Ed. Auguis, I
qu’il s’était tracé à lui-même. Et c’est ainsi que l’œuvre de la Constituante avait beau lui paraître incomplète sur plus d’un point, il sent cependant que cette Assemblée a dignement ouvert la Révolution en rendant ses droits à la conscience et en conviant le peuple à être libre. Pour lui, nulle réforme sociale et économique ne saurait primer cette conquête morale.
Dans l'Adresse aux Provinces, à ceux qui reprochent à la Constituante de n’avoir rien fait pour le peuple, il répond avec une conviction cordiale et pleine :
« Elevés au rang de citoyens, admissibles à tous les emplois, censeurs éclairés de l’administration, quand vous n'en serez pas les dépositaires, sûrs que tout se fait et par vous et pour vous, égaux devant la loi, libres d’agir, de parler, d’écrire, ne devant jamais compte aux hommes, toujours à la volonté commune, quelle plus belle condition ! »
La liberté est la pierre angulaire de la démocratie qu’il a rêvée.
Par le fait seul qu’elle a donné la liberté au peuple, la Révolution a été, pour lui, bienfaisante ; de l’abjection ou de la nullité dans lesquelles il végétait, elle l’a fait accéder à la vie morale. Elle a fait disparaître c> les difformités monstrueuses... d’un gouvernement monstrueux », qui avilissait ou annihilait des millions d’hommes. « Les hommes marchaient sur leur tête, et ils marchent sur leurs pieds »