n’ap-
partenait de droit qu’à tel rang, telle position, telles circonstances, etc. C’était un privilège dont le brevet n’existait pas, mais était admis comme reconnu valable entre les initiés, les seuls intéressés à l’af-