Ed. Augdis, II
CIIAMFORT
demeuraient le plus souvent impuissantes à faire tout le bien dont elles étaient capables. Tout en croyant que rien n’interdisait d’attendre le progrès de l’humanité, il pensait que le progrès ne pouvait s’accomplir dans une société gouvernée et organisée comme celle qu’il avait sous les yeux. Aussi, après s’être tenu vis-à-vis d’elle sur la défensive, aussi longtemps qu’aucun effort ne semblait pouvoir l’ébranler, il se trouva prêt un des premiers à monter à l’assaut de l’ancien régime L’observation, la réflexion morale qui l’avaient d’abord fortifié pour la résistance, l’armaient aussi pour l’attaque. Dès longtemps il avait dit : « On s’effraie des partis violents, mais ils conviennent aux âmes fortes, et les caractères vigoureux se reposent dans l’extrême » l. Las, en effet, de se replier sur luimême, il devait se lancer avec enthousiasme dans les premiers mouvements d’une Révolution qui voulait faire cesser l’exclusion du mérite et libérer, pour ainsi dire, des énergies trop longtemps comprimées.