Ed. Auguis, I
en différentes classes autrefois privilégiées, ont dù provoquer d’autres punitions que celle du ridicule. C’est du souvenir de tant d’outrages que sont nés les plus grands événements d’une révolution qui foule aux pieds ce stupide orgueil et qui absout un peu les Français de leur longue patience l. » Lors du massacre de Foulon et Berthier, il ne pensa pas un seul instant que ce sang versé pût à jamais souiller et déshonorer la cause du peuple. C’est ce jour-là même qu’il prononça son mot fameux : « La Révolution fera le tour du globe » . Et pourtant il était au Palais-Royal, quand on y apporta la tête de Foulon, et il avait été témoin de l’horrible scène :
« Tout à coup un bruit nouveau se fait entendre, c’est celui du tambour : il commande le silence. Deux torches s’élèvent et attirent les yeux. Quel spectacle ! une tête livide et sanglante éclairée d’une horrible lueur ! Un homme qui précède et crie d’une voix lugubre : Laissez passer la justice du peuple ! Et les assistants muets qui regardent 2 ! »
Sans doute, ces hideuses dépouilles lui font horreur; il juge pourtant que le peuple n’a point fait œuvre de bourreau, mais de justicier; car il termine son récit par cette réflexion :
« Ce mot d'un sens si profond: Laissez passer la justice du peuple ! frappa vivement les esprits. 11 les eût frappés davantage, si on l'eût considéré comme une allusion à, un mot plus ancien : Laissez passer la justice du roi. C’était le cri d’un des satellites royaux qui, sous Charles VI, traîna, par ordre du monarque, dans les rues de Paris, le cadavre