‹ ChamfortChapitre 150 sur 207 · Marmontel, Mémoires. Livre XIV · texte numérisé non relu

Marmontel, Mémoires. Livre XIV

le compte de laquelle il faut faire entrer les 1200 livres de la gratification de 1776, qui a été consolidée \ Et c’est tout ; car s’il a 1500 livres sur le Mercure, c’est de l’amitié de Chabanon qu’il les tient ; quant aux cent louis que lui avait alloués le prince de Condé pour être secrétaire de ses commandements, il demanda lui-même, au bout d’un temps très court, à ne plus en jouir. N’oublions pas toutefois que Chamfort était de l’Académie, et que, de cette part, il eût pu, avec de l’assiduité, toucher encore 1200 livres environ. Mais il n’était pas assidu. Causant un jour de l’Académie avec l’abbé Roman : « Je me divertirai des intrigues, lui écrit-il ; ce sont mes seuls jetons, je n’en ai point d’autres ; j’y vais si peu, que je n’ai pas fait la moitié d’une bourse à jetons qu’on m’avait demandée 1 2 ». En somme, à l’âge de quarante-cinq ans, Chamfort a un revenu d’à peu près 7000 livres, dont 5200 lui viennent de pensions de la cour. Ce chiffre ne paraît pas fort élevé si on le compare à la fortune de certains hommes de lettres, comme Rulhierre ou Marmontel, dont sans doute le mérite ne dépassait guère celui de Chamfort. Il ne permet pas de supposer des sollicitations bien ardentes, et nous savons d’ailleurs que Chamfort fut nommé secrétaire de Mme Elisabeth, sans avoir demandé cette place ; alors, dit-il, «j’étais cloué dans mon lit depuis six semaines 3 ».

On peut, il est vrai, citer tel passage de ses

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