‹ ChamfortChapitre 176 sur 207 · Lettres de J. -B. Lauraguais à Madame... (an X, in · texte numérisé non relu

Lettres de J. -B. Lauraguais à Madame... (an X, in

CltAMFORT

bitraire, Thistoriographe fils d’un bourgeois, etc. Ce sont les soldats de Cadmus ; les premiers armés se tournent contre leurs frères et se précipitentsur eux \ -> Çet égoïsme, il le vit se manifester encore, après 1789, et constatant que les prétentions delà bourgeoisie trouvaient faveur parmi la plupart des Constituants, il disait avec amertume : « En voyant le grand nombre des députés à l’Assemblée nationale de 1789, et tous les préjugés dont la plupart étaient remplis, on eût dit qu’ils ne les avaient détruits que pour les prendre, comme ces gens qui abattent un édifice pour s’approprier les décombres » Quant à lui, il ne voulait pas souffrir que la bourgeoisie confisquât la Révolution à son profit. La République, telle qu’il la concevait, devait être un régime largement démocratique ; et, dans un mot éloquent, il en donnait la formule morale et sociale : « Moi tout, le reste, rien : voilà le despotisme, l’aristocratie et leurs partisans. Moi, c’est un autre ; un autre, c’est moi : voilà le régime populaire et ses partisans. Après cela décidez 1 2 3. » Sa décision était prise et son choix fait.

Tandis, en effet, que journalistes, publicistes et hommes d’Etat sont, après 1789, comme absorbés parles questions de politique constitutionnelle, et qu’ils vivent un peu dans l’abstraction, Chamfort ouvre les yeux sur la misérable condition des classes populaires, que l’on s’était trop habitué à ne considérer que dans un lointain fort reculé. Au

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